‹ Le moyen age médicalChapitre 53 sur 89 · Nidek. In malko malcfictjrum · texte numérisé non relu

Nidek. In malko malcfictjrum

gny, mais on ne retrouva jamais les moindres restes des cinq cadavres de femmes et d’enfants qu’ils prétendaient avoir dévorés en partie. Ils disaient que pour se transformer en louves ils faisaient usage d’une pommade que le diable leur avait donnée; et, dans cet état, ils s’accouplaient avec des loups. Jean Wier, qui a fait de longs commentaires sur ce dernier cas de lycomanie, a pensé que la maladie de ces deux hommes pouvait se rapporter aux onctions narcotiques dont ils faisaient usage. Mais M. Calmeil incline à considérer, d’une manière générale la lycomanie, comme un délire partiel confinant à la monomanie homicide.

Cette appréciation se justifierait par le cas de Gilles Garnier, qui fut convaincu d’avoir tué quatre enfants et mangé de la chair humaine. Il fut condamné au feu par le Parlement, à Dole, comme loup-garrou, et les paysans des environs furent autorisés, par le même arrêt, à faire la chasse à ses semblables. Mais il ne faut pas conclure d’un fait particulier à une loi générale.

C’est ainsi qu’en 1603, le Parlement de Bordeaux pensa se montrer libéral en admettant des circonstances atténuantes en faveur d’un garçon de la Roche-Chalais, nommé Jean Grenier, accusé de lycanthropie par trois jeunes paysannes du pays. Dans le procès, on ne s’occupa en aucune façon de la recherche du corps de délit; le prévenu, d’ailleurs, avouait tout ce qu’on voulait. On le condamna à la prison perpétuelle, attendu que « la cour, dit l’arrêt, a eu égard à l’âge

et à l’imbécillité de cet enfant, qui est si stupide et si idiot, que les enfants de sept à huit ans témoignent ordinairement plus de jugement. »

C’était donc un de ces imbéciles de village, comme on en voit beaucoup dans les asiles d’aliénés, et dont on cherche à se débarrasser par tous les moyens. D’ailleurs, à la même époque, en l’espace de deux ans, de 1598 à 1600, on ne put compter le nombre de pauvres gens du Jura que la misère portait à chercher leur nourriture un peu partout et qui furent condamnés comme démonolâtres et lycanthropes. Ne tenant pas à l’existence, ils répondaient affirmativement à toutes les questions et allaient à la mort avec la plus grande indifférence. Le fameux procureur Boguet, qu’on avait envoyé dans le pays comme lieutenant criminel, se vantait d’en avoir fait périr à lui seul plus de six cents.

La terreur inquisitoriale régnait donc encore partout. Et ce fut avec peine qu’on obtint pour un pauvre idiot, du nom de Jacques Roulet, condamné à mort par le lieutenant criminel d’Angers comme lycanlhrope, de le séquestrer dans un hospice de fous, par arrêt du Parlement de Paris. Et nous étions déjà au xviie siècle

L’Hystéro-Démonomanie des cloîtres.

L’hystéro-démonomanie des cloîtres, dont nous résumerons quelques exemples les plus remarquables, se présenta, au moyen âge, sous la forme d’une névrose épidémique caractérisée par des troubles complexes du système nerveux de la vie de relation et de la vie organique, c’est-à-dire par des symptômes fonctionnels dépendant de la sensibilité générale, des organes des sens, des organes actifs du mouvement, — et de l’intelligence.

Dans nos observations, nous aurons à reconnaître, par conséquent :

U anesthésie de certains points de la surface cutanée dans les fameuses marques du diable que les inquisiteurs recherchaient avec des sondes acérées ;

V hyperesthésie et les spasmes de l'estomac et des organes abdominaux, dans les hallucinations d’empoisonnement par les maléfices ;

V hyperesthésie de l’ovaire, de l’utérus et du

vagin , dans la cohabitation douloureuse avec les incubes ;

les spasmes du pharynx et des muscles laryngés, dans la toux, les cris, les aboiements de la période prodromique des accès convulsifs ;

les troubles vasomoteurs, dans les traces cutanées, présentant quelques apparences avec un des attributs du diable, mais produites tout simplement quelquefois par le contact d’un corps étranger ;

le somnambulisme, dans l’exécution de mouvements divers (quelquefois en opposition avec les lois de l’équilibre), dans l’état de lucidité d’esprit, en dehors de l’état de veille, avec ou sans la faculté de médiumnité et la conservation du souvenir, dans la perception des sensations, sans l’intervention des sens, dans les hallucinations sensorielles produites par un simple attouchement, dans l’extase, avec perte du sens du toucher et hallucinations de la vue \ ;

la suggestion, inconsciemment provoquée, dans les modifications rapides de la sensibilité, dans les altérations de la motilité, dans les mouvements automatiques exécutés

1. L’extase prend un caractère sublime et contemplatif si, pendant la veille, l’âme élève ses méditations sur les grandeurs de la divinité ; les hallucinations sont érotiques, si le cœur et l’esprit se bercent dans les rêveries de l’amour ; elles sont obscènes si pendant la veille, on s’est livré à des pensées lascives, si l’utérus excité, irrité, donne lieu à des illusions, qui sont prises pour des pratiques diaboliques. Esquirol.

Il y a une corrélation considérable entre la métrite dbronique et les rêves obscènes.

par imitation (forme de suggestion) ou par l’empire d’une volonté étrangère, et, en général, dans la pénétration de l’idée des phénomènes dans le cerveau, par la parole, le geste, la vue et la pensée 1 ;

la catalepsie, dans l’immobilité du corps, la fixité du regard et la rigidité des membres dans toutes les attitudes qu’on veut leur donner, (phénomène assez rare) ;

la léthargie, dans la dépression de toutes les parties du corps, et une prédisposition des muscles à la contracture ;

le délire, enfin, dans l’impossibilité de l’esprit de discerner les sensations fausses des sensations vraies.

On constate, d’après cela, qu’en analysant les symptômes principaux del’hystéro-démonomanie, on retrouve facilement les caractères de la folie hystérique ordinaire ; on voit qu’il s’agit toujours de femmes impressionnables, fantasques, superstitieuses, avides de notoriété et d’émotions, possédant au plus haut degré le don d’assimilation et d’imitation, sujettes au cauchemar, aux terreurs nocturnes, aux palpitations du cœur, mobiles dans leurs sentiments, passant facilement de la joie à la tristesse, de la chasteté à la lubricité, capables de simulation, de dénonciation, de tromperie de toute nature.

Les accès de délire chez les hystéro-démonomanes ont toujours un caractère d’acuité prononcé; mais, quoique violents et répétés,

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