‹ Le moyen le plus sûrChapitre 15 sur 26 · LE COLONEL, DUTAC, ADÈLE · texte numérisé non relu

LE COLONEL, DUTAC, ADÈLE

ADÈLE

Eh bien! Messieurs, vous êtes galans! Je m'apprête pour la promenade , je vous attends, la voilure est en bas, et au lieu de venir me prendre, vous restez là, discutant quelque affaire de service bien grave, je veux le croire, mais qu'on pourrait, sans doute, renvoyer à un autre moment.

LE COLONEL

Pardon, ma chère Adèle, mais une affaire pénible pour moi me retient encore ici, et le commandant Dutac y met tant de mauvaise volonté...

DUTAC.

Ne le croyez pas, Madame, ce n'est rien moins que rien ; mais votre mari, ce matin, prend si mal les choses...

LE COLONEL

Dites-moi donc, alors, comment il se fait que, malgré mes ordres, le sergent Dar...

DUTAC, vivement.

De Verrières, parler service devant une dame! Allons , allons, laissons cela, et songez à votre promenade ; plus tard, nous causerons de ce jeune homme, sur qui j'ai des vues...

ADÈLE

Ah ça ! de quoi s'agit-il donc ?

DUTAC.

D'un parent à moi que j'ai retrouvé par hasard.

Un parent ! mais il faut l'accueillir, le recevoir ici ; vous me le présenterez , Commandant ?

DUTAC.

C'est-à-dire, ma chère dame, je compte lui donner une autre destination ; je veux le pousser... Mais vous oubliez la promenade.

ADÈLE

Monsieur Dutac a raison , mon ami, que ne parlons-nous ?

LE COLONEL

Je ne partirai pas sans avoir vu ce sous-officier. J'ai donné l'ordre qu'on me l'amenât. DUTAC, à par[.

Oui, qu'il l'attende! je le liens chez moi sous clé.

ADÈLE

Alors, je vois que voire promenade est bien aventurée.

JVLFS DAUCV, dans la coulisse.

Eh! morbleu, lâchez-moi, vous dis-jc !

PINSON, dans In coulisse.

Je suis ma consigne.

(Le colonel va an fon'l voir ce que c'est.) DUTAC, à paii.

Ah î mon DicMi. c'est l'ii î (iia-n.) Madame,

retiroz-vous; de grâce, retirez-vous. Voyez, voire mari est mal disposé, moi-même je pourrais in'oublier,et, pour une femme, il est si désagréable...

(Il la pousse vers sa porte.) LE COLONEL, au fond, ouvrant la porte.

Eh bien ! qui est là ?

ADÈLE

Mais, Commandant, je voudrais savoir...

DUTAC.

Vous me conterez cela plus tard.

(Jules Darcy, lancé par le sapeur, se trouve d'un saut au milieu de l'appartement, en face du colonel. Dutac, en même temps, pousse Adèle dans saciiambre dont il avait ouvert la porte, qu'il referme à targette. Le sapeur Pinson place un registre et des papiers sur la table.)

PINSON

Mon Colonel, voici toute la chose !

DUTAC, à part.

Je voudrais être en face d'une batterie de vingt-quatre.

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