CL EM BR CR
Vous, madame?
LA MARQUISE
lo l’aimais 1 ot comment no pas s’intéresser b cetto passion aussi profonde que discrète... Comme s'il eût craint sans cesse la présence d'un dangereux témoin, jamais monsieur Delatour ne m'adressait soit nn mol, soit môme un regard qui pût trahir le secret do son cœur; mais en revanche, comme ses lettres m’expliquaient bien le motif de cette prudente et courageuse réserve, et comme jo l’en remerciais dans les miennes 1
CLÉMBRCB.
Oh! lui! Delatour!/,. il nous aurait trompées... trompées toutes les deux ! Oh 1 ! ! (Mouvement de Clémence qui invite la Marquise de continuer.)
LA MARQUISE
Depuis quelques mois, grâce au zèle de Marguerite, ma femme do chambre, j'entretenais cette mystérieuse correspondance, quand un jour, jour de deuil, de sang et de larmes, on vint m’apprendre qu’un de nos parents, monsieur de Nangis, jeune officier de mousquetaires, dont j’avais naguère ropousse l’amour, venait d'être blessé mortellement en duel par monsieur Delatour, et demandait h me voir avant de mourir. Notre lien de parenté justifiait ma démarche... j’arrivai chez lui... Monsiour do Nangis allait expirer. Je me penchai vers lui pour lui adresser un dernier adieu... quels ne furent pas mon offroi, mon indignation, quand, d’une voix presque éteinte, il ma dit: « Je meurs pour vous : si vous ne voulez pas être perdue, exigez do monsieur Delatour qu’il vous rende vos lettres... » Mes lettres I... Comment aurait-il connu mon secret si Delatour no s’était fait auprès de lui un triompha de ma faiblesse... Ainsi, de ces deux hommes qui s’étaient battus pour moi, l’un, que j'avais méconnu, payait ae sa vie lo plus généroux dévouement, l’autre s'était joué de mon honneur!... Dans mon trouble, dans mon désespoir, J’allais tout te confier, à loi, lorsqu'à la nouvelle du combat je te vis pâlir et trembler. Monsieur Delatour est blessé, mort peutêtre, t'écrias-tu... et les sanglots étouffaient ta voix. — Quo te fait cet homme? — Que t’importe? qu’il vive ou qu’il meure? — Sa vie, c’est ma vie!... F.t tombant à deux genoux, tu m'avouas ton amour ot ta honte! Il t'avait perdue, oet homme... toi, ma sœur!... lui, mon amant 1...
Votre amant? Non! je ne vous crois pas!... non, tout cela est impossible!...
LA MARQUISE
Le doute ne m’était plus permis, et ma vengeance no so fit oa9 attendre... Je dénonçai ta honte è notre père... j’obtins l’oxil de cet infâme... je te séparai do Ion enfant... jo décidai ton mariage... Tu sais maintenant co que ma haino a fait déjà, ne me demande pas, Clémence, co quelle peut faire encore. J’ai le sang do monsieur do Nangis à venger.
LE MUET
pi lato u h, qui a paru un instant avant au fond du théâtre.
Monsieur de Naugis était un lâche!