MADELEINE, MAURICE
MADELEINE
Pauvre enfant! tu ne comprenais donc pas à quel danger tu t’oxposais ?
MAURICE
Si, je le savais.
MADELEINE
Tu le savais... et tu n’as pas hésité?
MAURICE
Pion.
Une pareille tfcho pour toi... si jeune et si faiblo 1
MAURICE
Je me sentais fort.
MADELEINE
Celte forco, tu la puisais dans ton cœur.
Maurice, montrant le ciel.
Et dans la protection de Dieu!
madeleine.
Oui, tu Tas prié... et c’est co qui a fait (a confiance.
LE MUET
Maurice
Ma confiance est dans le ciel et sur mon cœur.
MADELEINE
Quo veux-tu dire? Tu no moitais pas seulement ton espéranto dans le ciel... Mais où donc encore?
■ai nies, Attachant de ton cou un petit scapulaire.
Là! [Il baise le scapulaire.)
Ah! oui... je ino rappelle... J'ai vu b ton cou ce scapulaire que de pieuses mains y ont attaché sans doute.
Maurice-
Je Fignore.
MADELEINE
Tu ignores d’où cela te vient?
MAURICE
Oui.
MADELEINE
L’as-tu donc toujours porté?
MAURICE
Toujours.
MADELEINB.
Et il renferme une sainte imago?
Non.
■AUIUCE.
MADELEINE
Non... et cependant tu aimes a te contempler.
Maurice, à genoux, les mains jointes.
Quand je m’endors, je la pose sur mes lèvres , puis sur mon cœur .
MADELEINE
Mais qu'cst-ce donc alors?
Maurice, tirant «n médaillon du scapulaire.
Voyez!
MADELEINE
Un portrait t... Une femme!
MAURICE
Comme elle est belle!...
Madeleine, à elle-même, examinant le portrait.
Ah! mon Dieu!... ce médaillon... ces traits... Non... mes yeux m’abusent... co n’est pas clU»!... Mais si... Ahl dans les mains do cet enfant... Mais alors... Oh! non, jo no puis le croire... Soigneur! Seigneur! s’il était vrai!.,.
Maurice, avec inquiétude.
Qu'avez-vous donc?
MADELEINE
Tu mo jures que ce médaillon t’a toujours appartenu?
, MAURICE
Toujours !
MADELEINE
Et lu no sais pas quelle est cette dame?
iVon.
MADELEINE
Tu ne l’as jamais vuoî
MAURICE
Jamais!... oh ! la connaîtriez-vous?
Madeleine.
Si jo la connais?... oh! oui, je la connais bion.
MAURICE
Quel bonheur ! Conduise-moi pris d’elle, tout de suite.
MADELEINE
To conduire prèsd’ellol... c’est impossible!
Maurice, avec chagrin.
Et pourquoi?
MAUtLElXE.
Pourquoi! ne me le demande pas... en ce moment. Tn le vols... jo suis folle... jo n’ose en croire ni mes yeux ni mon cœur... Avant do te répondre, il faut que je m’interroge moimôme... il faut que je parle à Jacques,., je ne puis rien dire de
plus... par pitié pour moi, pour toi, pour elle, no mo force pas de parler..
hauricb, ému de ragitation de Madeleine.
Calmez-vous... je ne demande plus rien .
MADELEINE
On monte ici... c’est Jacques, sans doute.
Maurice, qui a remonté vers le fond.
Oui , c'est lui t
MADELEINE
Rentre dans ta chambro, Maurice... tu as besoin do repos... laisse-moi soulo avec mon mari... va, mon entant, va!... mais, jo feu supplie, cache bien co portrait, no le montre h personne, entends-tu? b persouno!
MAURICE
Je vous te promets. (Il serre le médaillon dans le scapulaire et sort par la gauche.)
flOtMS V.