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ML1IO D E L L A

F H ANC ESC A. — LA REINE DE S A B A K END A NT VISITE Fragment d'une fresque do l'église San Franccsco, à Arezzo.

*ia del Popolo, où le décor de la voûte qui irdé toule la fraîcheur du premier jour, Iniis indestructibles: A i milieu des •< grotesques n bleu d'outremer qui serpentent sur un fond d'or, quatre sibylles sont mollement couchées, dans des atours coquets et

bizarres. Les Piccolomini attirèrent à Sienne le peintre

ronné au Vatican l'œuvre du xve siècle. Successivement la plupart des grands maîtres toscans et ombriens avaient été appelés au service des cardinaux et des papes.

Gentileda Fabriano et Fra Angclico avaient exécuté à Rome des cycles de fresques. Melozzo da Forli y avait travaillé en nié me temps que. Mino >t.i

Fiesole. Quand le pape Sixte IV eut achevé la construction de la chapelle qui garde son nom, il appela tout exprès pour la décorer les peintres les plus réputés de son temps. Les Florentins lurent Ghirlandajo, Cosimo Ros-

selli, peintre médiocre et fécond, et Bollicelli; les Ombriens, le Pérugin, le Pinturicchio et Luca Signorelli. Ces maîtres eurent à représenter sur les parois de la chapelle l'histoire de Moïse et l'histoire du Christ, opposées dans un parallélisme savant. Au-dessus des tableaux fut rangée la suite des papes martyrs, qui unissait l'histoire de la papauté à la tradition des deux Testaments. Iian> se> lignes essentielles le décor de la chapelle pontificale «'Mail copié sur le décor vénérable de la basilique de Saint-Pierre.

En même temps certains tableaux, qui rompaient le parallélisme exact des scènes bibliques et des scènes évangéliques, renfermai eut di s allusions à l'histoire même du pape Sixte IV ; dans la vie de Moïse, l'épisode tragique du châtiment de Coré, Dathan

MEL07.ZO DA FORLI. — ANGE .MUSICIEN Fresque de la sacristie de Saint-Pierre, à Home.

des papes. Pinturicchio peignit pour eux, dans l'a « Libreria » de la cathédrale, l'histoire de leur ancêtre, Pie II, qui avant de ceindre la tiare avait été l'humaniste voyageur Lneas Sylvius. Pinturicchio, en narrant la vie de son personnage, ne rencontrait guère d'autres événements que des cavalcades, des ambassades, un mariage impérial. Ces tableaux de cérémonie furent pour lui un prétexte à mettre en scène la cour d'Alexandre M et à déployer toutes les pompes et les richesses qui, à Rome, l'avaient ébloui.

Les fresques de Pinturicchio avaient cou-

fho\. Aliuari.

LUCA SIGNORELLI. — LA PRÉDICATION DE l' A N T É C 11 11 1 S ï

Détail d'une fresque de la cathédrale d'Orvieto.

Phot llanfctaengl. Pinacothèque do Munich

L F. l'ÉliUGIN, L'APPARITION DE LA VIERGE A SAINT BERNARD

el Abiron, les lévites révoltés contre le grand prêtre Aaron, rappelaient l'échec de la tentative de schisme dont l'archevêque de Carinthie avait été l'instigateur; le pharaon el les Égyptiens noyés dans la mer Rouge, en présence de Moïse, étaient, dans la pensée des contemporains, Alphonse de Naples el son armée, qui, en marchant contre Rome, avaient été vaincus à Campo Morto, autant par un ouragan de grêle que par la valeur du capitaine pontifical Roberto Malatesta. Ainsi, l'épopée chrétienne peinte dans la Sixtine fut une épopée à allusions historiques,

comme le furent les fresques peintes par Raphaël dans la chambre d'Héliodore, à la gloire du neveu de Sixte IV, le grand pape Jules II.

La chapelle qui est devenue le sanctuaire de .Michel-Ange reste encore un musée unique de l'art florentin et ombrien du xve siècle.

Il faut voir comment les peintres les plus énergiques et les plus élégants de cette époque heureuse onl traité un thème traditionnel, rajeuni par un désir nouveau

de glorifier la personne d'un homme, pour comprendre à quel point l'art de la première Renaissance rompit avec le passé et oublia le christianisme.

Dans ces vastes fresques, où des personnages innombrables se meuvent devant des architectures classiques ou des paysages profonds, le sujet sacré n'occupe d'ordinaire qu'une

Pliot. Alina PORTRAIT

DU PERUGIN

du CamMn, Pérbûse.

P A lî LUI - M È M E

faible partie du premier plan. (diirlandajo prêle bien aux acteurs quelque sérieux, Botticelli quelque verve dramatique, le Pérugin quelque majesté. Mais tous, le médiocre Cosimo Rosselli comme le fier Signorelli, oui donné toute leur attention et tout leur soin aux portraits des contemporains, qui, sans se mêler à l'action, sans y prendre intérêt, sans regarder même le Christ ou Moïse, ont envahi la moitié de la scène.

Rosselli, Botticelli, le Pérugin se sont peints eux-mêmes dans l'angle de quelque composition. Ils ont fait poser devant eux les humanistes grecs, reconnaissables à leur longue barbe, les neveux du pape, capitaines ou princes de l'Eglise, les camériers de là cour pontificale avec leur chaîne d'or au cou, les notables de la colonie florentine

établie à li \

Tout ce qui avait un nom \ ers 1 'iiS'2

dan- la ville des papes a trouvé place dans la chapelle de Sixte IV.

Peintres et hellénistes, cardinaux et guerriers, marchands et ambassadeurs, tous, les enfants aux attitudes gauches comme les vieillards solennels, les dignitaires en si marres comme les jeunes gens campés insolemment dans leur collant de soie, ne sont là que pour rester debout et pour regarder droit.

IN attestent que pour les artistes de ce temps, le mol d'ordre fut : désintéressement du sujei el amour de la vie. Ils proclament le principe d'orgueil qui lil la foire des hommes du xve siècle, en leur donnant l'audace d'imposer partout leur personnalité, de renverser les barrières des traditions comme l'autorité des croyances, les lois de la morale et les garanties des libertés publiques, et d'installer leur portrait dans un sanctuaire, comme leur autoiilé dans une ville subjuguée.

LE PERUGIN.

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