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LA PEINTURE DU XV SIÈCLE DANS LES FLANDRES

ont fait quatre tableaux, que se partagent Munich et Berlin.

Avec Bouts s'éteint l'éclat relatif, mais encore très intense, des Primitifs hollandais. Retournons à Bruges; nous y trouverons un peintre né en Allemagne, mais qui ne ressemble en rien aux peintres de l'École de Cologne et qui compte parmi les plus pures gloires de l'art llamand.

Bans Memling naquit, semble-t-il, d'après 1rs plus récentes découvertes, ;ï Mœmlingen, près de Mayence, sans doute avant 1440. Il mourut le 11 août 1494. Sans en avoir la preuve écrite, on peul considérer comme certain qu'il fut l'élève de Rogier van der Weyden. Les biographes ont substitué une légende aux détails inconnus de son histoire : forcé, par sou inconduite, de s'engager comme soldat, il serait tombé malade, aurait été recueilli dans l'hospice de Saint-Jean de Bruges, et c'est par reconnaissance qu'il aurait peint pour cet hospice la célèbre Châsse de sainte Ursule. En réalité, il fut, au contraire, un h oui nie très rangé, riche bourgeois de la ville de Bruges, où il acheta trois maisons. En 1464, l'année même de la mort de Rogier van der Weyden, il était déjà célèbre, puisque l'abbé de Saint-Bertin, à Saint-Omer, lui commanda deux panneaux ayant pour sujet la Vie du saint Bcrtin.

Les van E y c k avaient cherché la grandeur; Rogier, le pathétique; Memling préférait la grâce, l'élégance, l'émotion tendre et

communicalive. Sa célèbre Châsse, qui attire tant de visiteurs à Bruges, illustre une touchante légende : sainte Ursule et ses compagnes sont de jeunes femmes d'une exquise élégance; les voilà à Cologne, à Bàle, puis à Rome, où le pape leur donne sa bénédiction; mais, hélas! au retour, les païens de Cologne attaquent leur bateau, criblent de (lèches les pauvrettes éperdues.

Tout est délicieux et touchant dans ces six tableaux aux couleurs vives, qui font penser à de brillantes miniatures. Mais le peintre s'est élevé plus haut, et il lutte parfois avec ses deux devanciers dans désœuvrés du même musée Saint-Jean: la belle Adoration des mages, où la Vierge est si digne et si pure, l'Enfant divin si vivant, le roi nègre si royalement élégant; le Mariage mystique de sainte Catherine, un pur chef-d'œuvre, où toutes les figures respirent la grâce la plus noble, où le paysage est d'une étonnante vérité, où la couleur esl si sobre et si riche à la fois;

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