CÉSURE
Qui , qui ?...
ROSINE
Un joli, joli petit jeune homme!
Cé&AIRR.
Un jeune homme 1
ROSINE
Qui mo présentait poliment mon chapeau... Je le remerciai d'abord...
céSAimt.
Oui , pour entamer la conversation
nosiNE.
Ensuite, je lui demandai s’il pouvait m'indiquer le chemin lo plus court pour gagner le village d< Sainl-rcréol... 11 me fit sipnn qu'il lo connaissait... et quoi qu’il portât un énorme fagot, il m’offrit son bras.
cÉSAins.
Que vous refusâtes, commo c’était votre devoir?
ROSINE
Que j’acceptai, au contraire, et, grâce k mon guide, jo suis arrivée...
césure.
Femme Deauroignon, votre conduite est do la dernière indécence.. Mais ce joli petit jeune homme, où est-il?
ROSINE
Il doit être do la maison ; car, apres avoir déposé son fardeau, sous co hangar, il a monté un oscalicr qui est Ù> , en mo faisant signe de l'attendre.
C'était Maurice !
ROSINE
Il s’appelle Maurice?..* Tiens! co nom-là va bien à sa figure.
CESAIRB.
Taisez-vous, femme Beaumignon, et allons-nous-en.
LE MUET
ROSINE
l'as ara ni d'avoir fait ma commission. C'est bien ici quo de* ! meure Madeleine Iloburl?
césaiub, distrait.
Cest moi «
MADELEINE
C'est moil
ROSINE
Je vous apporte, dans co carton, un habill ment neuf que madame do Graudpré compte bien quo vous mettrez pour venir J la voir au ch3‘ m.
d.amifss, bas à Madeleine.
Je vous disais bien qu’elle se souvenait dü vous!
césaire, à Rosine .
A présent, vous n’avez plus rien b faire?
ROSINE
Non, et je vais mo reposer. {Elle s'assied.)
CESaIRE.
Mais moi je dois aller jusqu’à Toulon pour annoncer à madamo l’amiralc que madame do Grandpré a accepté son invitation, et qu’elle ira voir lancer lo vaisseau neuf.
ROSINE
Allez, mon ami, allez; je sais le chemin, b présent je retournerai bien sans vous b Grandpré.
CBS AIRE.
t puis vous avez un guide, n’cst-co pas?... lo joli petit jeuno homme... jo voudrais bien lo voir, col Adonis do grand chemin. .
ROSINE
Eh bien! regardez,... lo voilà. ( Maurice jKiraît ; il sort de h maison tenant une petite cruche et un rrrre.)
MAuriEiMs, allant à Maurice.
Maurice!... [Elle rembrasse. — Il apporte à Eosine le verre cl la petite cruche qu'il pose sur la table à droite.)
SCÈMV IV.
Les Mûmes, MAURICE.
Rosine, pendant que Maurice remplit son verre.
Une limonade... pour moi?... c’est charmant!
CiSAlftB.
Comment! c’cst ce garçon quo vous trouvez joli?... mais il est encore plus laid quo mon affreux carabin.
Rosine, gui a bu sons ccouler son mari.
Kilo est oxcellonte !
chaire, atlant à elle et lui prenant sot» verre qu'elle vient de remplir encore.
Fh bien! vous acceptez commo ça des raffraîchisscmonls du premier venu? en vérité, femme Beaumignon, vous êtes d’une inconvenanco!... ( Il boit.)
Rosine, se levant et allant à Maurice.
Merci, monsieur Maurice... jo sais votre nom b présent, je no l'oublierai pas.
césure, se plaçant entre Maurice et Rosine.
Ni moi non plus je no l’oubliorai pas, et jo vous défonds, cn- Icnds-tu, petit bonhomme , je vous dtfends do parler b nia femme.
MADELEINE
I j recommandation est bien inutile... le pauvre enfant est muet.
ROSINE
Muet!... oh! quel dommage!
dahirns, bas à C csa ire.
Vous no serez pas jaloux de celui-là ?
. césure, bas.
Au contraire.. .. un amant mut l serait bien plus dangereux qu’un autre; il no parlerait quo par gestes, et les femmes sont si bavardes.
ROSINE
Pauvre jeune homme ! il m’intéresse bien davantage b présent!
CÊSAItt.
Lb, qu’cst-ce que je disais? Allons nous-en, femme Beaumignon. allons nous-en; vous allez mo suivre b Toulon. Au nom ( do la loi, je vous l’ordonne. {Il entraîne Rosine par le fond et iis sortent à droite.)