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BORDURE DE LA SECONDE PORTE DU BAPTISTÈRE DE FLORENCE

lourdement essayés dès la fin du xive siècle à copier la statuaire romaine. La série médiocre de ces tentatives, bien moins hardies que celledeNicolasPisano, en 12G0, est rompue par un événement qui fait de la première année du xv° siècle une date décisive dans l'histoire de l'art : c'est le concours institué pour les portes du baptistère de Florence, qui étaient destinées à compléter les portes d'Andréa Pisano, achevées depuis soixante-dix ans. Le vainqueur du concours, Lorenzo Ghiberti (1378-1453), conservait dans l'ordonnance de son bas-relief d'essai, le Sacrifice (VA hraham, la noble simplicité des compositions de Giollo : en même temps il savait donner à la figure nue d'Isaac la souplesse et la rondeur d'un marbre praxitélien. La première des nouvelles portes du baptistère, telle qu'il l'exécuta, fut, pour l'arrangement, une imitation respectueuse du chef-d'œuvre d'Andréa Pisano; pour le style, un compromis entre la tradition grave et religieuse du xiv" siècle et la recherche de la beauté antique. Dans la seconde porte, modelée et fondue après 142-'i et qui représente des scènes épiques de l'Ancien Testament, Ghiberti élargit ses cadres, agrandit ses décors et invente pour ses panneaux jusqu'à de nouveaux encadrements. Le sculpteur se souvient à la fois de son éducation d'orfèvre et de la vocation qui l'avait entraîné d'abord vers la peinture. Il coule en bronze de véritables tableaux, où des groupes de figurines,

JACOPO DELIA QUERCIA. — RETABLE DE M A 11 II n E Église San Frcdiano, à Lacques.

harmonieusement agencées, se meuvent devant de vastes paysages, ci 1 1 11 les "naines du relief modèlent, dans la faible épaisseur du métal, toute une succession de plans. Autour des vantaux courl une bordure, qui n'esl plus composée de rais de cœur ou d'acanthe classique, mais de feuillages eu guirlandes cl de fruits en grappes. Sur ces « portes du paradis », admirées par Michel-Ange, la vie circule de touter. parts au milieu des ciselures. Ghiberti a tenté une voie nouvelle, sans repousser l'héritage des générations qui l'avaient précédé. Lui-même a donné la formule de son art dans ses Commentaires, qui sont, dans les temps modernes, la première ébauche d'une histoire de l'art. Il consacre presque autant de lignes aux Italiens du xiv' siècle qu'aux grands noms de l'art antique. A côté de Phidias, dont il ne connaît que la

re imée, il cite, avec une admiration égale, Giotlo, donl il

a pratiqué les œuvres.

I.uca délia Rohhia l.'W9- 1 ÎS2 . qui survécu! à (Ihiberti pendant de longues années, resta partagé, comme le sculpteur des portes du baptistère, entre l'amour de la vie librement épanouie et le respect d'une tradition artistique et religieuse ■ j ti i pliait

DONATELLO. — L ANNONCIATION Bas -relief de l'église Sauta Croce, à Florence.

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