LE COLONEL, DUTAC, ADÈLE
ADÈLE
Eh bien! Messieurs, vous êtes galans! Je m'apprête pour la promenade , je vous attends, la voilure est en bas, et au lieu de venir me prendre, vous restez là, discutant quelque affaire de service bien grave, je veux le croire, mais qu'on pourrait, sans doute, renvoyer à un autre moment.
LE COLONEL
Pardon, ma chère Adèle, mais une affaire pénible pour moi me retient encore ici, et le commandant Dutac y met tant de mauvaise volonté...
DUTAC.
Ne le croyez pas, Madame, ce n'est rien moins que rien ; mais votre mari, ce matin, prend si mal les choses...
LE COLONEL
Dites-moi donc, alors, comment il se fait que, malgré mes ordres, le sergent Dar...
DUTAC, vivement.
De Verrières, parler service devant une dame! Allons , allons, laissons cela, et songez à votre promenade ; plus tard, nous causerons de ce jeune homme, sur qui j'ai des vues...
ADÈLE
Ah ça ! de quoi s'agit-il donc ?
DUTAC.
D'un parent à moi que j'ai retrouvé par hasard.
Un parent ! mais il faut l'accueillir, le recevoir ici ; vous me le présenterez , Commandant ?
DUTAC.
C'est-à-dire, ma chère dame, je compte lui donner une autre destination ; je veux le pousser... Mais vous oubliez la promenade.
ADÈLE
Monsieur Dutac a raison , mon ami, que ne parlons-nous ?
LE COLONEL
Je ne partirai pas sans avoir vu ce sous-officier. J'ai donné l'ordre qu'on me l'amenât. DUTAC, à par[.
Oui, qu'il l'attende! je le liens chez moi sous clé.
ADÈLE
Alors, je vois que voire promenade est bien aventurée.
JVLFS DAUCV, dans la coulisse.
Eh! morbleu, lâchez-moi, vous dis-jc !
PINSON, dans In coulisse.
Je suis ma consigne.
(Le colonel va an fon'l voir ce que c'est.) DUTAC, à paii.
Ah î mon DicMi. c'est l'ii î (iia-n.) Madame,
retiroz-vous; de grâce, retirez-vous. Voyez, voire mari est mal disposé, moi-même je pourrais in'oublier,et, pour une femme, il est si désagréable...
(Il la pousse vers sa porte.) LE COLONEL, au fond, ouvrant la porte.
Eh bien ! qui est là ?
ADÈLE
Mais, Commandant, je voudrais savoir...
DUTAC.
Vous me conterez cela plus tard.
(Jules Darcy, lancé par le sapeur, se trouve d'un saut au milieu de l'appartement, en face du colonel. Dutac, en même temps, pousse Adèle dans saciiambre dont il avait ouvert la porte, qu'il referme à targette. Le sapeur Pinson place un registre et des papiers sur la table.)
PINSON
Mon Colonel, voici toute la chose !
DUTAC, à part.
Je voudrais être en face d'une batterie de vingt-quatre.