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LE ROI RAMSÈS

le dégrossissage et toutes les phases par lesquelles passe l'exécution d'une figure. Ils ne donnaient que les proportions : pour agrandir, on Faisait, comme aujourd'hui, usage de la mise au carreau. Parce moyen, l'exécution d'un travail collectif se maintenait toujours a un certain niveau; mais, en même temps, le talent était contraint de s'exercer dans des limites fixées d'avance. Ainsi le 'iiul iil la croyance que l'art, d'origine divine et révélé aux hommes pour le Service des dieux, ne pourrait (pie déchoir en s'i'cii tant des règles traditionnelles.

Ce n'est pas que le talent, dans le sens moderne du mot, ait jamais manqué en Egypte, ni qu'un vif sentiment de la nature, soutenu par une

rveilleuse habileté manuelle, n'y ait produit des œuvres

vivantes; mais cet art spontané, populaire, réaliste, n'occupait qu'un rang subalterne. Ceux qui s'y distinguaient passaient pour d'excellents ouvriers, utiles à enrôler dans les équipes officielles. Bref, l'art hiératique était le grand art; tandis que les œuvres individuelles, nées d'un sentiment réel de la nature et remplissant la condition nécessaire sans laquelle l'art ne saurait exister, étaient assimilées à une industrie d'un ordre plus ou moins relevé.

A la première catégorie appartiennent les statues divines et royales, de toutes dimensions, mais surtout les figures colossales jouant un rôle décoratif dans l'architecture religieuse,

soit à l'état isolé, soit sous fori le

cariatides, les sphinx, les bas-reliefs ritualistes des temples. Rentrent dans la deuxième catégorie certains basreliel's, sortes d'annales sculptées ou d'épisodes n'ayant trait que de loin à la religion, quoique décorant certaines parties des temples; les scènes de la vie privée ornant les lombes civiles, les statues-portraits qui en proviennent, les ligures en hois, ivoire ou autre matière précieuse, servant de motifs décoratifs à des objets usuels : coffrets, cuillers de toilette, étuis, miroirs, etc.

La peinture, de- son côté, ne sut pas s'affranchir de la convention rigoureuse qui l'astreignit à n'être qu'un enduit et rest a ainsi réduite à sa plus simple et plus primitive expression :

la teinte plate. La seule recherche où l'on puisse constater une intention picturale est celle de la transparence .les tissus voilant la chair, principalement dans les portraits de l'époque thébaine; mais, là encore, il n'y a à constater que l'application constante d'un même procédé. Les couleurs étaient les produits minéraux du sol, pulvérisés et préparés à la colle. Toute l'habileté du peintre consistait d'abord à faire ces divers préparatifs, puis à étendre très exactement, dans les contours des objets dessinés ou gravés, les teintes traditionnelles. Ainsi l'ocre rouge servait h rendre le ton hâlé de la peau des hommes; l'ocre jaune, le ton plus pâle de l'épidémie féminin ou encore celui de certains peuples étrangers; le bleu lapis, la couleur de l'eau, du ciel, du fer; le vert malachite, les chairs cadavériques, la verdure des arbres. Il ne faudrait pas en conclure que la palette du peintre se réduisît à ces quelques couleurs, ni qu'on ignorât la technique des mélanges. Les monuments démontrent le contraire.

Phnt. GimiMlûn. Loiivr SARCOPHAGE A N r II KO PO I D E

brtti'h Muséum.

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