DU PRINTEMPS. ACADÉMIE DES
IlEAUX-AnTS, FLORENCE.
LA RENAISSANCE ITALIENNE Dl XV SIÈCLE
onl le toint de (leur des femmes de Lippi, aux éphèbes des Pollajuolo et de Verrocchio. En effet, Botticelli a collaboré avec Piero Pollajuolo à la décoration du Palazzo Vecchio ( Vertus des Offices) et il a certainement subi l'influence de Verrocchio. Cependant il gardait le coloris clair et le charme naïf des peintres de la vie familière: En lui se conciliaient les deux tendances de la peinture florentine du xve siècle : il participait de Ghirlandajp et des peintres-sculpteurs. Ainsi s'explique une partie de son charme énigmalique, pareil à celui d'Agistino di Duccio, le sculpteur de marbre, élève du plus fougueux des sculpteurs
de bronze. Tout ce que Botticelli devait aux artistes, ses contemporains, il le lit sien, en prêtant à ses figures cette grâce flexible qui semble courbée par une menace ou par une douleur, et en teintant toutes ses œuvres de la mélancolie un peu morbide qui devait lui attirer, au xixc siècle, lu sympathie de tant d'âmes délicates et inquiètes.
Pourtant il ne faut pas juger Botticelli d'après quelques madones aux longues mains nerveuses el quelques anges adolescents aux joues pâlies. Ce peintre mérite une large place dans l'histoire, parce que seul il a exprimé successivement toutes les idées de sou temps. Après avoir longtemps répété son type de madone el assemblé sur les retables des groupes de saints, il peignit, pour Laurent le Magnifique, des mylllologies élégamment traduites dans la langue artistique de Florence, et qui (levaient
satisfaire les goûts des raffinés p 1 lesquels Politien écrivait
ses poèmes d'inspiration antique dans un harmonieux italien. Botticelli prêta à PalLis domptant te Centaure bestial et à Vénus
Acaaémie des beaus-arts, Florence.