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II O U I) O N

Foyer de la Comédie française, à P STATUE DE VOLTAIHE

L'ART DU XVIIIe SIÈCLE

Franco depuis le moyen âge; art vraiment national, parce qu'il ne doit rien à personne, parce qu'il est sorti tout entier du sol et du génie français.

Ces artistes furent nombreux; nous ne pouvons citer que les principaux. Beaucoup de petits chefs-d'œuvre épars à Paris et en province sont encore là pour témoigner de la gloire anonyme de bien d'autres dont les noms demeurent inconnus, mais dont le talent fait encore notre admiration.

A Paris, Germain Boffrand (1667-1754 décore l'hôtel de Soubise (Archives nationales , reconstruit l'hôtel du Pe lit-Bourbon, l'Arsenal, bâtit la maison du peintre Charles Le Brun. Nommé architecte du duc Léopold de Lorraine, il construit les châteaux de la .Malgrange, de Saint-Léopold. Son élève, Emmanuel Héré, un des brillants représentants de l'école de Nancy, élève les bâtiments de la place Stanislas à Nancy, les pavillons des châteaux de Lunéville, Chanteheux , Commercy et la galerie du château d'Einville. L'architecte de MmB de Pompadour, Jean Cailleleau, dit l'Assurance, construit pour la maîtresse de Louis XV son château de Bellevue; il bâtit à Paris l'hôtel de Roquelaure (ministère des travaux pu-

Phot. Hanfstaensl

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Musée du Louvre.

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blics) et le palais Bourbon (Chambre des députés). L'architecte de Mme du Barry, Nicolas Ledoux (173G-I806), improvise pour elle, en trois mois, le pavillon de Louveciennes, aujourd'hui détruit, mais qu'on sait avoir été une merveille d'élégance somptueuse et de goût délicat. A Paris, il construit l'hôtel de Thelusson, l'hôtel de Montesson, la maison de la rue Chanteraine, qui devint plus tard l'Iiôiel du général Bonaparte. Bichard Mique, de Nancy, amené à Paris par la dauphine Marie-Antoinette, remplace Gabriel comme premier architecte du roi. Il décore le grand appartement du Petit Trianon, élève le temple de l'Amour et orne la salle de spectacle; il remanie le château de Saint Cloud et le couvre de décorations nouvelles. Ces derniers ouvrages sont le dernier efforl de l'élégance incomparable de l'architecture française au xvnie siècle. Elle a dit son dernier mol.

Quelques années pkis tard, Rousseau, à l'hôtel de Salm (palais de la Légion d'honneur), Bélanger au château de Bagatelle, Chalgrin, à l'hôtel de ïalleyrand, subissent l'influence de Louis et d'Antoine. Ils survivent d'ailleurs à la Révolution, etleur talent se trouve tout préparé pour les grands travaux de l'ère impériale.

LA SCULPTURE

L'Ecole de Versailles se continue jusqu'au milieu du xviiie siècle. Girardon, Coysevox, les Coustou poursuivent l'œuvre de Louis XIV, et quand ils disparaissent, Bouchardon, par les bas-reliefs de la fontaine de la rue de Grenelle et par son Louis X V, Falconet, par la statue colossale de Pierre le Grand, Pigalle, par le tombeau du maréchal de Saxe à Strasbourg et par son Mercure, maintiennent la tradition de la grande sculpture décorative, de cet art si noble qui avait peuplé les jardins

Dr Bouchardon à Clodion, rc cortège de la gaieté antique S'étend sans interruption el se varie à l'infini. Do la sculpture, il passe à l'ornement. Il entre, par la décoration des appartements, dans la vie quotidienne; il se mêle à tout, il couvre tous les objets; on le retrouve sur les murailles comme sur les tables et les étagères, parce qu'il représente parfaitement la légèreté d'une société dont le rêve serait de vivre comme une de ces paslo-

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et les places publiques de si majestueuses ligures. Mais l'esprit affiné du siècle n'était pas représenté par tant de sévère dignité. Bien qu'alors J.-li. I.enioyne. les frères Adam, les Slodlz achèvent la décoration sculpturale des jardins de Versailles cl de Saint-Cloud, le goût du temps se reconnaît lui-même dans la grâce menue de la Venu*, de la Diane d'Allegrain, dans Y^mallhée

de Julien. Les .Nymphes, les .\ urs de l'a.pui, de Vassé, de

Delaistre répondent à cet engouement du joli qui est devenu la préoccupation dominante de l'art ; et, en réalité, c'est dans le joli qu'il excelle. Lorsque ces artistes, de technique si parfaite, abordent les sujets classiques de la sculpture, ils sont emphatiques et tourmentés en voulant èlre forts; ce sonl les Bolonais de la statuaire. Partout des musculatures exagérées, des membres tordus, des figures convulsées, des draperies qui s'envolent dans des souilles de tempête, partout la recherche du mouvement et partout cependant la froideur ampoulée des œuvres sans conviction. Bien, au contraire, n'est plus poétique et plus souriant que les imaginations de ces mêmes sculpteurs lorsqu'ils traitent les petits su jets de la galanterie mythologique. Bacchanales, jeux de satyres, baigneuses, amours, nymphes 'de tout nom, naissent sous leurs doigts avec une fécondité prodigieuse el un esprit merveilleux.

Musée du ht

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