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LE BERNIN. — LA COLONNADE DE LA PLACE SAINT-PIEIIRE, A HOME

désordonné, confondant l'incohérence avec l'invention. I)ans le jugement sévère qu'on peut porter sur l'architecture religieuse du temps, faisons exeeption pour l'église Santa Maria délia Salute à Venise, construite de 16:51 à 1681 sur les plans de Longhena. Ce qui esl le plus à louer dans les monuments religieux de ce temps, c'est l'intérieur, où la richesse de l'ornementation nYxrluI pas un large parti pris décoratif parfois véritablement grandiose : grande nef de Saint- Pierre; intérieur du Gesù : intérieur de Saint-Ignace. Cette habileté dans la décoration intérieure trouve encore mieux à s'appliquer dans l'architecture civile, fort supérieure à l'architecture religieuse, comme le montrent à Rome la cour du palais Borghèse par Marlino Longhi l'Ancien et Flaminio Ponzio, et le palais Matte'i par C. Maderno; à Venise le palais Pesaro par Longhena; « les nouvelles Procuraties •• de Sca mozzi et la « Dogana del Mar »

de Benoni; à Gênes, le palais Balbi et l'Université de liai I.

Bianco, œuvres simples el majestueuses qui n'ont vraiment de rivales en Italie pour cette

date que la colonnade de la place de Saint-Pierre, qu'on est étonné d'avoir à attribuer au Bernin.

Une place à part doit être faite à l'art des jardins, qui, perfectionnant l'œuvre de l'époque précédente (villa d'Esté à Tivoli), prépare le succès du jardin classique : les jardins du Quirinal par C. Maderno, la villa Ludovisi, tracée sur les plans du cardinal du même nom (1622i, la villa Borghèse, près de Fias. ati. par Jean Fontana et surtout la villa Pamfili par Al. Algardi (1650) sont justement renommés. Les jardiniers italiens eurent une grande influence sur l'art français, qui, à son tour, devait plus tard compléter leur œuvre. Le Nôtre, qui avait fait plus d'un emprunt aux Italiens, fut appelé aussi à modifier et à achever les villas Ludovisi et Pamfili. Les Italiens excellent dans les jeux d'eau, avec Maderno, Fontana et Giovanni Francini (Jean de Francine .

LA SCULPTURE

Nous admirions tout à l'heure la noble simplicité de la colonnade de Saint-Pierre par le Bernin. Celui-ci (1598-1680Ï n'est certes pas le premier venu il compte parmi les plus grands

BORltOMINI,

I i,l hl ^ \ I s I I* IEHUK,

sculpteurs du temps; mais ce n'est précisément pas par la simplicité et la pureté de la forme que ses statues se recommandent. La sculpture italienne, en pleine décadence à la fin du xvie siècle, ne paraît pas avoir profité de l'heureuse réaction que les Carraches avaient proyoquée dans la peinture. Bernin y apporte une souplesse, une subtilité' expressive qu'elle ne connaissait pas et sait, lorsqu'il veut, les associer aux conditions harmoniques des lignes et à une certaine sévérité qui lui sont ou qui lui devraient paraître nécessaires. Plusieurs de ses figures sont des merveilles d'exécution, et la Suinte

. , Thérèse de Santa Maria délia

Vittoria marque assurément quelque chose de nouveau dans l'art de la sculpture. Louons aussi plusieurs de ses sujets mythologiques Apollon et Daphné , genre qui convenait le mieux à son talent, et sachons apprécier l'aspect monumental de ses édifices funéraires (tombeaux d'Alexandre VII etd'Urba in VI 1 1 . Malheureusement nul plus que Bernin, à cause justement de son talent et de son immense réputation, n'a contribué à la décadence de la sculpture italienne, en l'encourageant à persister dans les défauts qui risquaient de la perdre.

Si l'on veut se rendre compte du mauvais goût jusqu'auquel pouvaient déjà descendre les sculpteurs italiens de ee temps, il suffit de citer Mocchi et sa Sainte Véronique de Saint-Pierre. Donnons un souvenir à l'Algarde et à son Attila (1592-1654); mais préférons sans hésiter à toutes ces complications la Sainte Cécile deStefano Maderno 1571-1636), par l'émotion simple qui s'en dégage et par la pureté des

n ASC ATI

Phot. Alinari.

M Alt TI NO LONGIII.

— COUR DU PALAIS BOP.GHÈSE,

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