CARLB VAN I. OO. — UNE HALTE DE
raies que peignaient si bien Watteau et Boucher.
Cependant, quels que soient le charme el l'abondance de ces ouvrages, ce n'est pas chez eux qu'il faut chercher la haute valeur de la sculpture du XVIIIe siècle : c'est dans le portrait. La galerie de bustes qu'il nous a laissée est la plus belle qui soit. Les deux maîtres de cette forme de l'art furent J.-J. Caffieri (I72.;i-17!)"2) et, après lui.Houdon (1741-1828), dont la longue carrière, semée de chefsd'œuvre, va de pair avec celle de nos plus grands sculpteurs. Caffieri exécuta pour la Comédie française une série de bustes qui ont fixé pour toujours l'image des génies île la scène. Le Rotrou, le Corneille, le Molière, d'une si fière beauté d'expression, n'ont pas la valeur documentaire de portraits d'après nature; ils s'éloignent même de la vérité, mais ils symbolisent avec une telle force l'oeuvre des écrivains qu'ils représentent qu'ils en ont imposé le type. L'art de Caffieri b s a faits non tels qu'ils étaient, mais tels qu'ils auraient du être.
Houdon ne s'est adressé qu'aux hommes de son temps; il n'a exprimé que ce cju'il a vu. Son chef-d'œuvre est le Voltaire du Théâtre- Français, à la fois portrait et statue aussi belle par l'altitude que par la physionomie. On oublie même le portrait pour ne voir
ART FRANÇAIS XVIIIe SIÈCLE