‹ Le moyen age médicalChapitre 49 sur 89 · Jacques Duclerc. Mémoires , lib. IV. Cap. P · texte numérisé non relu

Jacques Duclerc. Mémoires , lib. IV. Cap. P

LÀ DÈMONOMANlfe AU MOYEN AGE

sorciers et hérétiques, les individus adonnés à la débauche, qu’elle n’aurait pu atteindre autrement ?

Les démons, qu’on accusait de venir cohabiter la nuit avec les femmes et quelquefois avec les hommes s’appelaient incubes ou succubes, suivant qu’ils ôtaient actifs (incubure, se couche sur) ou passifs (sub cubare , être couché sous).

M. Calmeil a écrit que les vierges vouées à la chasteté ôtaient fréquemment visitées par des démons qui se cachaient sous la figure du Christ, sous celle d’un ange ou d’un séraphin. Le diable choisissait de préférence la forme d’une vierge sainte pour attirer les solitaires et les jeunes réélus dans les pièges du vice '. « Après avoir opéré sur le regard, par le prestige d’une beauté factice, ajoute le savant aliéniste, les malins esprits tentent de s’introduire dans la couche des jeunes filles et des jeunes hommes et ils les noient dans les voluptés d’un commerce honteux.

« Les dieux, au dire des anciens, s’unissaient avec les filles des princes ; ces prétendus dieux n’étaient autres que des incubes déguisés. Un diable posséda Rhéa sous l’apparence de Mars. Un autre se fit succube et passa pour Vénus le jour où Anchise crut cohabiter avec la déesse de la beauté.

« Les démons incubes accostent de préférence les femmes perdues, sous la forme d’un homme noir ou d’un bouc. De tout temps, les esprits damnés ont attaqué cer-

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