‹ Le musée d'artChapitre 179 sur 311 · LE SODOMA. RAPHAËL. LE TITIEN · texte numérisé non relu

LE SODOMA. RAPHAËL. LE TITIEN

UNE FEMME ET SON ENFANT ÉTUDE POUR L • 1 N.C EN D IE DU BOURG UN HALLEBARDIER

Phnt. nirandon.

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Michel-Ange. — l.o maître qui finit par subjuguer Raphaël était par son caractère et par son génie l'antithèse vivante du doux peintre d'Urbin. En face du jeune homme aux longs cheveux blonds qui neconnu1 pas de déclin, un corps maladif, uu visage écrasé et douloureux, une vieillesse longue et triste; en face du courtisan bienvenu des plus grands, le solitaire qui n'eut pas d'amis el qui connut à soixante ans l'amour pur d'une

sainte; eu l'arc du traducteur éléganl de toutes 1rs idées humaines, l'âme ulcérée qui imposa ses aspirations et ses souffrances à tous les (Mres qu'elle créait; en faee de la santé parfaite de l'esprit, un manque d'équilibre mental qui se traduit par de véritables coups de folie.

Michel-Ange dédaignait l'éclectisme qui avait amassé en Raphaël tous les trésors de l'art italien. Lui-même n'eut pour maître que Ghirlandajo, qui ne lui apprit rien. Les marbres antiques furent son école : il débuta par un pastiche, un l'aune qui passa pour antique. Ses premières œuvres de sculpture sont, les unes, de jeunes dieux conçus dans le style antique, 1rs autres, des Vierges qui, par leur gravité archaïque, rappellent 1rs tondi de Donatello ni 1rs statues de Jacopo délia Quercia. La Pielà que Michel-Ange alla sculpter àRome, en 1498, pour la chapelle des Piccoloinini, dans la basilique de Saint- Pierre, est encore une jeune madone florentine, douce et pensive, dont la douleur est résignée ; sur ses genoux est étendu un Christ souple et beau comme un Apollon douloureux. Michel-Ange revint à Florence pour achever un David colossal qui a, lui aussi, le corps et le visage d'un demidieu antique. Il reste sculpteur même lorsqu'il prend le pinceau : le seul tableau qui soit resté de sa jeunesse est une Sainte Famille du musée des Offices, dont le groupe principal est m compact qu'on le dirait taillé dans un bloc de marine et dont l'arrière-plan est orné, en guise de paysage, d'une série de jeunes hommes tout nus. (le tableau est con lemporain du carton que Michel-Ange composa, en ISOïj, pour la Guerre de Pise, qu'il devait représenter dans le l'alais Vieux, de moitié avec Léonard. Le sculpteur-peintre avait choisi l'épisode qui pouvait le

mieux faire valoir sa science michel-ange

Phot. Alinari.

MICHEL-ANGE. — I, A SIBYLLE I.IHYQUE Fresque du plafond île la chapelle Sixtine, à Home.

du nu et de l'anatomio : les soldats florentins, en train de se baigner dans l 'A r n o , p r e n nent leurs armes en hâte, à l'appel de la trompette. La composi tion, qui n'est plus connue que par des gravures, était une réunion désordonnée d'athlètes tendan t leurs muscles.

Michel - Ange, que ce carton avait achevé de rendre célèbre, lui appelé à Rouir par Jules II.

Le pape lui commanda le mausolée destiné à s'élever gigantesque dans l'abside de Saint-Pierre et qui devait affliger le sculpteur de tant de déboires. Le projet de l'énorme construction de marbre était à peine achevé, lorsqu'en 1608, Jules II imposa à Michel-Ange, malgré ses résistances, une tâche faite pour effrayer un peintre de métier : la décoration de la voûte de la chapelle Sixtine, qui, jusqu'alors, n'avait reçu qu'un badigeon bleu, relevé d'étoiles d'or. Michel-Ange se mit à l'ouvrage au mois de mai de l'année 1808, quelques semaines avant que Raphaël commençât là décoration de l'appartement voisin de la chapelle. Il ne prit conseil d'aucun humaniste; il renvoya les collaborateurs médiocres qu'il avait fait venir de Florence pour lui enseigner la pratique de la fresque. Il conçut son oeuvre et

l'exécuta seul. Les hommes qui l'inspirèrent furent Dantr, le poète dont il était en son temps le dévot le plus religieux, et Savonarole, le prophète dont la parole tonnante avait révélé à l'artiste, qui fut son dernier fidèle, la grandeur des Jérémie et des Isaïe. En compagnie de ces morts épiques, Michel-Ange forma un plan d'une grandeur surhumaine. Il trouvait sur les parois de la Sixtine les deux histoires parallèles de Moïse et du Christ. Prenant l'histoire du monde avant Moïse, il la conduit jusqu'au berceau du Rédempteur. Neuf compositions, divisées en trois groupes, exposent d'abord la création, depuis la sortie du chaos jusqu'à l'apparition de l'homme; puis la faute ; enfin la nouvelle alliance après le déluge. Les promesses ■ le rédemption, garanties par le témoignage des prophètes el îles sibylles, figurées par les miracles que Dieu opère pour la délivrance de son peuple, s'accomplissenl obscurémenl dans la succession des ancêtres du Christ selon la chair.

Michel-Ange travailla pen-

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PhOt< Urogl. Eglise San Pioiro in Vincoli, Home.

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