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PORTRAIT DE R E M B R A N D T PAR LUI-MEME EN

Musée du T. ouvre. ANTONIO MO HO. — POIITBAIT d'un NAIN

Juisirent dans des portraits de confréries, militaires ou autres, les physionomies éne rgiques de leurs contemporains. Notons seulement que, chez eux, au début, l'art de la composition est absolument nul. On (lirait qu'ils réinventent la peinture el qu'ils n'ont jamais regardé les œuvres de leurs grands devanciers flamands ou hollandais. C'e st ici que l'exemple dos Italiens s'est montré utile, voire même néeessairo. I.e plus grand poi l raitisle hollandais du xvi" siècle, Anlhonis de Mbor (1512 1577 l'ut un italianisant, comme le prouverait le seul nom d'Antonio Moro, qui lui est resté. Il emprunta aux grands Vénitiens la transparence de l'exécution, la noblesse des altitudes, aux grands Florentins leur impeccable sincérité. Voyez son Nain du Louvre, portrait de premier ordre d'après un modèle disgracié!

A mesure qu'on avance vers la lin du siècle, la portion bienfaisante de l'inllueiice étrangère s'accentue dans les portraits collectifs. Les personnages deviennent plus élégants, l'air circule entre leurs groupes mieux ordonnés. Aert Pietersen (1550-1612), (ils de Pierre Le Loue, inaugure dans son pays, en 1603, les Leçons d'anatomie, dont l'origine est italienne; Michicl Jansz van Microvell (Delft, 1567-1641 ) , peintre de la cour, continue, sans génie, mais avec une habileté extraordinaire, l'œuvre d'Antonio Moro.

• dissous sur des noms très remarquables pour arriver à Jan van liavesleyn ( 1572-10 »7), donl les tableaux civiques font vrai-

nt pressentir le siècle d'or hollandais, qui s'ouvre avec la

nouvelle école de Haarlem.

Jusqu'à Frans liais, les portraits collectifs, malgré des qualités de premier ordre, conservaient encore quelque chose d'un peu apprêté. L'aisance, telle fut la qualité dominante de Frans Hais (1580-1666). On peut, trouver ailleurs, et même en Hollande, des maîtres qui ont exprime' avec une sincérité plus profonde, une Gdélité plus pénétrante le caractère des modèles qu'ils avaient sou.., les yeux; mais aucun n'a su grouper aussi librement ses personnages, leur communiquer à un tel degré la vie et le mouvement. Il y a de la photographie instantanée — si vous me pres-

siez un peu, je dirais du cinématographe — dans plusieurs de ses Réunions d'officiers du musée de Haarlem. Avec l'âge, il s'apaisera. II mettra dans l'effet général, sinon dans l'exécution de ses derniers ouvrages, le calme que la vieillesse met dans la vie. Ses Régentes (1664), du même musée, donnent l'impression d'une géniale ébauche que Rembrandt, à cette même date, n'aurait pas hésité à signer.

L'œuvre de Frans Hais est considérable, mais assez difficile à distinguer dans le détail, malgré la facture si caractéristique du maître. C'est qu'il eut autour de lui neuf enfants ou petitsenfants (le [dus connu est Frans Hais le fils), dont plus d'un, sous sa direction, lit d'excellents portraits. Son inlluence fut grande et durable. Il créa toute une pléiade de peintres de corps de garde, de conversations, de scènes en plein air. Citons les plus connus: Dirk Hais, frère cadet du maître; Esaïas van de Velde (mort en 1630), et ses patineurs; Pieler van l.aar (11)82-1642), surnommé Bamboccio, Bamboche, peintre de «bambochades»; Anthony Palainades (16U0-1673), excellent portraitiste aussi; Jan Miense Molenaer IliOlt-ltitiM . peintre! d'intérieurs, enfin les deux plus grands élèves du maître de Haarlem : Brouwer et A. van Ostade.

Adnaen Brouwer (I60C-lfS38), né et mort en Flandre, appartient à la Hollande par son éducation, faite chez Frans Hais. Presque aussi lame dessinateur que son compatriote et prédécesseur Pierre Broughol le Vieux, il doit aux leçons du maître hollandais la souplesse de la forme el le charme de la lumière. Ses rixes d'ivrognes, vulgaires par le sujet, louchent au grand art par la vérité de l'observation et l'unité de l'aspect.

Les paysans d'Adriaen van Ostade (1610-1685), moins grossiers d'allure, sont d'un art analogue. Dans les premières années de sa vie de peintre, il cherche et trouve la vérité; ses paysans sont observés fidèlement, traduits comme avec la pointe du graveur. Mais bientôt il subit l'influence de Rembrandt. Son tableau du Louvre, le Maître d'école 16'in , montre avec une vérité comique d'attitudes l'indiscipline des enfants, l'impuissance résignée, ou plutôt indifférente, du vieux maître, mais tout cela noyé dans la blonde poésie du clair-obscur. Son meilleur élève, qui mourut

l'hot. Ilanfslaengl. Musée de Berlin.

ni ANS II A L S, — POIITBAIT DE JEUNE V E M M E

L'ART HOLLANDAIS DLS XVIe ET XVII0 SIÈCLES

jeune, fut son frère Isaacvan Oslade, moins fort que lui, certes, mais délicat et presque élégant dans des scènes qui ne sembleraient pas comporter de telles qualités.

Les élèves de Frans Hais nous ont entraîné un peu loin, puisque nous avons déjà cité des peintres sur lesquels Rembrandt exerça son influence. Pour rétablir l'ordre régulier, il nous faut parler de ceux qui ont influencé le roi de l'art hollandais.

Tel fut Thomas de Keyser (1597-1667), auteur d'une très remarquable Leçon tCanatomie et d'admirables portraits pleins de caractère. Rembrandt, arrivé

FRANS IIALS.

Musée de Haarlem.

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