POU TUAIT DE VÉIIONÈSK PAU LUI-MÊME
Fresque de la villa Barbara, ;i Maser, près do '1 révise.
l'énorme toile des Noces de Cana, que le Louvre a gardée après IXVÔ, parce qu'il eût semblé insensé d'exposer à un second voyage au delà des Alpes ce chef-d'œuvre démesuré. Au milieu du tableau un Christ insignifiant est perdu dans la l'ouïe des convives, des musiciens et îles servants; au premier plan un nain bariolé, des chiens, un perroquel attirent le regard ; au fond, sur les balcons, une foule agitée se penche vers le spectacle que lui donnent la table et les dressoirs chargés de vaisselle plate :
dans le ciel clair, entre les colonnades qui se succèdent à perte de vue, les pigeons de Venise volenl joyeusement!
Celle magnificence et celte joie profanes qui s'étalent autour du Sauveur étaient si insolentes que le tribunal du Saint-Office releva un jour le défi. Véronèse comparut devant l'Inquisition, le 18 juillet 1573, et reçut une réprimande pour avoir fait figurer dans le festin chez Lévi, de l'église San Giovanni e Paolo (aujourd'hui à l'Académie de Venise), des bouffons, des chiens et des hallebardiers allemands. Cet art sans pensée reprend la tradition inaugurée, au w siècle, par les peintres de cortèges et de réceptions solennelles. Le Véronèse, tout en donnant à ses groupes la lierté héroïque des compositions de Titien, se réjouit amplement des spectacles qui amusaient la ba'dauderie féconde d'un Carpaccio.
A côté du peintre des pompes aristocratiques, un Vénitien, Jacopo Robusli, surnommé le Tintoret 1512-1594), donna carrière, dans d'énormes improvisations, à une verve populaire et triviale. Seul entre tous les altistes qui ne quittèrent pas Venise, il fut menacé par l'influence de Michel-Ange : en copiant à la lumière de la lampe les réductions des mausolées de Florence, déjà répandues par Daniel de Volterra, il prit l'habitude îles formes tourmentées et des ombres funèbres. Cependant le Tintoret resta bien loin de la froide emphase des peintres florentins, ses contemporains. Ses compositions religieuses ne sont point des tragédies solennelles, à la manière de Titien, mais de véritables mélodrames. Dans les cinquante-six tableaux de la Scuota di
Phot. Ilnnfstaenpl.
V t R 0 N È SE. —
Musée de Munich.
P O II T n A 1 T DE P E >l M E
Plint. Alinari.