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L'ARCHITECTURE ET LA SCULPTURE

Dans l'Italie du Nord, les formes de l'architecture du xiV siècle persistèrent plus longtemps qu'à Florence; tantôt elles se répétèrent jusque dans la seconde moitié da xve siècle, tantôt elles se mêlèrent à des formes classiques ou florentines. Les résultais de ces combinaisons furent parfois des édifices très élégants et très ricins. En Lombardic, le chef-d'œuvre de l'architecture composite est la partie inférieure de la façade de la chartreuse de l'avie I i73-l')0"), couverte de reliefs comme une cathédrale du Nord et montrant, dans chacune des ligui ines dont elle est ornée, le goût le plus lin de [a Renaissance et l'imitation l i plus spirituelle de l'antiquité.

A Venise, une famille d'artistes, dont le nom indique l'origine, les Lombard i, introduisirent le style nouveau vers 147'i. Sauta .Maria dei Miracoli fut rebâtie par eux avec une richesse de décoration extérieure qui fait penser à la chartreuse de l'avie. Surd'autrcs Façades, comme celle de San Zaccaria, le système des ordres classiques fut combiné avec des incrustations de marbres de couleur, inspirées du décor archaïque et oriental de l'église Sainl .Marc. Sur la terre ferme de Venise, les églises et les palais lu renl aussi richement parés de reliefs el de marbres ou de peintures que les monuments de la ville des lagunes. Brescia eut son • -lise Santa Maria dei Mil ai oli, rivale de celle de Venise; à Vérone, un moine architecte qui devait jouer un rôle prépondérant dans l'histoire de la Renaissance française, Fra Giocondo 1435-1515 . égaya la gracieuse façade du l'alazzo dei Consiglio 1476-1493 par la plus délicate polj chromic-,

La plupart des villes de l'Italie du Nord, à commencer par .Milan et Venise, conservèrent, à côté de constructions revêtues de marbre, leur traditionnelle architecture en Iniques. Ce fut un nouveau problème que d'employer ces matériaux suivant les principes indiqués par llrunellesco. I.e maître qui donna de ce

problème les solutions les plus élégantes et les [dus hardies, fui Bramante d'L'rbin. Après avoir travaillé au palais ducal de sa ville natale, il s'établit en Lombardie el y séjourna vingt-huit ans (1472-1409 }. En élevant à Milan des églises comme Santa Maria presso San Satiro et Santa Maria délie Grazie, il ne réussit pas seulement à donner à la brique, combinée avec les reliefs de terre cuite, l'élégance la plus raffinée, il réalisa encore l'innovation qui devait transformer toute l'architecture religieuse de l'Occident, en substituant au plan rectangulaire et allongé des

BAS-RELIEF I> E LA CHARTREUSE DE l' A V 11

basiliques le plan circulaire des rotondes à coupoles. L'Incoronata de l.odi 1488 est un premier modèle de Saint-Pierre de liome.

La Lombardie, qui pendant tout le moyen âge avait envoyé d'un bout de l'Italie à l'autre ses maçons-architectes* les Comavan, eul au xv siècle des ateliers de sculpteurs très nombreux et

pour la plupart médiocres; Milanais mi natifs des enviions de Côme, ces marbriers s'attelèrent

à des besognes collectives. Comme

la décoration touffue des cathédrales de Milan et de Côme et de la chartreuse de l'avie. I, 'artiste le plus personnel dans cette

foule esl Oinadeo de l'avie 1447-

1522), qui décora à Bergame la chapelle funéraire du Gollcone de toute la profusion de motifs antiques dont s'était composée l'ornemenlalion lombarde île la Renaissance. Les sculpteurs de Côme voyagèrent, comme les architectes, leurs ancêtres. L'un d'eus, .Toinmaso Malvito, s'éia-

blrl a Naples dans les pre ires

années du xv Ie siècle. Il revêtit d'une magnilique décoration de marbre blanc la confession de saint Janvier, dans la cathédrale de .Naples.

A Venise, la famille des Buon décora, à partir de 1431, la porte monumentale du palais des doges, dans un style à demi gothique, en retard d'un demisiècle sur les œuvres florentines.

L'art nouveau triomphe avec Antonio Rizzodc Vérone, qui donne dans la statue d'Èvc, élevée en pendant à celle il'Ailnm sur l'escalier du palais des doges, le premier exemple d'une statue féminine entièrement nue sculptée en Italie (vers 1464). Les Lombardi font œuvre de sculpteurs aillant que d'architectes.

Pietro Lombardi a élevé le tombeau du doge Mocenigo, dans l'église San Giovanni o Paolo (vers 1480i : l'architecture esl huile classique ; dans les sculptures les images du Christ cl des anges voisinent avec des figures de Vertus drapées à l'antique ni des représentations des travaux d'Hercule. Les fils de Lombardi, Antonio et Tullin, suivant jusqu'au bout la tendance à laquelle obéil déjà leur père, imitcnl servilement les bas-reliefs romains ou grecs qui se Lrouvaienl réunis en grand

nombre ù Venise et à l'adolle. Ils

commencèrent la décoration sculptée de la chapelle du Santo, à l'adoue. Un artiste qui a plus d'une lois collaboré avec les Lombardi. Alessamlro l.eopardi -|-lo±> . dut à l'inlluence de Verrocchio, dont il acheva le Colleone, d'avoir imité l'antiquité avec une élégance et une liberté dignes d'un Florentin. Son chef-d'œuvre est le tombeau triomphal du doge Vendramin [1478-1495), dans l'église San Giovanni e Paolo : à côté des Vertus drapées et cuirassées à l'antique, les génies funéraires ont la chevelure bouclée el le sourire des anges de Giovanni Bell i n i .

A côté des artistes lombards et vénitiens qui onl travaillé d'un commun accord à la renaissance de l'antiquité, il faut faire une place à part à un sculpteur de Modène, Guido Mazzoni (1450-1518), qui ne rechercha que l'imitation de la vie réelle et la poussa jusqu'au trompe-l'œil.

llétonnases contemporains par des groupes qui représentaient, pour la plupart, la Lomenlation sur lecorjisdu Christ : ce sont des figures de grandeur naturelle, en lerrc cuite pcinlc; les lèles sonl îles portraits el donl ^expression de douleur est rendue avec mie énergie triviale. Cet art brûlai el populaire* donl l'apparition doit s'expliquer sans doute par une inlluence de la sculpture (lamandc, fut porté par Mazzoni lui-même àNaples, puis en France. Dans le groupé destiné à l'église napolitaine de Monteoliveto, l'artiste représenta, près du cadavre du Christ, le roi Ferdinand d'Aragon et l'humaniste Ponlano.

LA PEINTURE

La peinture, dans toute l'Italie du Nord, resta pendant la seconde moitié du xvc siècle sous la dépendance d'un maître dont l'exemple suscita de nouvelles écoles artistiques depuis Bologne jusqu'à .Milan et jusqu'à Venise. Mantegna (1430-1506), né à Vicence, travailla;! Padouc dans l'atelier d'un peintre savant et médiocre, Squarcionc, qui avait réuni toute une collection de sculptures antiques. Le jeune artiste, tout en copiant des marbres grecs ou romains, fut subjugué par la puissance des œuvres que Donatello venait d'achever à Padoue. Il tenta de donner à la peinture toule l'énergie des bronzes florentins; son action fui parallèle à celle îles Castagne et des Piero délia Francesca, mais bien plus étendue cl plus

féconde. Mantegna r ' lut i ne l'in-

termédiaire vivant entre Donatello, le grand révolutionnaire, et les artistes de l'Italie du Nord : lui-même l'ut un créateur audacieux entre tous.

Il n'ignore rien de la science géométrique et analomique. Tout en dessinant, avec la précision d'un graveur, les architectures en perspective et les nus en raccourci, il s'applique à reconstituer les costumes

r-hot. Alinari. Église San:a Maria dei Miracoli, Venise. Ct le décor de l'ail- PIETRO F.T tui.iio lomdardo. li<iuilé avec une

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