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SAINTE-SO

Égliso du

PIIIE, A CONSTANTINOPLE

vi' siècle.

(1) Dès le temps des Achéménides, la l*or-o avait recueilli et appliqué les traditions des grandes civilisations ses voisines; elle. lit île mémo

dos (220-Gti \. Los' palais dcl-'irouz Abad et dcSarvislan (m' siècle) montrent, couronnant les salies colossales de liantes coupol. s ovales bâties sur pendentifs, el qui s'inspirent des leçons des anciens maîtres de la Mésopotamie; les monuments du vi1' et du vu' siècle (palais de Takhti-Khosrou à Ctésiphon, de Ma-M'a et de Rabbath-Hamman, ponts de Choustev et de Dizfoul) attestent les nêmes tendances, le même goil de l'énorme dans le plan et les proportions, les mêmes partis dans l'architecture, le même luxe un peu surchargé dans la décoration extérieure des bâtiments el la sculpture des ornements. Par les rapports étroits qu'elle entretenait avec le monde gréco-romain, la l'erse subit d'autres influences, qui se marquent en particulier dans les bas-reliefs colossaux de Nakch-i Uoustem (m" siècle), de Darab-Gcrd, près de Chiraz (m* et vi« siècle) et de Tak- i-Bostan, près de Kermancha (commencement du vir siècle t, et inversement elle exerça une actiDn considérable sur le monde helléno-l'omain et byzantin. I.e luxe de la cour de Ctésiphon, qu'attestent les vases et les coupes d argent ciselé qui datent de l'époque sassanide, les tapis el les soieries dont les historiens nous ont transmis le souvenir, frappa fortement l'imagination des empereurs romains d'Orient ; les méthodes des constructeurs perses, leur entente de la décoration agirent plus puissamment encore sur les architectes du iv", du V et du vi« siècle.

consacra et les fit véritablement propres de l'art byzanlin. Pour donner à cet ai l sa forme définitive, il a fallu, après une longue période de préparation, le génie des grands architectes que le vi° siècle cul la fortune de voir naître et les ressources inépuisables que mu a leur disposition l'ambition grandiose de Justinien.

Le règne de Justinien (527-o6o) marque l'époque décisive où l'ail byzantin Irouva sa formule définitive el du même coup atteignit son apogée. « A ce moment, dit très bien M. Choisy, l'évolulion est accomplie. Toutes les méthodes de construction se sont fixées, tous les types d'édifices se sont produits et tous se monlrent appliqués à la fois, sans exclusion, sans parti pris : le plan polygonal se renouvelle à Saint-Serge de Constantinople et à Saint-Vital de Havenne; le plan en basilique se retrouve à l'église ,1e la Mère-de-Dieu à Jérusalem; le plan en croix à cinq coupoles apparaît lors de la reconstruction de l'église des Saints- Apôtres; Sainte-Sophie de Salonique nous offre le type de ces églises à coupolè centrale, donl toutes celles de l'Athos et de la Grèce ne sont que des variantes » ; enfin Sainte-Sophie de Constantinople, bâtie de ''>'M à :>.i7 par Anthémius de Tralles el Isidore de Milet, apparaît, par l'originalité du plan, la prodigieuse légèreté de la structure, la savante habileté des combinaisons d'équilibre, « comme une des plus puissantes créations «le l'architecture, comme une merveille de stabilité el de hardiesse, de pureté des lignes el d'éclat des couleurs . Avec son énorme coupole de M mètres de diamètre, appuyée sur quatre grands arcs que portent quatre piliers colossaux, avec ses deux gigantesques demi-coupoles conlrebulaiit la coupole centrale, ses trois absides ouvertes dans l'hémicycle oriental et le double étage de ses bas côtés, la I. lande Enlise „ fut le type

classique de l'architecture byzantine et fixa un inc parable

modèle dont l'inlluence devait être prodigieuse. Jamais, comme on l'a remarqué, le génie de Home et celui de l'Orienl ne s'étaient associés en un plus surprenant et plus harmonieux ensemble; » jamais l'art ne s'était montré plus libre, plus varie'', plus fécond; jamais il n'avait fait preuve de plus de science dans la conception, déplus d'habileté et d'invention dans la solution des problèmes techniques. Les uionu uts de l'architecture civile, les

citernes colossales qu'édifia dans le sous-sol de la capitale la toute-puissante volonté de Justinien, attestent les mômes qualités, la même activité toujours en éveil, la même volonté incessante de se renouveler qui caractérisent les maîtres byzantins du VT siècle.

Et tandis que l'ingéniosité des architectes s'essayait ainsi eu de multiples combinaisons, le luxe de la décoration éclatait dans ces dentelles de pierre qui couvrenl les chapiteaux, dans celle magnifique

polychromie des

marbres qui tapisse les murailles, dans ces somptueuses orfèvreries qui enrichissentle sanctuaire, dans ces splendides étoffes qui parent l'autel ; il éclatait surtout dans ces

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