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SAINT PIERRE MARTYR ET UNE DONATRICE

rigides de l'École do Pàdoue. Api'ôs lui, le px^emier peintre de la Renaissance qui soil ne'- à Venise même, Carlo Crivelli, unit la sécheresse du dessin d'un Cosiino Tura à la magnificence d'un coloris qui semble incruster dans le panneau de bois une mosaïque de pierres dures. Un mariage vinl achever de mettre l'art vénitien sens la domination de Mantegna : le maître de Padoue épousa la fille d'un bon peintre de Venise, Jacopo Bellini, et devint le bëau-frère de deux peintres appelés à une illustre destinée, Gentile el Giovanni Bellini

Deux événements, dont l'action s'ajouta à l'influence personnelle de Mantegna, contribuèrent à ouvrir aux peintres de Venise la voie qu'ils devaient suivre triomphalement pendant plus de cent ans. Antonello de Messine, qui avait été étudier à Bruges ou à Gand, vint s'établir à Venise vers 1475. Il y apportait la pratique de la peinture à l'huile et tous les secrets de la perfection néerlandaise. Désormais les Vénitiens renoncèrent à la fresque, qui était resté l'ail florentin par excellence el à la « tempera », dont Mantégiia s'étail contenté pour exécuter ses œuvres les plus opulentes. La peinture à l'huile permit aux Vénitiens de rendre toutes les couleurs des ( toiles et des ciels.

Les relations que Venise n'avait cessé d'entretenir avec l'Orient chrétien et musulman, par le commerce et les ambassades, mettaient sous les yeux des peintres des ouvrages orientaux, aux teintes chatoyantes, qui complétaient la leçon perpétuelle donnée par l'énorme joyau de Saint-Marc. Les artistes des écoles de Padoue et de Murano prennent un plaisir manifeste à reproduire par la peinture les matières précieuses, les marbres rares et les tapis d'Orient. Un jour vint où Constantinople, devenue turque, s'ouvrit à un peintre de Venise. Gentile Bellini y fut appelé par Mahomet II en 1480. Il fit un portrait du sultan, qui s'est conservé ù Venise, où il est le joyau de la collection

Layard. A son retour, Gentile ne chercha plus qu'à reproduire, sous tous les prétextes, les pompes de FI trient.

Le même fjoùi d'exotisme se retrouve chez un peint re fécond, Vittore Carpaccio (f 1520), qui, né en [strie, fui à Venise le peintre attitré des colonies albanaises et illvriennes. La suite des tableaux dont il décota la salle de réunion des Slaves de Venise, San Giorgio degli Schiavoni, est, par la douceur égale de la lumière comme par le pittoresque des costumes, une œuvre d'orientaliste. < larpaccio saisit à merveille ce qu'il y avait de magnifique et comme d'exotique dans la vie même de Venise. En même temps que le peintre des costumes à turban, il fut le peintre des cérémonies officielles. Sa Vie de sainte Ursule, contemporaine de celle de Memling, n'est pas enfermée, comme les compositions du peintre de Bruges, en de délicates miniatures. Elle se déploie

Musée du Louvre.

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