L'ART CHRÉTIEN PRIMITIF
Considérées au point de vue chronologique, les Catacombes embrassent une période de trois cents ans environ. Les plus anciennes remontent au ior siècle de notre ère; elles se rattachent à une princesse de la famille impériale, une nièce de l'empereur Domitien, Flavia Domitilla, qui, ainsi que son mari, Titus Flavius Clemens, consul et martyr, avait embrassé le christianisme.
A l'époque du triomphe du christianisme, l'habitude d'enterrer dans les Catacombes se perdit peu à peu et ce ne fut plus que d'une manière exceptionnelle qu'on les utilisa pour les inhumations.
Mais la vénération qu'on avait pour ces tombeaux, dans lesquels reposaient tant de victimes illustres, ne diminua pas. On embellit beaucoup de cryptes ; on en consolida d'autres; les pèlerins s'y rendaient en foule.
Toutes sortes de circonstances avaient amené les premiers chrétiens à simplifier l'art à l'excès : d'abord leur indifférence même pour les conquêtes de la civilisation païenne, pour ses pompes, son culte tout extérieur; en second lieu la nécessité de se servir d'un langage conventionnel, afin de ne pas exaspérer la fureur des persécuteurs. Leurs plus anciens symboles tiennent de l'écriture presque autant que de l'art. Ce sont de vrais hiéroglyphes : tels le monogramme du Christ, l'A ri l'Q, la colombe portant le rameau
d'olivier, les corbeilles remplies de pain, le poisson, l'ancre, le trident : tous signes qui se rapportaient à des personnages