‹ Le muletier de Tolede operacomique en trois actesChapitre 12 sur 73 · SCÈNE y · texte numérisé non relu

SCÈNE y

MANOEL, ELVIUË.

MANOEL, sc retournant.

Tiens! nous sommes seuls...

ELVIRE

Oui, je viens d'envoyer Piquillo chercher la voiture qui m’a conduite ici.

MANOEL

Ah! ah ! est-ce que vous n’êtcs pas de ce village?

EL VIRE

Oh ! du tout, je suis des environs de Yalladolid.

MANOEL

Justement, c’est ma route.

Mais à quoi pensé-je? je ne vous remercie seulement pas.

MANOEL

Mc remercier ! et de quoi donc?

ELVIRE

l)u service que vous venez de me rendre.

MANOEL

Un service ! par exemple !

ELVIRE

Avoir pris ma défense sans me connaître.

MANOEL

Oh! il ne faut pas m’en savoir gré... ça, voyez- vous, c’est dans ma nature. Je prends la défense de toutes les femmes, moi.

ELVIRE

Vraiment ! (a part.) Il est brave... (eiic le regarde.) Et puis, l’air noble et fier, l’œil noir... (s'oubliant.) Ah! mon Dieu! (a part.) 11 ne m'a pas encore dit que j 'étais jolie...

MANOEL

Qu’est-ce que vous avez donc?...

ELVIRE, à part.

11 me trouve peut-être laide!...

MANOEL

Vous paraissez toute troublée.

C’est que... (a part.) Je ne puis pourtant pas lui demander comment il me trouve.

MANOEL

Vous dites ?

ELVIRE

Nous parlions de vous tout à l’heure... de votre habitude de défendre toutes les femmes.

MANOEL

Et cela m’est encore airivé pas plus tard que ce matin à Nozedo... et celle-là, elle ne m’en saura pas gré, car il est bien probable qu’elle ne s’en doutera même pas.

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