LE PAGANISME AU IV* SIÈCLE
époque. Nourri sur les bords de l'Ister, réfugié ensuite dans les roches de Bethléem ,' il se sert de la langue de Virgile comme personne ne s'en est servi, et cette forme sauvage est pleine d'éloquence, de grandeur, de fureur. L'hébraïsme qui s'y mêle en complète Fharmonie grandiose ; on croit entendre errer la foudre dans les rochers arides et brûlés de Josaphat et de Bethléem.
Sans doute au miheu de cette diversité d'esprits et de caractères qui entretient le jeu de la société, il est permis de s'attacher à des vertus plus douces et à des^ grandeurs moins effroyables. Fénelon me semble aussi digne d'imitation que l'abbé de Rancé ; et saint Gyprien, le plus aimable et le plus calme des grands hommes chrétiens de son temps, marche tout au moins l'égal de saint Jérôme. Mais ce dernier se révèle par des saillies si extraordinaires de caractère et de génie, que je ne connais guère d'étude plus intéressante par la difficulté même.