L'ART MÉROVINGIEN & L'ART CAROLINGIEN
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illives, venues les autres du pas apporté ail, quelque goùl ? N'ont- elles manifesté un tempéramenl qui fûl de nature à modifier l'idéal classique ? Des esprits portés au paradoxe nui soutenu que ce lui un bonheur toute tradition; une l'ois la tablé rase, d'improviser un arl nouveau! Kl puis le bois vert sur le bûcher expirant n'ali de plus belle ? Les plus mortes l'a dil Miclielet, 1rs meilleures,
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1rs pins proches de la résurrection ï La réponse no nous coûtera pas beaucoup de veilles. Supposons un cataclys [ui anéantisse 1rs grandes conquêtes de la science moderne, telles que les applications de la vapeur el de l'électricité, que resterait-il de notre civilisation ! Ce ne seraient! pas seulement 1rs invenlions scientifiques qui disparaîtraient : ce seraient aussi les secrets de l'art de guérir, l'organisation de l'assistance publique, tout ce qui soulage, console el élève la pauvre humanité.
Il semblait que le règne réparateur do Charlemagne dût rendre à l'art de la tenue el de l'éclat. Et, de fait, le grand empereur franc lui prodigua ses encouragements; mais la grossièreté et l'ignorance avaient trop progressé pour que l'effort d'un seul pût arrêter le courant. Ce fui une renaissance d'intention, non une renaissance de fait. Si 1rs lettres refleurirent un instant et encore la lumière vint-elle du Nord, des îles Britanniques, à peine effleurées par la conquête romaine), si Alcuin (originaire d'York pu! donner à son royal ami l'illusion que le siècle d'AugusIe étail revenu, par contre, dans le domaine de l'art, 1rs événements se précipitèrent, en dépit de l'initiative prise par le nouveau souverain ou par les papes.
L'architecture, la première, abdique.
Les tailleurs de pierre ne savent même plus façonner un pilastre ou une architrave. C'est aux anciens monuments de Ravenné que Charlemagne se voit forcé d'emprunter 1rs marbres destinés à son dôme d'Aix-la-Chapelle, édifice massif el sans caractère. Ce que furent les autres constructions élevées de ce côté des monls. on ne le sail guère que par le témoignage des historiens, car la presque totalité d'entre elles a disparu. Lu Italie, à Home, où plusieurs basiliques prennent naissance à la lin du vin0 et au débul du ix° siècle — Sainte-Cécile, Sainle-Praxède — l'ignorance n'est pas moindre : un y associe, comme au hasard, les fragments les plus disparates : des colonnes de dimensions et de modules inégaux, des chapiteaux appartenanl à des ordres différents.
Quant à la sculpture, elle n'existe plus que dr nom. A peine, de loin en loin, une lueur, et sculemenl dans les infiniment petits. Telle la statuette de Charlemagne, au musée Carnavalet", ouvrage lourd, mais non dépourvu de caractère; tri, au monastère irlandais de Saint-Call, en Suisse, le diptyque d'ivoire
l.a PEINTURE
compte à son actif quelques mosaïques et quelques miniatures. Mais ers mosaïques, incrustées dans les églises romaines dr Sainle-l'raxède, de la « Navicella », dr Sainte-Cécile, u nul plus pour elles qu'une solen-, nité froide et vide; tout sentiment de la nature, toute vivacité, toute expression en a disparu. Ce que furent les peintures exécutées en France ou en Allemagne, à Aix-la- Chapelle ou à Ingelheim, on l'ignore :
mi sail seulement qu anliquc, les Victoires
Musée Carnavalet.
CHARLEMAGNE Statuette en bronze.
Bibliothèque Nationale.
l'ÉVANGÉLISTE SAINT MATTHIEU Miniature carolingienne de L'Ëvangéliaire de Soissons,
Iles représentaient des scènes de l'histoire te Chnrlemagne, les Sept Arts libéraux, etc. Dans la miniature (Évangéliaires de Godescal, de Saint-Médard de Soissons, Bible de Charles le Chauve à la bibliothèque Nationale, Bible d'Ingobert, à Saint- Paul hors les Murs, près de Rome, etc.), on constate un effort sérieux. Si la gravité et la raideur oui remplacé le sentiment de la beauté et de la grâce, Imites les fois qu'il s'agil «le représenter la figure humaine, en échange certains motifs accessoires, tels les cerfs, cygnes, cigognes, faisans, coqs, perroquets, etc., représentés autour d'une fontaine mystique, offrenl dr la justesse el dr la
vivacité. Li s m ue nls aussi ont quel-
que chose d'ample el dr robuste, qui fait contraste avec les raffinements des manuscrits byzantins, non moins qu'avec la monotonie des manuscrits irlandais et anglo-saxons, où il n'y a place que pour d'inextricables enchevêtrements d'animaux fantastiques, de lanières ou rubans, de spirales.
Le ix° siècle marque la dernière rupture avec la civilisation et l'arl classiques. Jusque-là, les éléments antiques avaient dominé; désormais, après la longue torpeur qui régna sur l'Europe entière aux . environs de l'an mille, l'équilibre entre l'ancien et le nouveau monde est rompu; la balance penche du côté des races jeunes, à moitié barbares, qui, après s'être si longtemps exprimées dans la langue des Romains, ambitionnent de parler chacune sa langue maternelle. Nous avons affaire à une conception nouvelle des sujets, à un style différent, si l'on prut donner ce nom à ce qui ne lui au débul qu'ignorance dr toutes les règles.
Alors se brisa le dernier anneau dr la chaîne qui rattachait l'arl chrétien à l'arl d'Athènes et dr Rome. Par la suite, quelques esprils curieux purent bien encore regarder en arrière, s'inspirer dr loin en loin dr conceptions antiques, copier de-Gi de-lù un motif d'ajustement ou d'ornement. Pour la masse des fidèles, l'antiquité demeura dorénavant lettre morte el il ne fallut rien moins que le puissanl effort de Brunellesco ri dr Donatello, au xvc siècle, pour rétablir enfin le courant.
F. DLL MONTE.
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, siècle, Constantin
fonda Constantinoplesur les rives du Bosphore, la ville nouvelle qui s'éleva sur l'emplacementde l'antique Byzance étail admirablement faite pour devenir le centre d'un grand el original mou\ emenl d'art etdecivilisation. Née d'hier,
elle n'avail i M.
connue Home, un long passé de traditions séculaires; située aux extrêmes confins de l'Europe, aux portes de l'Asie,
elle pouvait recevoir sans peine les enseignements de ces vieilles civilisations orientales, dont la Perse sassanide avait recueilli et résumé en de saisissantes formules les audacieuses et savantes inventions; enrichie par la volonté de Constantin des plus illustres chefs-d'ui'uvre de l'art grec, elle était comme un musée incomparable où l'hellénisme revivait en ses modèles les plus parfaits. La magnifique floraison d'édifices dont le christianisme vainqueur couvrit le monde oriental, le caractère nouveau de splendeur et de pompe qu'imprima à ses manifestations la