Zœllner. — Wissenchaftiiche Abhamllungen
LA DEMONÜMANIE AÜ MOYEN AGE 23’?
C’est avec M. Slade, médium américain aussi extraordinaire que M. Home, que M. Zœllnerafait ses expériences, dont voici en quelques mots le résumé :
1° Mouvement par la seule « force » de M. Slade de l’aiguille aimantée renfermée dans la boîte d’une boussole ;
2° Coups frappés dans une table ; couteau projeté sans contact à la hauteur d’un pied ;
3° Mouvements d’objets lourds, le lit de M. Zœllner transporté à deux pieds du mur, Slade étant assis, le dos tourné au lit, les jambes croisées et bien en vue ;
4° Un écran brisé avec fracas sans contact avec le médium et les morceaux projetés à cinq pieds de lui ;
5° Ecriture produite à plusieurs reprises entre deux ardoises appartenant à Zœllner et tenues bien en vue ;
6° Aimantation d’une aiguille d’acier ;
7° Réaction acide donnée à des substances neutres ;
8° Empreintes de mains et de pieds nus sur du noir de fumée ou de la farine ne correspondant pas avec à l’empreinte des mains et des pieds du médium, qui, du reste, demeurèrent en vue pendant toute la durée de l’expérience. Au surplus, les pieds de Slade étaient restés chaussés ;
9° Nœuds produits par des bandes de cuir scellées aux deux bouts et tenues sous les mains de Slade et de Zœllner, etc....
Nous allons d’ailleurs retrouver les mêmes faits dans les différentes classes de phénomènes observés par M. Crookes et les expé-
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rimentateurs français qui, h son exemple, ont cherché à se rendre compte de la Force psychique.
Classe II. — Phénomènes de percussion et autres bruits
analogues.
Le nom populaire de coups frajjpes (raps) donne une idée très fausse de cette classe de phénomènes.
En différentes occasions, pendant ses expériences, M. Crookes a entendu des coups (tiks) délicats, comme s’ils étaient produits avec la pointe d’une épingle ; une cascade de sons (sounds) aigus, comme s’ils provenaient d’une bobine d’induction (induction coil) en pleine activité ; des détonations dans l’air; des coups aigus et d’un son métallique ; un craquement semblable à celui qu’on entend lorsqu’une machine à frottement est en action ; des bruits comme si l’on grattait (scratching) ; des gazouillements comme ceux d’un oiseau, etc.
« On observe ces bruits, dit M. Crookes, avec la plupart des médiums, chacun d’eux ayant une particularité spéciale. Ils étaient plus variés, avec M. Home ; mais, pour la force et la certitude du résultat, je n’ai jamais rencontré personne qui approchât de Miss Kate Fox. Pendant plusieurs mois j’ai joui, d’une manière pour ainsi dire illimitée, de la faculté de vérifier les diverses manifestations qui survenaient en présence de cette dame, et j’ai spécialement examiné les phénomènes relatifs à ces bruits.
« Avec les médiums, en général, il est nécessaire qu’on soit méthodiquement assis pour la séance , avant qu’aucun bruit ne se fasse entendre ; mais, quant à Miss Fox, il semble qu’il suffit qu’elle place sa main sur un objet quelconque pour qu’on n’y entende des coups violents, semblable à un triple battement, et quelquefois assez bruyants pour être entendus des différentes pièces de l’appartement.
« De cette manière, j’ai entendu ces sortes de bruits sur un arbre vivant ; — sur un fragment de verre ; — sur une membrane tendue ; sur un tambourin ; — sur la
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capote d’un cabriolet ; — et sur le parquet d’une salle de théâtre.
« En outre, le contact effectif n’est pas toujours nécessaire. J’ai entendu du bruit sortir du parquet, des murs, etc. — lorsque les mains et les pieds du médium étaient tenus ; — quand Miss Fox était debout sur une chaise ;
— quand elle était sur une escarpolette suspendue au plafond; — quand elle était enfermée dans une cage en fil métallique ; — enfin, quand elle était tombée en défaillance sur un canapé.
« J’ai entendu ces mêmes bruits sur un harmonica;
— je les ai sentis sur mon épaule et sous mes mains ; — je les ai entendus sur une feuille de papier tenue entre les doigts, à l’aide d’un fil passé dans un des coins.
« Avec une parfaite connaissance des nombreuses théories qui ont été émises, principalement en Amérique, pour expliquer ces bruits, je les ai vérifiés par tous les moyens que j’ai pu imaginer, jusqu’à ce que j’aie acquis la conviction de leur réalité objective, et la certitude qu’il était impossible de les produire par artifice ou par quelque moyen mécanique.
« Une question importante s’impose ici d’elle-mème à l’attention : Ces mouvements et ces bruits sont-ils gouvernés par me Intelligence ? ' . »
Dès le début des recherches, on avait reconnu que le pouvoir qui produit les phénomènes n’était pas simplement une force aveugle, qu’il était associé à une Intelligence ou dirigé par elle.
Pendant les trois années que je me suis
1. Lorsqu’on questionne les fakirs de l’Inde sur les phénomènes de spiritisme, ils répondent qu’ils sont produits par les esprits. « Les esprits, disent-ils, qui sont les âmes de nos ancêtres, se servent de nous comme d’un instrument ; nous leur prêtons notre fluide naturel pour le combiner avec le leur, et, par ce mélange, il se constitue un corps fluidique , à l’aide duquel ils agissent sur la matière, ainsi que vous l’avez vu ». Dr Paul Gibier. Le Spiritisme.
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livré a des expériences de psychologie expérimentale avec le Dr Puel et ses amis, il n’est pas une séance où nous n’ayons constaté des phénomènes de percussion plus ou moins importants. Une expérience que j’aimais à faireconsistaitsoit « à frapper un ban » sur la table avec ma main, soit à imiter avec mes ongles une batterie militaire ou un air connu, et immédiatement le même bruit s’entendait sur la surface inférieure du meuble, avec le même rythme, paraissant produit par une main invisible agissant sous la table. Ce phénomène se manifestait même quelquefois spontanément sur ma demande ou celle d’un assistant. Je l’ai observé un soir chez moi, sans l’avoir provoqué, pendant plus d'un quart d’heure, au moment où je rentrais, sous la forme d’un roulement précipité, qui semblait partir de la surface métallique d’un meuble. C’est une personne de ma famille qui attira d’abord mon attention et me fit remarquer ce bruit anormal d’autant plus curieux que je pus, à ma volonté, lui donner les nuances et les variations exprimées par le mouvement de ma main. Pour répondre d’avance à toute objection, je dirai qu’il était deux heures du matin quand ce phénomène se produisit et qu’il ne passait à ce moment aucune voiture pouvant imprimer une vibration quelconque.
Ces phénomènes de percussion se sont quelquefois produits avec une intensité extraordinaire, comme dans l’observation de Kate Fox, dans la maison d’Hydesville. Et ce n’étaient probablement que des phénomè-
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nés de percussion semblables, qui se firent entendre à Louviers, dans la maison de madame Le Gay, sous l’influence de la médiumnité de Françoise Fontaine, en 1591, phénomènes qui furent alors attribués au diable, et plus tard à l’état d’hallucination des témoins, par les psychologues matérialistes du xixe siècle.
Classe III. — Altération du poids des corps.
Les expériences faites par M. Crookes, se rapportant à l’altération du poids des corps, rentrent dans la catégorie des phénomènes physiques examinés avec l’exactitude la plus mathématique, à l’aide d’appareils enrégistreurs. C’est dans ces expériences que le célèbre physicien anglais a pu mesurer la Force psychique développée par son médium.
On en trouvera la description, avec le dessin des appareils, dans le Moniteur de la Policlinique des 7 et 14 mai 1882, et dans le Spiritisme du Dr P. Gibier, publié en 1887.
Il serait trop long de les reproduire dans ce travail, mais nous avons le droit de les considérer comme le point de départ de la psychologie expérimentale, car non seulement ils n’ont pas été contestés, ni en France ni dans d’autres pays, mais encore ils ont été reconnus absolument vrais par plusieurs des collègues de M. Crookes, à la Société royale de Londres.
Classe IV. — Mouvements d’objets lourds placés à distance du médium.
« Il y a des cas nombreux dans lesquels des objets
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lourds, tels que tables, chaises, canapés, etc..., ont été mis en mouvement, lorsque le médium ne les touchait pas. Je mentionnerai brièvement quelques-uns des plus frappants.
« Ma propre chaise fit un demi-tour, tandis que mes pieds étaient éloignés du parquet.
« Au vu de toutes les personnes présentes, une chaise partant d’un coin éloigné s’avança lentement vers la table, pendant que nous étions tous en observation.
a Une autre fois, un fauteuil se dirigea vers le point où nous étions assis, et puis, sur ma demande, retourna lentement en arrière, à la distance d’environ trois pieds.
« Pendant trois soirées consécutives, une petite table fut mise en mouvement à travers la chambre, dans des conditions que j’avais spécialement fixées d’avance, de manière à pouvoir répondre victorieusement à toutes les objections qui auraient pu être soulevées contre la réalité du phénomène.
« J’ai répété plusieurs fois l’expérience considérée comme concluante par le Comité de la Société Dialectique, c’est-à-dire le mouvement d’une lourde table, en pleine lumière, le dossier des chaises étant tourné vers la table, à un pied environ de distance et chaque personne étant agenouillée sur sa chaise, les mains placées sur le dossier, au-dessus de la table, mais sans la toucher.
« Dans une de ces occasions, l’expérience eut lieu pendant que je tournais tout autour de la table, afin de voir comment chacun était placé. » Crookbs.
Dans nos séances avec madame Rosine L.
B., nous avons vu, dix ou douze fois au moins, une petite table, dont les pieds étaient pourvus de roulettes, s’avancer ou reculer vers nous, comme mue par l’action d’une force d’attraction ou de répulsion.
Un phénomène semblable s’est produit très souvent, dans mon cabinet, sous l'in-
fluence médiumnique de M. D., avec une puissance de propulsion extraordinaire, qui semblait provenir d’une force brutale. Les traces des chocs violents de cette table contre mon bureau de travail témoignent encore de la réalité de ce fait.
Classe V. — Chaises et tables soulevées de terre, sans contact de la part d’aucune personne.
« Une remarque qu’on fait généralement, lorsqu’il est . question des faits de ce genre, est celle-ci : Pourquoi ces choses ont-elles lieu seulement avec des tables et des chaises ! Pourquoi est-ce le privilège des meubles? Je pourrais répondre que j’observe simplement des faits, et que je les rapporte sans avoir la prétention d’entrer dans les Pourquoi et les Comment; mais en vérité, il est bien évident que si un objet inanimé et d’un certain poids doit être soulevé de terre dans une salle à manger ordinaire, ce ne peut être autre chose qu’une table ou une chaise.
« Que ce phénomène ne soit pas un privilège spécial attaché aux meubles, j’en ai des preuves nombreuses ; mais, comme les autres expérimentateurs, l’Intelligence ou la Force, quelle qu’elle puisse être, qui produit les phénomènes, ne peut opérer qu’avec des matériaux qui sont à sa disposition.
« Dans cinq occasions distinctes, une lourde table à manger s’éleva du sol à une hauteur variant entre quelques pouces et un pied et demi, dans des conditions spéciales qui rendaient toute supercherie impossible.
« Dans une autre occasion, une lourde table se souleva du plancher, en pleine lumière, pendant que je tenais les pieds et les mains du médium.
« Une autre fois, la table s’éleva au-dessus du sol, non seulement sans que personne la touchât, mais dans des conditions que j’avais préalablement disposées, de façon à rendre incontestable la preuve du fait. » Crookes.
Les phénomènes dont il est question dans cette classe, appartiennent à ce qu’on ap-
pelle le mouvement sam contact. Quoique difficile à obtenir, je les ai observés plusieurs fois ; j’ai vu -chez moi une table massive se soulever à 8 ou 10 centimètres du sol, dix ou quinze secondes après la cessation de tout contact. M. le Dr Gibier a eu l’avantage d’obtenir la lévitation complète, de voir la table se retourner et aller toucher le plafond de ses quatre pieds, sous l’influence médiumnique de M. Slade : Il affirme ce fait dans son livre.
Dans le procès-verbal du 31 août 1591, c’est un phénomène semblable qui est relaté : chute d’une porte sur Françoise Fontaine, élévation en l’air d’un cuvier à lessive et de ponssons 1 vides, en présence du geôlier et du détenu Anfreuille. Françoise ôtait évidemment un médium à effets physiques.
Classe VI. — Soulèvement d’êtres humains.
« Ce phénomène a eu lieu quatre fois en ma présence, dans l’obscurité. Les conditions d’épreuve sous lesquelles ils se présentèrent furent complètement satisfaisantes au point de vue du jugement ; mais la démonstration oculaire d’un fait pareil est tellement nécessaire pour empêcher l’effet de nos opinions préconçues, — par exemple, sur ce qui est naturellement possible ou impossible, — que je mentionnerai uniquement ici les cas dans lesquels les déductions du raisonnement ont été confirmées par le sens de la vue.
« J’ai vu un jour, en qualité de spectateur, une chaise sur laquelle une dame était assise, se soulever de terre à la hauteur de plusieurs pouces.
« Dans une autre occasion, pour éviter d’être soupçonnée de produire le phénomène par quelque moyen