PIERRE
basilique de Saint-Pierre, a Kome
SARCOPHAGE CHRÉTIEN ORNÉ DE SCÈNES DE l'aNCIE'N ET DU NOUVEAU TESTAMENT Moïse et le buisson ardent; Moïse frappant le rocher; Daniel dans la fosso aux lions; les Miracles du Christ (iv« siècle).
Cafarofnbclï do Rome.
PLAFOND n'i'N C. l'BIf.lTUM
Orphée charmant les animaux.
Les Sarcophages. — Il faul ranger, à la suite des peintures des Catacombes, les sculptui es des sa rr< i| ihaici-s iv au \ i' siècle . qui en continuent la tradition avec une persistance frappante. Ici encore le symbolisme règne en maille; ici encore l'Ancien ei |e .Nouveau Testament fournissent un thème inépuisable d'allusions.
Les sarcophages historiés, si populaires à Rome, à Ravenne, à Milan ei dans beaucoup d'autres cités italiennes, prirent également faveur en fiance. I.a ville d'Arles, à elle seule, possède aujourd'hui une cinquantaine de ces monolithes historiés, qui, rangés jadis le long de la promenade des Aliscampes (Champs-Elysées), lui donnaient l'aspect d'une autre voie Appienne.
figures d'ordinaire trop courtes, pieds et mains informes, têtes sans expression : voilà quelques-unes des lacunes les [dus sensibles. I.a corruption du goût éclate avec inliniment plus de force que dans la peinture. Ces sépultures, d'ailleurs, étaient souvent fabriquées d'avance, et parfois dans des ateliers où l'on travaillait indifféremment pour les païens et pour les chrétiens.
L'ARCHITECTURE
Mais voici que, soudainement, au déduit du iv siècle, le christianisme triomphe avec Constantin et s'impose comme religion d'Etal; désormais, si s sectateurs, loin de cacher les manifestations de leur foi au sein de la terre, dans les ténèbres des Calacombes, brûlent de les prodiguer en tous lieux, au grand jour, aux endroits le plus en vue.
Si les premiers lidèles avaient pu se passer d'art aussi longtemps qu'ils ne formaient qu'une minorité, l'Église, devenue victorieuse, fut obligée de faire des concessions aux instincts et aux goûts de la majorité, pour qui le culte du beau et les jouissances de la vue étaient un besoin vital. I)u coup, les idées et le style acquièrent l'autorité qui leur manquait : si l'exécution est moins châtiée que pendant la période classique, du moins, pour la richesse des matières premières, ainsi que pour l'effet général, les basiliques chrétiennes n'ont rien à envier aux temples du paganisme. Les idées de domination et de luxe ne tardent pas à se substituer à la simplicité, tout évangélique, de l'art des Calacombes.
Les architectes postérieurs à l'ère des persécutions altérèrent plus ou moins les proportions classiques : l'idée ne leur vint pas de rompre avec le principe même de ce style; ils conservèrent le système de colonnes ou de pilastres à bases, ;i chapi-
teaux et à entablements, aussi longtemps que leurs ouvriers furent en état d'en tailler (à leur défaut, ils les empruntèrent de toutes pièces à des édifices païens : la basilique de Paul-Émile, plus lard le mausolée d'Adrien, les thermes). Les voûtes en plein cintre et les autres facteurs de la construction romaine, ainsi que les principaux motifs d'ornementation, demeurèrent aussi en honneur. S'ils y ajoutèrent plusieurs inventions, nées, affirme-l-on, en Orient, les arcs surmontant les colonnes, la coup.de (mausolée de Sainte-Constance à Rome, basilique de Fausla à Milan, etc.), celles-ci ne tram lièrent pas trop brusquement sur le fonds ancien.
L'ère nouvelle, assurément, ne possédait plus la puissance d'organisation propre aux anciens maîtres du monde, cet esprit de discipline, celte ardeur, qui leur faisaient improviser, en peu de mois, des villes entières, avec leurs temples, leurs forums, leurs théâtres et amphithéâtres, leur- thermes, leurs tribunaux, leurs belles avenues ei leurs riches plantations tout cela n'est-il pas aussi une forme de l'art! . Néanmoins plus d'une capitale encore surgit, après le triomphe de l'Eglise, comme sous le
coup de baguette d'i magicienne: Constantinople, Ravenne,
les cités de l'Afrique, de la Syrie. Enfin, en regard des temples païen- déseï lés, l'Église éleva dos édifices imposants, somptueux, et dont le plan révèle au premier coup d'œil la destination : nous voulons parler des basiliqi es. avec leurs longues nefs, où peut se déployer, comme l'a excellemment dit M. Choisy, la pompe des processions, leur tribune où se dresse l'autel, leur chalcidique, qui deviendra le chœur.
Ce qu'il pouvait y avoir d'indigent dans les formes architecturales lut racheté par la somptuosité de la décoration. Ainsi qu'il arrive aux époques de décadence, la société d'alors, désespérant de rivaliser avec l'art classique pour la force de l'invention ou la noblesse du style, lit appel à la richesse des matières premières, afin de rétablir une sorte d'équilibre.
Pour qui n'a pas admiré, à Saint-Vital de Ravenne, à Saint- Marc de Venise, à la chapelle palatine de Païenne, à Sainte- Sophie de Conslantinople, la profusion des marbres précieux, des émaux multicolores scintillant sur la façade, enrichissant les portiques, les parois de la lo i. la tribune, les ambons, les tabernacles, le trône de l'évèque ou du pape, et jetant b uis feux jusque sur le candélabre pascal, il est difficile de se faire une idée du luxe de la coloration dans les édiliecs du lias-Empire.
A coté des basiliques surgissent les i;ap tistkhes, généralement
de forme circulais polygonale et [dus ou moins inspirées
des salles de bains ou des nymphées païennes. Les mausolées, surmontés de coupoles, sur tambour circulaire, sur plan carré ou sur un plan octogonal, méritent également une mention. Citons, à Rome, le mausolée de Sainte-Constance, le baptistère dit de Constantin, près du l.atran, l'église Saint-Élienne le Rond ; à Ravenne. le tombeau de l'Iacidie, les deux bapl islères, le mausolée de Théodoric, recouvert d'une calotte en pierre d'un seul morceau, ayant H) mètres de diamètre environ, et l'église