DE LA C AT II LU II AI. E DL BEAU VAIS
LE STYLE GOTlllQl E
scientifique el de ses découvertes, est revenu à elles comme à îles œuvres de raison, comme au symbole effectif de la patrie. Leur renommée, longtemps obscurcie, éclate plus brillante que jamais à. tous les yeux*
On entend souvent demander : Quelle est la plus belle des cathédrales gothiques? Il serait oiseux de répondre à cette question. Chacu le ces vastes créations a ses beautés propres, son
individualité, et 1rs préférences, en si complexé matière, sont affaire de goût el de tempéra ni. Paris el Reims ont la splendeur de leurs façades, leurs merveilleuses sculptures; Amiens et Bourges, leurs nefs sans pareilles, el Bourges encore, sa crypte unique : Chartres, ses vitraux, ses clochers, ses porches et l'extrême originalité de tous ses détails; Rouen, l'immense variété de ses dispositions accessoires ; le Mans, s ;hœur prodigieux; Coulâmes, l'unité de s<m jet et cette lanterne hardie que Vauban lui-même ne se lassait pas d'admirer. De tout cela, l'esprit peut composer la cathédrale idéale que ni le temps ni les ressources n'ont permis de réaliser intégrale ni.
Quoi qu'il en soit, ces cathédrales sont un cosmos qui nous donne une image définitive et complète du style gothique. Tout re qui vient après n'en est que le surabondant commentaire. L'arl gothique, h l'avènement de saint Louis, était Créé de toutes pièces;
son développement ultérieur n'est que la déduction logiqi i
quasi nécessaire du magistral organisme constitué par le génie des maîtres du commencement du xn° siècle. A la mort de Philippe Auguste, survenue en 1223, l'architecture gothique avait atteint son apogée, je veux dire un point de perfection qu'elle ne pouvait dépasser.
Malheureusement, les noms des grands maîtres d'œuvre de cette époque sont demeurés, eu majeure partie, ensevelis sous le voile de l'anonymat. Nous ig ons aussi bien le nom de l'auteur d'un chef-d'œuvre comme le clocher vieux de Chartres que celui de l'artiste supérieur qui a conçu et exécuté la façade de Notre-Dame de Paris, ou la crypte de Bourges, ou le chu'iir du Mans, ou la lanterne de C lutances. C'est par un hasard dont notre amour-propre national doit singulièrement se féliciter que nous connaissons celui de l'auteur sublime de la nef e1 du plan général de la cathédrale d'Amiens. Robert de Luzarches. Quant à Robert de Coucy, auquel on attribue sans preuves la cathédrale de Reims^ nous ne savons quelle pari réelle lui accorder dans la construction de ce célèbre édifice. Il en est de. même de Thomas de Cormont, à la cathédrale d'Amiens.
Saint Louis, durant les rares loisirs de son règne, fut également un grand bâtisseur ; il aimait passionnément, on le sait,
r. A MADELEINE, A TP.OYES