RAL. LA CONCEPTION DE VIALE, CELLE DE MOUGEOT
Lorsqu’un muscle entre en période de travail actif, sa consommation en oxygène s'accroît énormément et l'organisme lui fournit 5 à 6 fois plus de sang par minute qu'à l’état normal. CHauveau a solidement établile fait par des expériences précises conduites sur le cheval et concernant le muscle préhenseur de la lèvre.
Un organe qui, comme l’estomac, le pancréas, les glandes salivaires, entre en période active à un certain moment de la digestion, doit, lui aussi, et selon toute vraisemblance, augmenter dans les mêmes proportions son besoin en oxygène, en apport sanguin, ses combustions et sa production en gaz carbonique s’accroissant parallèlement.
Au temps de Vuzpran, de François-Francx, de CHAUVEAU, on ne pouvait concevoir l’augmentation du débit sanguin dans un organe en travail actif que comme conditionné par le système nerveux, et notamment par des nerfs centrifuges vaso-dilatateurs.
Sans mer de parti pris le rôle des nerfs, nous sommes arrivés à une époque où nous sommes tentés de voir dans les phénomènes d'irrigation riche de Porgane entrant en activité, un phénomène en grande partie local et automatique, indépendant du système nerveux et commandé par les modifications que la
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composition du sang circulant amène dans le tonus des vaisseaux dudit organe.
VIALE, exposant sa conception, considère que le tonus artériel est commandé par le rapport bicarbonate de soude
gaz carbonique raient le tonus et la richesse en CO? l’abaisserait.
; les bicarbonates augmente-
Dès que l’organe entre en activité, ses tissus produisent un excès d’acide carbonique et par suite ses artères, ses artér.oles se dilatent, et l'apport sanguin augmente.
L'effet vaso-dilatateur de CO?, nous l’avons vu, est d’origine locale et myogène ; il ne dépend ni des terminaisons nerveuses, n1 du système nerveux central qui, au contraire, réagit par des réflexes hypertenseurs à une forte inhalation de gaz carbonique (Dau- TREBANDE).
Mais l’activité d’un muscle ou d’un viscère peut-il modifier sensiblement la teneur en bicarbonates ? Et par là aussi augmenter le tonus vasculaire, provoquer de l’hypertension ?
M. Mouceor pense qu’en effet cela se produit pour un muscle, qui, en période de travail, chasse dans le sang de l’acide lactique produit par la combustion des hydro-carbonés et spécialement des sucres du sang et du glycogène en réserve dans la fibre musculaire.
La question ne nous paraît pas résolue pour une glande dont l’état d’activité ne passe pas pour excré-
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ter dans le sang un acide assez fort pour fixer les actions des bicarbonates.
À la conception de Vrace, M. Mouceor objecte encore que, d’après ses recherches personnelles, le bicarbonate de soude ne lui a jamais montré un pouvoir hypertonique, et que s’il est du côté des cations du sang un élément qui augmente le tonus vasculaire, cela lui paraît être le calcium, au moins d’après ses expériences conduites sur les modifications du tonus du lambeau artériel mis au contact de diverses eaux minérales bicarbonatées.
Dès lors, M. Moucesor arrive à corroborer l’opinion de Viare sur la réalité d’un mécanisme myogène et autochtone de régulation de la circulation locale intra-glandulaire et intra-musculaire ; mais il en conçoit le mécanisme comme lié aux variations du rapport des tensions respectives de deux gaz
GO?° L'oxygène est hypertonique, le gaz carbonique exerce le pouvoir contraire. L'activité de l’organe,
dans le sang et plus explicitement au rapport
en augmentant la consommation de l’oxygène, en appauvrit le sang qui s’enrichit en gaz carbonique ; il en résulte une diminution du quotient dans le
rapport … du milieu sanguin, c’est-à-dire une modification qui, pour les deux termes du rapport, engendre la baisse du tonus vasculaire, l’accroissement du calibre des vaisseanx et par conséquent du torrent sanguin.
LEerèÈvReE 3
VER ZT URE
M. Mouceor pense qu’il se passe dans les muscles et les glandes entrant en période d’activité les mêmes réactions vasculaires que celles qu’il provoque in vitro sur le lambeau artériel isolé et en survie: le Tyrode représente le milieu sanguin; l'apport d'oxygène venant barboter dans le liquide d'immersion enrichit le milieu en oxygène et ce stade expérimental correspond à la période de repos du muscle ou de la glande; on constate une augmentation du tonus vasculaire, ce qui correspond à un calibre faible des vaisseaux afférents de l'organe, à une irrigation sanguine pauvre.
Si l’on cesse l’apport d'oxygène et si l’on fait barboter du gaz carbonique, ce nouveau stade expérimental représente ce qui se passe dans le sang lorsque le muscle ou la glande entre en période d'activité ; la cencentration en oxygène décroît, la teneur en gaz carbonique augmente, le tonus vasculaire diminue, le calibre artériel et artériolaire s’accroît, assurant une irrigation sanguine plantureuse, sans intervention des éléments nerveux.
Voilà la conception que nous a exposée M. Mouceor ; l’idée est neuve, presque hardie ; elle est simple, elle repose sur des faits que l’on provoque et constate in vitro. Nous la rapporterons sans la critiquer, et en en laissant toute la responsabilité à l’auteur.
D’ailleurs rappelons que ce même auteur avait déjà dénoncé une partie de ce mécanisne dans les
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abaissements de la pression artérielle au cours des bains hydro-carboniques ou il s’agissait d’une résorption transcutanée de gaz et une forte tension de CO? dans le sang circulant dont les effets produisent une vaso-dilatation généralisée.