DAMIENS, MADELEINE, MAURICE
daeiens, allant s'asseoir pris de la table à droite.
levais écrire mon ordonnance, puis mo remettre en route... ( Il écrit.) Madeleine, vous suivrez exactement mes prescriptions.
Maurice, par gestes.
Oui ... oui... ;c suis /à pour y veiller.
Damiens, écriront toujours.
Dion, mou garçon, je compte sur toi. [Maurice s'approche de Madeleine et semble la prier de prendre plus de soins de sa santé.)
MADELEINE
Oui, je ferai co qu'ordonnera lo doctour... mais laisse -moi m’occuper de toi, Maurice... Tu as rencontré dans le bois cette jeune femme... elle nous l’a dit. Mais quel fardoau portais-tu donc ? ( Maurice lui montre le hangar à gauche.) Comment 1 tu as apporté ce fardeau si pesant?
MAURICE
Oui.
Qui a coupé co bois T
MAURICE
Moi.
DAMIENS
Tu as donc obtenu la permission du garde?
mau mes.
Ou».
MADELEINE
Commentas-tu pu lMtendrtr... lui, si impitoyable pour les malheureux? (Maurice donne à Damiens un papier qu' il tire de sa poche.)
Damiens, lisant.
« Pour trois journées do travail dans les marais de Saint- » Aubin, j’ai donné b Maurice, du villago do Saint-Féréol, trois » pièces do douze sols et un fagot aussi lourd qu’il lo pourra » porter.,.
» Signé ; Michel,
d garde do la forêt. »
MADELEINE
Comment! ces trois jours que tu m'avais demandés pour aller en pèlerinage b Sain te-Ma rie-Madoleino , tu les as pas*és b travailler au marais.
MAURICE
Oui, 1e jour je travaillais pour foi ; la nuit, je priais... toujours pour toi.
Pauvre enfant, c’est pour moi, pour moi! Mais ce travail pouvait te tuer, mon enfant.
DAE1EN3.
Madeleine a raison, les miasmes qui s’élèvent des marais do Saint-Aubin sont souvent mortels; et pour résister b leur action, il faut une santé plus robuste que la tienne. { Maurice montre avec joie la petite monnaie qu'il rapporte et qu’il donne à Madeleine.)
madeleine, rembrasjant.
Je vous disais bien, docteur, cet enfant est un bon ango quo Dieu m’a envoyé.
DAMIENS
Maurice est un bravo et honnôle garçon... Son cœur et sa raison vont me comprendre. Maurice, vous no pouvez rester ici. (Maurice se rapproche de Madeleine ; il ne veut pas la quitter.) ïveoutez-moi donc : En usant votre vie, au plus rudo travail, vous no viendrez pas suffisamment en aide b Madeleino... Vous avez reçu une éducation suffisante pour occuper un petit emploi... Je me charge do vous en trouver un... Jo ferai en sorte que vous ne soyez pas trop éloigné de la bonne mère que la Providence vous a' donnée... vous la verre/, souvent, et vous partagerez avec elle l’argent que vous gagnerez.
MAURICE
Maurice donnera tout à Madeleine.
MADELEINE, OU DûCteur.
Il dit qu’il mo donnera tout !
Damiens, îi Madeleine.
Je parlerai do lui aujourd’hui mémo b M. do Grandpré. madeleine, allant au Docteur.
Retournez-vous donc au château?
LE MUET
DAMIENS
Non, je Tais à Toulon. Paul, mon neveu, b qui j'ai fait étudier la médecine pour qu’il pût me remplacer, Paul doit débarquer aujourd'hui; le vaisseau qui le ramène était en rade hier... 11 retient d’Espagne, de Cadix... Allons, du courage, Madeleine, ai je vous sépare de cet enfant, c'est qu'il faut lui créer un avenir !
madeleine.
Oui, docteur, j’approuve d’avance tout ce que vous ferez.
DAMIERS
Bien, Madeleine... A bientôt, mon enfant, {Jl sort. A peine a-t-il disparu, âne Madeleine, qui se contenait à peine, tombe sur une chaise à droite et eançlotte. Maurice court à elle, tombe à genoux, et baise les mains de Madeleine. )
MADELEINE
Mon Dieu ! c’est un amour do mèro que vous m’avez mis au cceur... donnez-moi donc aussi le courage et la résignation d’une çière.