‹ Le musée d'artChapitre 171 sur 311 · LÉON AU D DE VINCI · texte numérisé non relu

LÉON AU D DE VINCI

Saint

que Giotlo avait visité à la suite de Dante et dont les artistes du xvc siècle avaient oublié' le chemin. Il ne se contente pas d'exprimer la vie obscure et comme inconsciente de l'âme, celle qui se trahit dans d'incompréhensibles sourires : il prétend traduire par la mimique et par l'expression la diversité infinie des caractères et des sentiments. Ce que les peintres du xi\e siècle avaient fait largement ei simplement, "n croyants, il le refera laborieusement, en philosophe, dans la Cene du réfectoire de Santa Maria délie Grazie. La peinture, achevée en 1 n'est plus, depuis longtemps, qu'une ombre sur un mur décrépit ; mais les intentions du maître transparaissent encore. Le momenl choisi u'est pas celui de la communion : le groupe des apôtres

n'exprime pas l'extase religieuse. Un mol a été prononcé par le Christ : « L'un de vous me trahira. » Ce mot, éclatant comme un coup de théâtre, a éveillé autour de la table loul un drame psychologique : il a retenti dans chaque âme; il a été pour chaque caractère Une épreuve soudaine ; il est aussitôt traduit d'un bout à l'autre de l'assemblée par un concerl de gestes inconscients et révéla leurs.

Après la déchéance de Ludovic le More, Léonard quitta Milan, en même lempsque Bramante. Il revint à Florence, où il fui accueilli comme le premier peintre de son lemps.

11 y commença, dès 13(11, le groupe étrange de Sainte Anne et la Vierge, qu'il n'acheva jamais; il travailla quatre ans au portrait de Monna Lisa, une Napolitaine qui avait épousé en 1496 le Florentin Francesco Giocondo; il peignit le Saint Jean-Baptiste (Louvre), dont le buste lumineux sort d'un fond d'émail noir. La Seigneurie de Florence chargea Léonard de décorer, de concerl avec Michel-Ange, la grande salle du Palais Vieux. Le sujet était la bataille d'Anghiari, livrée en 1440. vrai modèle des prudentes batailles de condottieri :

un I ■ < 1 1 1 1 1 1 1 • ■ seulement, Machiavel, y avait perdu la vie.

de cavaliers où les chevaux les guerriers. Les deux carions

furent exposés en 1">05. L'année suivante Léonard quittait Florence, découragé par l'insuccès de sa tentative pour peindre sa composition à l'huile sur le mur. Toujours indécis, il erra de Milan à Rome jusqu'à ce qu'il suivit en 1515 le roi François lur. En Hil!» il mourait à Amboise.

Il laissait à l'Italie des enseignements et des œuvres qui allaient donner um- direction nouvelle aux peintres dans les deux provinces entre lesquelles s'étail partagée l'activité du maître, la Lombard ie e1 ta Toscane.

A Milan, Léonard avait formé une « académie » qui fut la première école des beaux-arts. La Cène, dont les couleurs commençaient de s'altérer, fut copiée par plusieurs peintres lombards. Mais les copistes ne virent dans l'œuvre la plus profonde du peintre philosophe que la lettre des formes; l'esprit leur échappa. Les élèves lombards de Léonard ne montrèrent nulle curiosité de psychologues. Ils s'arrêtèrent à ce qui parlait aux yeux dans l'œuvre du maître florentin : le type d'éplièbe et de femme,

HOffcd 'lu Louvre.

— LA JOCONDl!

Léonard représenta une mêlé montraient autant de fureur qui

ART ITALIEN — DESSINS xvr SIÈCLE

Page 1