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UNE REINE ASSISE

Art cypriote; statue on pierre calcaire.

Phol. Giraudon.

HERMÈS ET UNE DES G II A RI TE S Bas-relief de Tliasos; lin du vi° siècle av. notre ère.

u LE MUSÉE D'A H T

TEMI'I.I! hlï DE CASIO» ET POLLLX

Girgcnti (Agrigcnlc) ; v« siédc av. notre ère.

lière, l'invention de la monnaie el la propagation de l'écriture, émancipèrent les classes inférieures. Parloul prévalu! une nouvelle organisation sociale, qui devait exercer une acli lécisive

sur le il<-vr-lnp|>. iii' iii de l'.ii i. i l ijui eul pour principe la cité ». Monarchique à l'origine, la cité s'achemina, à travers des révolutions, vers le régime républicain, d'abord aristocratique puis démocratique. Lycurgue donna des lois à Sparte, Dracon el Solon à Athènes: chaque législation nouvelle consacra quelque conquête des « lasses inférieures.

Le domaine de l'ait se partagea dès lors, cou la Grèce

elle-même, entre deux grandes rai es : les Doriens, plus graves et plus lents d'allure, plus lidèles à la tradition, race de

laboureurs et de sulilals: les Ioniens, à l'esprit curieux et mobile, prompts à l'innovation, émancipés par la mer et le commerce , race de marins, d'aventuriers et de dilettantes. Cependant, malgré les antipathies et les rivalités naissantes, Ioniens et Doriens ont pu travailler de concert au progrès de l'art. De part el d'autre, on voit se préciser de bonne heure le senlitnent de l'unité nationale, fondé su r la coin m u uaulé de race, de

H É It A K I

Fronton oriental 'lu temple d'Athcua, à Iiginc (entre 4Su et 470 uv. notre crej.

TEMPLE DE POSEIDON, A PiïSTUM vi' sieclo av. notre crc.

langue, de religion, rendu sensible par diverses institutions, surtout par la rencontre de tous les Hellènes dans les grands sanctuaires et les grands jeux d'Olympie, de Delphes, de Némée, de l'Isthme. La rivalité des deux races a été des plus fécondes dans le domaine du beau.

A la ruine de la civilisation mycénienne avaient survécu, malgré tout, quelques traditions d'art. Klles se renouvelèrent peu à peu sous l'intluence de la colonisation et du commerce, <pii mirent les Hellènes en contact direct avec l'Asie. Les poèmes homériques attestent l'admiration naïve qu'inspirai! le monde oriental aux contemporains des rapsodes. Tous les beaux objets d'art décrits dans V Iliade ou VOdyssée, armes, trépieds, coupes, vases, lapis, étoiles précieuses, tout vient d'Egypte ou d'Asie. Une seconde l'ois, l'Orient fut l'initiateur de la Grèce. Mais, dans le cours du vin'' siècle avant nulle ère, on voit de toute part se réveiller le génie hellénique. Désormais il grandi! el se préi ise avec une merveilleuse rapidité. Chaque génération révèle el réalise une ambition nouvelle, qui tire de la matière brûle des effets inattendus. Le Grec se détourna vile îles conceptions colossales ou énigmatiques de l'Orient. Avec son intelligence vive el alerte, éprise de lumière comme son œil, il rechercha en tout les justes proportions, la vérité, l'harmonie, la simplicité des moyens.

L' » archaïsme », c'est précisément l'histoire de cette période, féconde entre toutes, pendant laquelle la Grèce découvre peu à peu sa personnalité et se dégage de l'imitation orientale pour créer un art original. Cette période de rénovation et de création a duré environ trois siècles, et elle se termine vers le temps des guerres médiques. Alors se sont constitués tous les arts helléniques : architecture, sculpture, peinture, arts industriels, sans parler de la littérature et de la musique.

L'architecture grecque proprement dite ne commence qua l'apparition îles milles grecs \ nr -vir siècle, avant notre ère).

Les plus anciens timents doriques don! il subsiste des ruines

s le temple de Hèra dans l'Altis d'Olympie e! le temple de

Corinthe. Au vi' siècle appartiennent la plupart des vieux édifices grecs qu'on visite encore dans l'Italie méridionale ou en Sicile, à Psestum, à Métaponte, à Ségeste et Agrigente, à Sélinonle et

CONDUCTEUl»

DE CHAH Bronze trouvé à Delphes.

L'ART GREC

IS

)SEIOON, DIONYSOS ET PEITIIO Frise orientale du Partliénon à Athènes.

celte période date le temple d'Éghie, sans llympie ou de Delphes et d'autres ruines Vers la même époque, l'ordre ionique

Fronton orient

Syracuse ; de la fin d< parler des trésors d'( moins importantes, apparaît au vieil Artemision d'Ephèse, œuvre de Chersiphron et de Métagène, et à l'Heraion de Samos.

Rien de plus simple que les moyens dont dispose l'architecte grec. Sur des supports verticaux, colonnes, piliers ou murs, il pose des poutres horizontales et un large toit à deux pentes : voilà toute la charpente de l'édifice. Ce qui détermine l'ordre, au trement dit le style de la construction ,

c'est là forme des supports et la proportion adoptée entre les parties verticales el les parties horizontales. Sans doute les Grecs ont trouvé eu Orient, surtout en Egypte et en Asie Mineure, la première idée de leurs édifices. Mais, à coup sur, on ne pouvait développer avec plus d'originalité d>'s éléments d'emprunt.

Les Grecs n'ont eu d'abord que deux ordres : le dorique et l'ionique. Dès la fin du vin0 siècle, l'ordre dorique se montre avec sa physionomie propre. Sur un soubassement de pierre s'appuie directement le fût de la colonne, formé de tambours superposés,

renflé au milieu, un peu plus large à la base qu'an sommet et creusé ordinairement de vingt cannelures.

La colonne est couronnée par un chapiteau circulaire composé d'un coussinet ou échine et d'une plaque rectangulaire, le tailloir, qui soutient les parties hautes de

DIONYSOS OU THESEE Fronton oriental du Partliénon.

Rrittch Muséum

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