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Famille des labiées

DU MOYEN AGE

L’herbe aux pulces ', l’encens et la racine forte Du veratre qui ouvre aux sons humains la porte,

Le salpestre meurtrier et l’onguent souverain Qui rend par sa fureur l’homme espans et sans frain, L’un de farine et d’œuf apreste un cataplasme,

Et l’autre d’uu rasœr toute sa chair entame,

L’autre aime le pain d’orge et la noix de ci près s,

La graine d’ache et l’ail ensemble mis espres, L’autre aplique d’un chou la feuille rougissante,

Ou le ronge lumaz 3 4 à la trace gluante :

L’autre destrampe en vain le piastre mordicant,

La fumée des dains et le lisard piquant,

La fiente de l’homme et la fève pilée,

De la pierre d’azur 1 2 et la fleur distillée.

L’autre, pour estre un médecin renommé De grenouilles et de rats apprête un consommé,

Fait bouillir le gresset, le renard, la belette,

Le castor, la muraigne, et l’humide reinette,

Et, pour le faire court, quel métal s’est trouvé Que contre mon pouvoir l’homme n’ait esprouvé ? Quel just, quelle liqueur, ou quelle quintessance Et des arbres gemmeux quelle humide substance. Quel serpent, quel vipère et quelle bigearre aspic N’a t’on fait distiller par le triste allambic ;

De tous les animaux les os, les nerfs, la râble Et la gresse on espreuve, et le laict amiable La moelle et le sang; l’autre se fait purger Et, à diverses fois, pour son mal alléger Avale l’élebore ou la reubarbe amère,

Ou jeusne et se contient et fait diette entière :

L’autre se va plonger dedans les tiédes bains,

L’autre d’un linge chaud se fait froter les reins Ou pense estre guari par l’obscure parole De quelque charlatan qui le pipe et le vole :

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