‹ Le musée d'artChapitre 53 sur 311 · COU BONNES VI SI GO TUES TROUVÉES A G C A II R A Z A H · texte numérisé non relu

COU BONNES VI SI GO TUES TROUVÉES A G C A II R A Z A H

Longtemps l'on i èviierie perpétue la tradition classique : les boucliers ou, plus exactement, 1rs plateaux d'argent (missorw) de Théodose, au musée de .Madrid, de Valentinien, au musée de

Genève, se distinguent par des agence uis plus ou moins

harmonieux et par des ligures d'un galbe assez pur. Il en est de même des coffrets (eapselUe) en argent ciselé ou repoussé (église Saint-Nazaire à Milan et musée du Vatican , celui-ci trouvé en Algérie).

Le moment vint pourtant où, sous l'influence toujours croissante de l'Orient, l'on préféra le poids de la matière première à l'élégance des contours ou à la finesse de la ciselure : on fondit alors des quadrupèdes, des volatiles, des monstres de toute sorte, aussi lourds que conventionnels.

LA PEINTURE

La vraie peinture chrétienne, et, nous sommes en droit de l'ajouter, la vraie peinture pour l'éternité, c'est la mosaïque (la mosaïque, composée, comme on sait, de cubes en marbre ou en verre n'omis par un ciment, forme un ensemble à peu près inaltérable). Du iv° au miic siècle, depuis le triomphe du christianisme jusqu'à la grande révolution provoquée dans les arts par Nicolas de Pise, qui retrouva le galbe cher à l'antiquité, et par Giotto, qui r il en honneur le culte de la nature,

c'est dans celte branche qu'il faut chercher l'expression la plus précise et la plus harmonieuse de la vie religieuse el politique, la forme la plus brillante de la pensée et du goût. Là se traduisent tour à tour, au sud et au nord, à Milan et à Venise, à Rome et à Ravenne, à Capoue, à Salerne, à Païenne, à Monreale, à Salonique, à i'.onstantinople, à Jérusalem, la piété profonde, les luttes, les conquêtes, les aspirations de siècles tourmentés et troublés, plus d'une fois envahis par les ténèbres, mais dont l'influence sur la genèse du monde moderne a été trop grande pour nous laisser indifférents.

Toute la fraîcheur d'inspiration, toute la grâce de l'antiquité, revivent dans les splendides pages décoratives qui s'appellent le

mausolée de Sainte-Constance (iv° siècle), le portique de Sainle- Vcnance (au baptistère de Constantin^, la basilique de Saint- André in Barbara, tous à Rome, le baptistère de Naples, le mausolée de Placidie et le baptistère des Orthodoxes, à Ravenne. La fantaisie s'y allie à l'édification : ce ne sont que rinceaux, semis de (leurs ou de feuilles, oiseaux au riche plumage; puis, de-ci dc-là, un emblème la croix, l'agneau pascal — qui rappelle au spectateur la sainteté du lieu. En ces sanctuaires l'art chrétien a laissé des modèles qui n'ont pas été surpassés : l'auguste assemblée réunie autour du Christ, dans la basilique de Sainte- Pudentienhe; [mis, à Ravenne, la procession des Vierges, dans la basilique de Saint-Apollinaire nouveau, le Christ siégeant en bon pasteur au milieu de ses brebis, ou saint Laurent courant au martyre, dans le mausolée de Placidie; enfin les scènes des Evangiles, exécutées sous Théodoric dans la basilique de Saint- Apollinaire nouveau, onl une simplicité et une éloquence véritablement évangéliques. Ce sont plus que d'éloquentes exhortations à la piété : ce sont des merveilles d'ordonnance, de fermeté, de richesse. Et quelles superbes lèles à caractère partout! Physionomies d'apôtres ou de saints graves, austères, parfois farouches, vrais héritiers des maîtres du monde. On croit entendre saint Paul, l'apolie des Coutils, s'écriant en se frappant la poitrine : « Je suis citoyen romain. »

Devant ces créations grandioses, il est impossible de nier que, dans la peinture du inoins, le christianisme n'ait réussi à dresser autel contre autel et à rivaliser, sauf la décadence irrémédiable de la forme, avec les fresques de Pompéi. C'est un devoir pour l'historien des arts de réagir contre le dédain dont tant de chefsd'œuvre ont trop longtemps pâli.

C'esl que, malgré la différence d'inspiration, cette période est encore toute pénétrée des traditions classiques soit dans la conception îles sujets, soil dans le style : les scènes sont sobres, le costume d'une extrême simplicité. Quant au modelé, loin de pécher par le fini, comme plus tard chez les Byzantins, il est large, peut-être parfois trop sommaire.

Jusque vers le vie siècle, Rome ef Ravenne s'étaient développées parallèlement; la première, représentant le stylé latin, f ail de raison, de clarté, d'ampleur; la seconde, plus subtile, plus morbide, se pénétrant de plus en plus d'influences orientales.

A partir du règne de Juslinien o-27-uti'i] Ravenne entre complètement dans l'orbite de l'Ecole byzantine. Aussi est-ce dans le chapitre suivant, consacré à celle école, que seront étudiées les décorations monumentales de la capitale de l'exarchat : Saint -Vital. Saint -Apollinaire nouveau. Saint-Apollinaire in Classe.

Pendanf celte période, la miniature, de son côté, s'attache 5 présenter en raccourci les traditions de l'Ancien Testàmenl el à en dégager le caractère épique. C'en est l'ail de la sobriété des scènes, de la placidité des attitudes, qui distinguent les [dus anciens manuscrits enluminés, tel que le Virgile de la Vatican e. Désormais on substitue le mouvement, l'agitation à la belle ordonnance dos modèles païens.

La guerre entre les Byzantins et les Colhs f'i'i'i el années suivantes) marque liés nettement, pour l'Italie, la limite entre la première période, à laquelle appartiennent les plus belles compositions de Rome, de Ravenne, do Nâples, de Milan, el la seconde, qui correspond à une irrémédiable décadence.

Rien de plus instructif à cel égard que la comparaison entre la mosaïque de l'église des Saints-Cosme el Damien à Rome (526-530), encore si grandiose, avec ses figures amples et graves, toutes empreintes de la grandeur antique, el les mosaïques des églises Saint - Laurent hors les Murs (o77-.'i90) ou Sainte-Agnès, près de la même capitale.

Bientôt ce fut à peine si les artistes surent encore reproduire, dans leurs lignes générales, les compositions qui avaient fait la gloire du l\e, du Ve el du vi° siècle. Le moment vint même où ils ne furent plus capables de faire lenir sur ses pieds une figure vue de face. N'importe : les efforts des grands papes du iv" au vie siècle onl eu pour résultat de provoquer une véritable renaissance.

Page 1