‹ Le musée d'artChapitre 6 sur 311 · LE SCRIBE · texte numérisé non relu

LE SCRIBE

dressent; des avenues de sphinx sillonnent de vastes plaines, si vastes que le voyageur, émerveillé, en retrouve encore les traces loin du périmètre des villes. Partout surgissent des temples, des forteresses, des arsenaux, des magasins pour recevoirl'impôt, de belles villas ; les hautes falaises de calcaire qui bordent le Nil se creusent pour abriter trente générations de morts, en luxueuses syringes où l'art le plus consommé nous révèle aujourd'hui, comme par enchantement, les merveilles de celte extraordinaire civilisation.

Le temple nous apparaît alors comme un édifice d'une extrême complexité. Les portiques et les vestibules érigés par les rois en souvenir de leurs victoires prennent des proportions telles que le sanctuaire n'est plus, au moins en apparence, qu'un accessoire. 11 disparait derrière ces superbes annexes, qu'un rite inflexible place toujours en avant des constructions plus anciennes.

Le type primitif, conservé plus ou moins intact jusqu'à la XVIII0 dynastie, fait donc place à un type nouveau que les Pharaons de la XIX'' dynastie prennent pour modèle. Il se compose d'un « témérios », auquel on accède par une route parée et bordée de sphinx, le « dromos », d'un nombre variable de portiques avec propylées, du « pronaos » ou salle hypostyle, et du » secos » ou sanctuaire. On peut encore se rendre compte de la beauté de ces édifices, dont quelques-uns atteignaient des proportions gigantesques, par les ruines du grand temple d'Amon ïhébain à Karnak Thèbes , du temple de Louxor, qu'une avenue de sphinx reliait au précédent, ou des temples d'Abydos. Citons également les deux temples-cavernes d'Abou-Simbel, dont l'un a sa façade ornée quatre statues colossales de Ramsès H, le roi qui les avait fait creuser.

L'architecture funéraire de celte époque est admirablement représentée par la nécropole thébaine, avec ses tombes ^ royales et ci-

viles. Des hiéroglyphes, finement gravi'' s, couvrent à profusion les c h a m p s où s'enlève, délicatement sculpté et peint d'un

Mus*?e du Louvre.

Page 1