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L'A HT BYZANTIN

xvie siècle, cette renaissance se prolongea par une longue suite d'oeuvres supérieures (Protaton de Karyès, réfectoire et église de Lavra, lli'12 et lS3o), auxquelles la tradition atlionite attache le nom d'un grand niailre inconnu, Manuel Pausélinos.

Toutefois si dans ces monuments l'inspiration est réelle encore, de plus en plus les traditions de l'iconographie s'imposent aux conceptions de l'artiste : c'est vers le milieu du xvi" siècle que se fixèrent définitivement les règles que le moine Denys devait codifier au commencement du xvm° siècle dans son fameux Manuel de la peinture. Il faut se garder pourtant de voir dans ce livre d'un praticien de décadence le bréviaire officiel de l'art byzantin : et de même on a eu tort de chercher dans les énormes cycles de fresques qui couvrent les églises de l'Athos les monuments d'après lesquels on peut juger cet art en son ensemble.

I.es plus anciennes peintures datées de la Sainte-Montagne ne remontent guère au delà du xVi" siècle : quelques mo-

Pbot. Giraudon

Cabinet des médaille».

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saïques seulement, quelques fresques en partie rest; :es peuvent prétendre à une origine plus ancienne.; la plupart sont d'un temps où l'art byzantin n'était plus que l'ombre de luimême. Et cependant telle fut la grandeur de cet art que jusque dans ces peintures allmniles <ui retrouve, sous la monotonie des sujets mécaniquement répétés, smis l'uniformité des règles trop minutieuses, quelque chose de I inspiration originale, des conceptions puissantes, du rare et singulier mérite de la grande école de peinture décorative que Byzance a créée.

Au cours de sa longue histoire, la monarchie byzantine a connu bien des renaissances imprévues et éclatantes, où, selon l'expression d'un chroniqueur, « l'empire, cette vieille femme, apparaît comme une jeune fille, parée d'or et de pierres précieuses u. L'art byzantin a connu la même succession de fortunes : ce n'est point, comme on l'a cru longtemps, un art mort-né, figé dès sa naissance en une hiératique et solennelle immobilité; c'est un art vivant, et, comme tout organisme vivant, il s'est transformé et a évolué de siècle en siècle.

U y a plus : cet art byzantin a été un moment « l'art régulateur de l'Europe »; seul au moyen âge, l'art gothique du xiiic et du xive siècle a été capable d'une si vaste et si féconde expansion. Du xie au xvie siècle, les architectes et les peintres russes ont conservé, comme un legs précieux, les idées religieuses, les thèmes iconographiques, le système de décoration, les procédés techniques de Byzance : fresques de Novgorod, de Néréditzi, de Pskof (xue siècle), peintures

des églises du Ladoga, de Vladimir, de Jaroslavl, de Moscou xvne siècle). Dans la péninsule des Balkans, en Serbie et en Bulgarie, chez les Boumains comme chez les Grecs, les monuments de l'architecture et le système de la décoration sont nettement marqués du caractère byzantin ; aujourd'hui encore, d'un bout

à l'autre de l'Orient orthodoxe, les traditions de l'iconographie byzantine inspirent toujours les compositions et guident la main des artistes. Les

plus beaux édifices de l'architecture turque, construits d'ailleurs par des artistes grecs, offrent avec les monuments de l'époque byzantine les plus évidenio analogies.

L'Italie du Sud, dont Byzance a l'ait une nouvelle Grande Grèce, a gardé jusqu'au

XIV* et au XV siècle la langue, la re-

Phot. Giraudon.

ES SAINTES F TOMBEAU ni!

Musée du I. ouvre.

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reliquaire en argent repoussé (xie siècle).

Couverture lie

ligion, les mœurs et les traditions

artistiques de Byzance. et le rayonnement que de là, comme de Venise, l'art byzantin exerça par toute la péninsule permet de croire que les plus anciens maîtres de la Toscane, un Cimabué, un Duccio, ont dû bien des enseignements à celle influence. Sans doute, de noire lemps, des amours-propres susceptibles ont tenté de nier cette dépendance, et sans doute il ne faut point exagérer cette influence, i.'arl gothique ne doit rien à l'art byzantin, inversement, l'art florentin, s il lui doit quelque chose, n'a été vraiment lui-même qu'après s'en être affranchi ; cependant personne ne peut plus contester ni l'originalité de cel art, ni son prodigieux rayonnement. Des saïques russes de Kiefaux mosaïques siciliennes do Païenne, des églises de Syrie et d'Arménie aux églises de Venise, il y a continuité d'inspiration, identité de traditions artistiques.

On a fort attaqué tour à tour et fort prôné l'art byzantin; quand on l'étudié de près, on voit qu'il eul ses heures d'éclal ci de décadence, que, connue toul art, il s'est modifié et transformé; mais tel qu'il fut, il a sans conteste tenu une place éminenle dans l'histoire générale de la civilisation au moyen âge.

CHARLES DIE H t..

u ao me nt d'une étoffe byzantine x" siècle.

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