MARIA
Quid sentio ?
Quid stupendœ novitatis gustando haurio ?
Ecce, odor istius fragrantiaî Prœtendit fragrantiam
Mihi quondam Usitatae abstinentise !
Les oreilles délicates sentiront le balancement et la molle cadence de ces vers ; ce sont en effet des vers modernes. On n'a, pour s'en convaincre, qu'à suivre pas à pas le latin de Hrosvita et à calquer, vers pour
vers, des lignes françaises d'un nombre égal de pieds et de rimes sous ses lignes latines : vu la difficulté du tour de force, on n'obtiendra ainsi que de la poésie d'opéra-comique de la pire espèce ; mais que Ton s'en souvienne, il n'est question que de la coupe des vers, et nous voulons seulement prouver l'identité absolue de la prose cadencée et à rimes croisées de la religieuse avec ce que nous appelons vet^s libres. Voici le calque exact, mesure pour mesure, de cette prétendue prose :
l'hôtelier.
Réjouis-toi, Marie !
Ta charmante vie Bientôt va s'entourer, non plus de jeunes gens. Mais de vieillards prodigues et galants,
Dont la tendresse A tes pieds mettra sa richesse.