LES AMBASSADEURS
que la paix du cœur et de l'esprit ne se trouve que dans l'étude de la vérité révélée.
I)u nom de Durer est inséparable celui de dans Holbein le Jeune. Né en 1498 à Augsbourg, le souvenir des maux et des difficultés qu'y avait endurés son père le détermina à quitter de bonne heure sa ville natale. Il se rendit en 1315 à Bàle, où il dut, pour vivre, exécuter toute espèce de travaux : notamment, un dessus de tahle représentant des scènes populaires, puis l'enseigne d'un maître d'école Bientôt il créa une œuvre originale et remarquable en illustrant à la plume l'Éloge de la Folie d'Erasme.
C'est comme portraitiste que Holbein le Jeune révéla son génie. II garde, très accusé, le caractère réaliste propre à l'Ecole allemande, mais il y mêle une harmonie, une noblesse, un certain idéalisme enfin, que nous avons remarqués déjà à l'état de tendance chez son père, Holbein le Vieux, et qui attestent la meilleure inlluence elassique.
Les portraits d'Amerbach, de Froben, du bourgmestre Meier et de sa femme, sont les premiers que l'on connaisse de sa main. Plus tard il peignit le portrait de ~Sa femme et de ses enfants. Le célèbre profil d'Érasme (au musée du Louvre et à Bàle) est peutêtre son chef-d'œuvre par son exécution vigoureuse et sa composition concentrée.
Outre les portraits, Dans Holbein
LUCAS CnANACII. — MADONE SOIS LES S AI' IN a
peisnit encore des scènes religieuses. Le Christ mort du musée de Bàle esi il"une vérité d'expression, d'un strict naturalisme, qui seraient presque ellïayants. Mais le plus beau des tableaux religieux de Holbein «'est, sans conteste, la Madone du bournme>tre Meïèr, dont l'original si- U'ouve au château grand-ducat de Darmstadl el une bonne réplique à Dresde. La Vierge, donl les (rails mil une finesse el une pure! ; admirables, est debout, dans une altitude à la f'»is noble el douce, tenant l'Enfant Jésus entré ses bras. A ses côtés soûl agenouillés, d'une pari, le bourgmestre
el s, >s deux lils; de l'aillie. ses deux femmes el sa Mlle. Ce mélange de ligures idéales el réelles, le sentiment qui anime ce tableau, son exquise composition lui confèrent tous les caractères d'un chef-d'œuvre, La Vierge entourée de saint l'rsin et de saint Martin qui est au musée de Soleure pourrai! presque lui être égalée. Une Suinte Cène el une Passion au inusée de Bàle montrent que Holbein a connu certainement les peintres de l'École de Milan el de l'École de Padoue. Quoique certains biographes soutiennent le contraire, on peut croire qu'il visita l'Italie vers 1525.
A l'automne de lo2iî. Holbein se rendit en Angleterre, où il espéraii exercer plus fructueusement son métier de peintre. Son espérance ne fui pas trompée: il fui accueilli avec la plus grande laveur. Revenu à Bàle en 1529, il ne tarda pas à retourner à Londres où il entra au service du roi Henri VIII el devint le peintre officiel de la cour. Attaché désormais presque uniquement à la peinture de portraits-, il peignit à plusieurs reprises la famille loyale d'Angleterre Henri Mil, J"nr Sei/mour, Anne de Glèves), les grands seigneurs anglais el divers personnages, tels que le Sieur de Morette à Dresde . le Marchand Gisse (à Berlin) et le Fauconnier royal Robert Cltesenian à la Haye). C'est à Londres que Holbein mourut en Li'i'i.
L'œuvre gravé de Holbein, sans égaler celui de Durer, ne laisse pas d'être original el important. Dans se* Simulacres de la Mort exécutés en 1527, mais publiés seulement pour la première fois à Lyon en 1538, on retrouve l'idée si souvent exprimée au moyen âge, et sous les formes les plus expressives, de l'égalité de tous devant la tombe. A côté de ce recueil célèbre, il faut encore citer les Images de V Ancien Testament et une Histoire de la Passion, en dix feuilles, du naturalisme le plus émouvant.
Aux noms de Durer et de Holbein on a coutume d'associer dans la Renaissance allemande celui de Lucas Cranach, à qui ces deux maîtres sont pourtant incomparablement supérieurs. Mais la part que Cranach prit à la Réforme, son amitié avec les principaux chefs de ce mouvement, dont il a laissé de vivants portraits, et son attachement aux princes de Saxe lui ont valu une forte popularité.
Ce peintre, qui s'appelail propremenl Lucas Millier. fR sien le nom de sa ville natale. Cranach, en Franconie. où il naquit en 1472. Peintre de la cour de Frédéric le Sage en 1504, citoyen el même bourgmestre de la ville de Wittenberg, loyer de la Réforme, attaché plus tard au service de Frédéric le Magnanime, il partagea sa captivité à Augsbourg après la malheureuse guerre ib' Smalkade h le suivit enfin à Weimar, où il mourul en 1553.
Un Repos en Egypte, daté de 15U4, est la première œuvre qu'on lui attribue avec certitude. Chose remarquable, Cranach semblait à ce moment plus pénétré des formes et de l'esprit de la Renaissance qu'il ne le fut plus tard. Lu avançant dans sa carrière, on le voit en effet accentuer jusqu'à la gaucherie el à la naïveté son réalisme. Son coloris, d'abord harmonieux et fondu, se fait plus pauvre, il rétrograde peu à peu vers les procédés des vieilles écoles du moyen âge allemand.
Des nombreux sujets religieux qu'il a peints, les premiers apparlieunenl a la manière qu'on pourrait appeler catholique : telles sont lu Madone aux raisins de Munich, la Viergesous lé poin^ mier de Saint-Pétersbourg. Peu à peu. les madones, qu'il a
exécutées en très grand nombre, perdent leur caractère idéal
I prendre l'air simple, all'able el raisonnable des ménagères
allemandes. Cranach apparaît ainsi comme un ar'.isle tout à fait national. A sa seconde manière, d'inspiration protestante, appartiennent des œuvres comme la Loi et la Grâce, la Chute et la Itéii aijitum. dans l'église de Wittenberg, et. au même lieu, une vaste peinture où l'on voit, au centre, la Sainte Cène, tandis qu'à gauche Mélanchthon baptise, à droite Bugenhagen lie et délie, et Luther prêche dans la partie inférieure. L'église paroissiale
Mustc de bniicllc».