NEF ET C DE L'ABBAYE DE
au système de stabilité ux el .b s plates-bandes oyé par les Crées el les
l'effet du hasard ; elle ne pouvait sortir que de causes profondes, d'une sorte de nécessité impérieuse 61 d'une suite de lâlonne? ments. La nécessité, en premier lieu, venait du souci pressant d'agrandir les dimensions .les églises sur leur plan basilical el de parer à l'instabilité de la voûte romane, à ses chutes répétées. A la poussée continue d'écarlement, il fallait substituer un organisme vivant el (lexible qui limitai les poussées, les canalisât, pour ainsi dire; on les reportant sur des points fixes, les neutralisât par d. s méthodes scientifiques et les adaptât étroitement au plan cruciforme de la basilique. Cet artifice extraordinaire, magique môme, n'était autre que la voûte d'arêtes, .n petits matériaux réguliers .de moellon taillé, appareillée sur uni' membrure indépendante el élastique appelée croisée d'ogives. 'foules les poussées de la voûte ainsi soutenue se trouvaient reportées sur les piles, c'est-à-dire sur des points fixes, mathématiquement déterminés, où l'arc-boularit, établi à l'extérieur, comme un étai de pierre, venait aisément lés saisir et les annihiler: de là. pour toute l'ossature de la construction, stabilité, légèreté, solidité. Comme conséquence indirecte, l'emploi de la voûte nervée devait entraîner l'emploi de Yarc brisé, et, par suite, la surélévation, l'amincissement des supports, l'allégement progressif de toutes les parties, l'élancemënt des baies, la diminution des pleins au profil des villes, la hardiesse de Imites les proportions, l'ascension presque indéfinie des lignes, l'audace quasi scientifique des méthodes.
En résumé, la réunion dans une môme construction dé ces trois éléments : voûtes. sur nervures, arcs brisés, contreforts en arcs-boulants, caractérise l'édifice gothique. A ces signes certains on reconnaît le style gothique', c'est-à-dire un système entièrement inédit dans l'arl de bâtir.
Longtemps l'opinion populaire crut que ces découvertes étaient dues à l'Allemagne et que le style gothique nous était venu d'outre-Rhin, du pays qui avail vu s'élever le plus grand des édifices gothiques, la cathédrale de Cologne. La science archéologique fondée par le mouvement d'idées de 1830 a peu à peu établi sur des données irréfutables, et les Allemands n'ont pas été des derniers à le reconnaître, l'origine française de la croisée d'ogives. La nervure est née au cœur du domaine royal, au sein de cette région essentiellement française, dans ce berceau de la pierre tendre qui s'étend sur le bassin de l'Oise, à cheval sur l'Aisne el la Seine, entre Noyon, Soissons, .Manies. Paris el Senlis, el qui comprend le Valois, le lîeauvaisis, le Vexin, le Parisis el un grand morceau du Soiss ais. Kt la fameuse cathédrale de Cologne, join
l'être un poinl de départ, n'est qu'un fruit de pleine maturité, un conglomérat éclectique des principales oeuvres françaises.
Mais, nous l'avons dil plus haut, celte transformation capitale des principes de stabilité dans la cou si ru cl ion des églises nes'esl pas l'aile en un jour. Les dernières investigations de la critique (consulter notamment : Louis Gonse, l'Art gothique; Ahthyme Saint Paul. Histoire monumentale île la France ; Kug. I.efèvre-P.m lalis, les Églises île transition du diocèse de Soissons); ne laissent aucun doute sur l'am ie des premiers essais et sur la lenteur des progrès apportés à la soluli lu problème.
Violb l le-l»uc n'avait pas osé faire remonter beaucoup au delà du milieu du xu" siècle les origines du style gothique. Il nous faut désormais aller délibérément jusqu'à la lin du mi" ou tout au moins jusqu'au commencement du xi". Les archéologues sont d'accord pour saluer dans la vénérable abside de l'église bénédictine de Morienval [Oise] le plus ancien essai actuellement
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LE STYLE GOTHIQUE
l'hot. Mon. hist.