‹ Le musée d'artChapitre 291 sur 311 · PIGALLE. — LE · texte numérisé non relu

PIGALLE. — LE

avaient imprégné de souvenirs romains, construit l'école de droit et l'église Sainte- Geneviève (Panthéon), dont il conduit les travaux jusqu'à la naissance du dôme. En même temps, Antoine (Jacques-Denis), ancien ouvrier maçon, obtient le prix dans le concours ouvert pour un hôtel des monnaies; il bâtit la Monnaie de Pans, puis le palais de justice. Victor Louis édifie le Grand Théâtre de Bordeaux, la salle du Théâtre-Français et les bâtiments qui

entourent le .jardin du Palais-Royal. Tous ces no» nls

sortent de terre en quelques années, presque simultanément, comme sous la poussée d'une même idée. Celte inspiration n'était pas nationale; elle avait sa source dans la petite

renaissance éclose des fouilles J llen ulanum cl de Pompéi. La résurrection des deux villes avait soulevé un enthousiasme qui des archéologues et «les antiquaires s'était transmis aux artistes. Les sculpteurs, qui n'avaient jamais perdu de vue l'art antique, n'en avaient pas été touchés, non plus que les peintres, auxquels l'art romain n'offrait rien à imiter, mais les architectes, qui pouvaient réaliser immédiatement la nouvelle doctrine, l'appliquèrent sans rclard. Ainsi, les derniers constructeurs du règne de Louis XVI fondaient un style qui devait répondre exactement aux idées de société nouvelle créée par la Révolution et l'Empire.

Les grands archilectes que nous venons de nommer représentent l'art officiel, l'art royal. Ils ont créé des œuvres qui comptent parmi les plus remarquables que le passé nous ait léguées. Et cependant, ils ne personnifient pas complètement à nos yeux l'archilecclodion. ture du xvuie siècle. Ce sont des

statuette en te hue cuite artistes de moindre génie, mais

TOMBEAU DU DUC d'iIARCOUPT, A NOTRE DAME DE PARIS

de fantaisie plus charmante, qui eurent la bonne fortune de lui donner sa complète personnalité. En même temps que Gabriel, Rober! de Cotte, Louis et les autres, élevaient des palais rectilignes, de nombreux archilectes, aux noms moins sonores, couvraient la Fiance de châteaux, d'hôtels, de pavillons, de « folies n qui lurent le logis enchanté où se plaisait à vivre la société la plus spirituelle qui fut jamais. A la ligne droite, classique, ils substituèrent les lignes courbes, qu'ils surent varier avec une inépuisable grâce. Ils donnèrent ainsi la vie à une architecture nouvelle, la plus originale de toutes celles qui aient paru en

Phot. Giraudi>n.

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