NATIONALITÉS DIVERSES
ment critique a-t-il donné Texemplc d'une vaste entente littéraire, et d*une beUe compréhension de toutes les phases intellectuelles que le moi\dc a subies.
L'Italie et TAUemagne occupent les deux points opposés du diamètre ; TEspagne et TAngleterre ont une originalité spéciale et intermédiaire.
Si TOUS étudiez TEspagne, il semble que le génie lyrique se lève devant vous : une admirable énergie, une grande spontanéité de pensée distinguent le pays de Cervantes et de Caldéron. Les influences arabes et gothiques y survivent aux institutions. Si, au milieu de ses conquêtes, TEspagne reçoit de lltalie et de la France des nuances qui la modifient, rien ne la fait renpncer h son génie national.
L'Angleterre n*est pas moins indépendante. Par sa position centrale, accessible à toutes les communications extérieures, elle trouve moyen de conserver sa sève nationale en acceptant les importations italienne, esptagnole et française. Pendant que TEspagne reste goiUque et arabe, TAngleterre demeure teutonique et normande. « L'Espagne, dit un Anglais, est un guerre rier chrétien qui chante, qui prie, et qui, à la lueur « des feux du camp, écrit sur son bouclier l'épopée de a ses victoires. L'Angleterre est un capitaine de vais- « &eau visitant toutes les plages, chargeant son navire <( de tous les trésors, se parant de diamants et d'ai- « ^rettes empruntés aux nations lointaines, et conte servant toujours son costume de marin anglais, ses « prédilections insulaires, son dirk à la lame courte, a et son rude caractère. »
Au milieu de ces races diverses se trouve la France dont la raison clairvoyante, mais non hautaine, et la
sympathie de conciliation et de propagande, lui permettent de comprendre et de classer toutes les idées.
Impuissance de l'isolement.
On a vu les races espagnole et anglaise, qui trouvent dans rindépendance un plaisir d'orgueil, être forcées de prendre part à Tœuvre générale de civilisation intellectuelle. Rien ne vit isolé ; Tisolement, c'est la mort. Shakspeare emprunte aux Italiens, Pope aux Français, Ben Jonson aux Romains, Cervantes ett les lyriques espagnols, à Fltalie ; Garcilasso et Boscan imitent les formes de Pétrarque. Tout le monde emprunte à tout le monde : ce grand travail de sympathies est universel et impérissable.
Un mystique allemand, écrivain bizarre, a caché sous une enveloppe grotesque des vérités profondes : « — Tout est sympathie, dit-il. La chaîne de Tamour « et celle de la nécessité nous lient merveilleusement, « peuples et hommes. Liens de soie, entraves d'acier, « peu importe ; nous voilà captifs. Que serait le « monde sans cette influence universelle, sans cette « action et cette réaction? Un océan de glace. — La « parole, les écrits, les gestes, entretiennent entre « les individus présents, éloignés, vivants et morts, <( une communication incessante. Et ce n'est là que « le commerce le plus grossier ; c'est, pour ainsi dire, « la circulation artérielle. 11 existe aussi une commu- « nication bien plus délicate et que la pensée seule