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L' ÉGLISE DELLA SALUTE

L' ARCHITECTURE

L'architecture religieuse se rattache aux types donnés par Vignole (1507-1573) et Palladio (1518-1580) à la fin du siècle précédent, soit que les ordres se superposent, soit qu'un ordre colossal appuyé sur un soubassement plus ou moins élevé traverse les divers étages jusqu'à la corniche. Un fronton central, relié à l'étage inférieur — plus large puisqu'il correspond aux trois nefs — par d'immenses consoles retournées, donne à la façade une unité plus ou moins logique. C'est ce qu'on a appelé le « style jésuite ». Ce n'est pas que les jésuites l'aient créé ni même choisi par une préférence artistique raisonnée. Vignole avait élevé pour eux le Gesù à Rome et le père Crassi l'église du Collège romain (Saint-Ignace) dans ce style : il se répandit partout avec l'ordre lui-même. Son grand défaut est la monotonie et la froideur. D'ailleurs il passera à peu près, mais plus rapidement, par les mêmes phases que l'art du moyen fige, il deviendra de plus en plus aisé; la nef centrale s'élèvera de plus en plus, en lumière, au-dessus des nefs latérales qui oseront elles-mêmes s'élargir et s'éclairer. Le sentiment du véritable style religieux se perd si bien qu'il semble que Rome ait honte de ses anciennes églises, qu'à défaut du sentiment artistique auraient dû protéger tant de souvenirs. Lorsqu'on ne les détruit pas, on les défigure ou on les cache (Saint-Jean de Latran et Sainte-Marie Majeure). Le siècle précédent était responsable de la destruction de l'ancienne basilique de Saint-Pierre; mais Carlo Maderno (1556-1629) ne respecte même plus le plan bien conçu de Bramante et de Michel-Ange : il prolonge la nef, ce qui ôte au monument toute unité, puis la plaque d'une façade sans aucun rapport avec l'édifice et qui empêche de voir le dôme. Borromini (1593-1667) survient et croit faire beaucoup en inventant le « style baroque ». On ne peut lui reprocher d'avoir cherché à faire du nouveau et d'avoir voulu varier ses plans (église de la Sapienza); il a de l'habileté et de la hardiesse, mais c'est un terrible ennemi du bon sens et de la ligne droite. Il tord les colonnes, renverse les volutes, boursoufle les façades de saillies illogiques, rompt les corniches, trouve moyen de faire à la fois lourd et

Phot. Alinari.

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