Velue, couverte de poils
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Quant au mal de saint Garbot ou saint Gerbold, c’était la dysentérie, que Genin a traduit par hémorrhoïdes. Saint Gerbold , évêque de Bayeux, au septième siècle, fut chassé de son siège par ses diocésains, et, pour se venger, il leur envoya la dysentérie. On n’est pas parfait.
Nous ferons remarquer, à ce propos, qu’au moyen âge, on avait donné à beaucoup de maladies des noms de saints auxquels on avait recours pour en obtenir la guérison. On invoquait S1 Ladre ou Lazare pour la lèpre, St Roch pour la peste, S1 Quentin pour l’hvdropisie, £t Leu, S t Loupt, S 1 Mathelin, S1 Mathurin, S1 Jehan, S1 Nazaire, S t Victor, pour l’épilepsie, les vertiges, la fièvre chaude, l’étourdissement, la frénésie.
Le mal St Andrieux, le mal St Antoine ', le mal S1 Firmin, le mal Ste Geneviève, le mal S 1 Germain, le mal S1 Messant , le mal S t Verain désignaient le feu sacré, l’érysipèle, le scorbut. L’ivresse s’appelait le mal St Martin. Les abcès, l’esquinancie étaient désignés sous les noms de mal St Eloi, mal St Julien. Le mal S1 Aignen ou St Santin était une espèce de maladie que nos anciens auteurs n’ont pas désignée. La syphilis a porté naturellement plusieurs noms de saints : mal du St homme Job, mal de St Mévais, mal de St Laurant, mal de <Ste Euphémie. Le mal St
1. S1 Antoine donnait aussi son nom au mal des Ardents, maladie épidémique et gangréneuse, qui a régné à diverses reprises au moyen âge. La pellagre portait différents noms : mal de la rosa, mal del sol, mal de misère, mal de Mélada.
Main était donné tantôt à la gale, tantôt à la lèpre, et le mal S1 Lazare à l’éléphantiasis. 11 y avait aussi des saints évoqués pour le leu, pour le mariage, pour la fécondité, etc* Revenons à Maître Pathelin. Il va encore accentuer l’incohérence de ses idées dans un mélange de vers de prophéties avec des poèmes bretons du temps, et, comme l’a dit Emile Souvestre, « le tout entremêlé d’une manière grotesque, pour reproduire le désordre de la folie. » Il terminera par cette tirade en latin rimé dans laquelle il finit par confesser sa tromperie au pauvre drapier, qui ne peut le comprendre, naturellement :
Et bona dies sit vobis,
Magisier amantissime,
Pater reverendissime.
Quomodo brûlis ? Quae nova ?
Parisius non sunt ova.
Quid petit ille mercator?
Dicat sibi quod trufator Ille, qui in leclo jacet,
Vult ei dure, si placet,
De oca ad comedendum :
Si sit bona ad edendum ,
Pete sibi sine mora.
Dont voici la traduction : Je vous souhaite le bonjour, mon très cher maître, père révérendissime 1 Comment allez-vous? Quoi de nouveau ? Il n’y pas d’œufs à Paris. Que demande ce marchand ? Qu’on lui dise que le trompeur qui est couché dans ce lit, veut lui donner, s’il lui plaît, à manger de l’oie. Si celle-ci est cuite à point, qu’on le lui dise, sans retard.
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Cette fois, le drapier est convaincu, il part pour ne pas assister « au trespassement » de son débiteur. Puis, subitement notre fou ressuscite, et s’empresse de recevoir le fripon Aignelet, le berger du drapier. Le maître a accusé son varlet d’avoir tué ses brebis pour les vendre, lequel varlet lui disait qu’elles étaient mortes de la clavelée.
On comprend la stupéfaction du pauvre drapier, quand il verra Maître Pathelin, dans une robe neuve faite avec la brunette qu’il lui a escroquée, plaider devant le juge pour ledit « bergier ». Et sa stupéfaction lui fera confondre fatalement, dans sa plainte, les six aulnes de drap escroquées par Pathelin avec les trente brebis volées par Aignelet. Il s’embrouillera donc, s’emportera, accusera l’avocat Pathelin, requierrera contre son « bergier », et finalement perdra si fort la tête, devant la simulation d’idiotie et les « Bée » d’Aignelet, que le juge le prendra pour le vrai fou et le déboutera de sa plainte, en disant :
J’ay affaire ailleurs Vous estes par trop grands railleurs :
Vous ne m’y ferez plus tenir :
Je m’en voys. Voulez-vous venir Souper avec moy, Maistre Pierre ?
C’est ainsi que déjà se rendait la justice.
Telle est la farce de Maistre Pierre Pathelin, qui eut une vogue immense dans la seconde moitié du xve siècle, et qui restera comme un document précieux de l’histoire des mœurs françaises au moyen âge, aussi intéressantes pour la médecine que pour le théâtre.
Le Testament de Pathelin.
Quelques années après Maître Pathelin, paraissait le Nouveau Pathelin, copié sur le premier, farce à trois personnages : Pathelin, le Pelletier et le Prestre. Nousn-’avons rien à en dire; c’est un simple pastiche.
Nous trouverons, en revanche, quelques faits intéressants clans le Testament de Pathelin, composé vers 1490, par un des poètes de la troupe de la Basoche ou des Enfants- Sans-Souci. Le sujet en est très simple : Pathelin, toujours occupé de méchants procès, est devenu réellement malade. En se rendant à l’audience, il est pris d’une syncope, qui l’oblige à rentrer chez lui et à mander l’apothicaire et le curé. Ils viennent tous les deux, le premier avec des drogues dont celui-ci constate l’inefficacité sur le malade, le second avec les sacrements dont il peut constater également le peu d’action sur l’esprit du patient. Pathelin, en effet, se contente de dictera messire Jehan, le curé, un testament fort peu catholique, qui rappelle celui de
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Villon, factum satirique, moitié bouffon, moitié sérieux, offert comme amende honorable aux mânes des nombreuses dupes qu’ils avaient faites, l’un et l’autre, pendant leur vie.
Voyons d’abord la scène de l’apothicaire : Pathelin se sent indisposé, et c’est très sincèrement qu’il dit, cette fois :
Quoy je me sens un petit fade,
Et crains que ne soye malade :
Je me tiens fort fayble et cassé.
A mon hostel par sainct Macé !
A Guillemette lui demandant d’où viennent les douleurs dont il souffre, il répond :
Je suis demouré et failly 1 2 Et cuide 5 que la mort m’assault...
Venez à moy ! Le cueur me fault...
Je voulsisse un peu reposer Sur mon lict.
Il demande à sa femme un couvreclief, et un peu de brouet (potage) à humer. Mais Guillemette lui répond très judicieusement :
Pour vous donner quelque remede,
Ferais-je venir l’apoticaire ?
Mais cela ne paraît pas le satisfaire, il préfère aux drogues proposées par sa femme quelque chose qui flatte davantage son goût, un verre de vieux Bourgogne :
Se je mouroye tout maintenant Je mourroye de la mort Rolant.
C’est-à-dire de soif. « Dans les anciennes