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PORTRAIT D E L'ARTISTE ET DE SA FAMILLE

et d'être pensionné par le roi, anobli, nommé peintre de la cour. Il n'exécute pas moins de Irenle-liuit poitrails, en effet, de son nouveau prolecleur, el plusieurs sonl équestres. Tout ce que la Grande-Bretagne et l'Ecosse comptent de noble et d'illustre défile dans son atelier, et encore aujourd'hui L'Angleterre possède plus de trois cent cinquante «le ses œuvres. Car des qualités héritées de son maître, une prodigieuse facilité d'exécution el une fécondité inlassable n'étaient pas à ses yeux les dons les moins précieux. Van Dyck mourut à quarantedeux ans, et M. Guiffrey, qui lut. en res dernières années, son scrupuleux biographe, n'a pas décrit uu enregistré moins de quinze cents de ses ouvrages.

Après Hubens, el presque à ses côtés, van Dyck eût été le premier portraitiste de son pays et de son temps, si le xvir siècle flamand n'eût compté Corneille de Vos (1581-1651) parmi ses meilleurs peintres. Ici, plus d'artifices de couleur, plus d'altitudes sentant la convention, plus de recherches d'une élégance trop voulue pour être exclusivement naturelle, plus de formules en un mot; par contre une saine et consciencieuse traduction de la chose vue, une sobriété de moyens, un calme, une aisance.

une sincérité à toute épreuve, qui assurent à ses pers âges

toute leur expressive individualité et s'appuient sur un dessin large et savant, sur une facture d'une probité merveilleuse. Ses portraits d' Abraham Grapkeus (musée d'Anvers), du Peintre el sa famille (musée de Bruxelles), ses deux petites filles (musée de Berlin) sont des morceaux de telle qualité qu'aucune comparaison ne leur peut nuire.

Jacques Jordaens (1593-1678), qui fut, lui aussi, un superbe portraitiste, nous (dire précisément les qualités opposées. Fut-il élève de Hubens? On l'a prétendu, mais rien ne le prouve. Ce qu'on ne peut se défendre de constater, par exemple, c'est que sa fougue irrésistible fait paraître le grand maître presque timide et réservé. Son œuvre fut également considérable. Il aborda en outre tous les genres: sujets religieux el tableaux d'autel comme son Adoration des bergers, son Mariage de sainte Catherine, son Saint

Martin guérissant un possédé; tableaux d'histoire, c te son

Triomphedu prince Henri (à la Maison du lîois, à la Haye), la plus vaste et la plus magnifique de ses œuvres; allégories plus ou

moins mythologiques et scènes intimes ou populaires, comme le Satyre et le Paysan, le Roi de la fève, le Concert de famille. Mais c'est surtout en ce dernier genre d'ouvrages que son exubérance se fait jour, que son talent déborde, que la générosité de son pinceau éclate dans un plantureux étalage de chairs roses et grasses, de gorges rebondies, de joues vormillonnées comme de beaux fruits, couronnées de ces chevelures d'or que Thoré comparait à une gerbe de fromenl mûr.

A coté de ces violences délirantes et géniales, les grandes toiles religieuses de Gaspard de Crayer (138i-1669) semblent relativement froides et sages. Ce n'est pas que l'inlluence de Hubens ne se fasse aussi sentir en elles. C'est du « maître » que Crayer s'inspire dans la science de ses arrangements, dans ses altitudes amples et contrastées, dans le pompeux déploiement de ses draperies; mais il lui laisse sa passion, son entrain, sa puissance; Ses emportements restent calmes, ses tumultes sont sans fracas, et, si l'habileté reste considérable, s'il sait imprimer à ses scènes religieuses un caractère de noble et sereine grandeur, si son Assomption, sa Pèche miraculeuse, son Martyre des quatre couronnes, son Martyre de saint Biaise (qu'il acheva à l'âge de quatre-vingtsix ans) sont, comme composition et connue exécution, des morceaux de premier mérite, il s'en faut de beaucoup qu'on emporte de leur contemplation l'impression troublante, l'irrésistible émotion, l'impérissable souvenir, que laissent après elles les grandes œuvres de Hubens.

C'est encore le souille île Hubens qui anime Gaspard Zegers 1591-1650) et Théodore Hombouts. C'est à lui qu'ils doivent

la | peus (bmnance de leurs tableaux de sainteté. Mais ro-

manisles l'un el l'autre, ils avaient été trop follement impressionnés, durant b ui séjour en Italie, par les sombres duretés du Cannage. Aussi ne relrouve-t-on plus en leurs ouvrages cet éclat, celle transparence, cette magnificence de coloris, qui peuvent être considérés comme l'apanage des grands Flamands du

Muser du Louvre.

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