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Croquis do Hans Ilolbcin, lire d:* YKlofje de la Folie.
bonne chance, il s’est mis en route, en se dirigeant devant lui, un peu au hasard. Il a suivi docilement l’émigration de sa famille. Lorsque son père est venu s’établir à Isenheim, il ne comptait guère
1. Nous rappellerons, parmi les publications consacrées à Holbein, le beau livre Je M. Paul Mantz, llans Holbein, Paris (1879), et les éludes de M. Eugïnc Miinlz, Holbein d'après scs derniers historiens. Les ouvrages de la critique allemande sont fort nombreux : nous citerons le livre de M. Woltmann, Holbein und seine '/.cil (2‘ édition, revue et augmentée. Leipzig, 1876). Mentionnons encore : Leithaüser, Hans Ilolbcin d. .1. in seincm Verliæltnissc zur Antike und zum Humanisants (Hambourg, 1886) ; — 11 is, Dessins d'ornements de llans Ilolbcin (Paris, 188Cj; — Ilis, Fac-similé en photogravure des dessins originaux appartenant au Musée de Utile et au British Muséum, aux Musées du Louvre et de Berlin et à diverses collections privées (Paris, 1887) ; — Liebenau, Hans Ilolbcin des J. Frcsken am Hertcnstein-Hause in Luzern (Lucerne, 1888); — llayersdorfer, Der Holbein-Streit (Munich, 1872); — Vogelin, Lier Holbein-Tisch auf der Bibliothek in Zurich (Vienne, 1878'.
plus de dix-sept ans. Son frère aîné, Ambrosius, dont le Musée de Bâle possède quelques tableaux cl quelques dessins, cherchait lui aussi fortune dans la ville des imprimeurs et des libraires1. Il offrait aux éditeurs des compositions destinées à être gravées. Pendant que llolbein le père avait son travail assuré à l’abbaye des Antonites, les siens s’éloignaient, en ayant l’espoir de rencontrer bientôt des éléments de succès.
Un autre membre de la famille, Sigismund, frère de llolbein le père, artiste assez médiocre, semble-t-il, avait aussi quitté Augsbourg, pour se lixer au centre de la Suisse. Il a vécu à Berne, et l’on
LA FOLIE DESCENDANT DE SA CHAIRE Croquis Ho Hans Holhcin, lin' de 1* Eloge fie la Folie.
peut voir un de ses tableaux au Musée de Fribourg. On remarquera qu’il y avait là une sorte d’expatriation en commun. Sigismund llolbein acquit quelque fortune, qui revint à sa mort aux enfants de son illustre neveu : llolbein le père nous a laissé un portrait de lui, conservé au Cabinet des estampes de Berlin.
Hans llolbein se fait bientôt connaître, grâce à sa précocité extraordinaire. Nous trouvons, au Musée de Bâle, une Vierge tenant l'Enfant Jeans; cette petite peinture, qui porte la date de loi i, récemment exposée et provenant des environs de Constance, aurait été peinte en venant d Augsbourg, et lorsqu’il se trouvait en voyage. En 1515, c’est-à-dire peu de temps après son arrivée à Bâle, il décore tic peintures burlesques, de motifs divers, une table qui appartient
t. A Bâle, Ambrosius Holbein est représenté par plusieurs portraits, d’un faire un peu léger, et par un sujet religieux. Un autre portrait, peint par lui, se trouve à Saint-Pétersbourg; c'est un Portrait de jeune homme, daté de fàl8, dont l’esquisse appartient au Musée de Râle.
à la bibliothèque de Zurich. Il peint ensuite une enseigne pour un maître d’école; il y retrace deux scènes, rapidement coloriées, exécutées sur le devant et le revers d'un panneau, que possèdele Musée, et qui ne sont point indignes d’intérêt, comme représentations delà vie réelle.
Notre artiste est prêt à toucher à tous les sujets. On assure qu’il a fréquenté l’atelier d’un peintre bâlois, assez en renom à ce moment, Hans Ilerbstcr ; il a exécuté d’après celui-ci un portrait, qu’il avait emporté on Angleterre, et qu’on retrouve dans la collection de lord Northbrook L Quelle est l’influcnccque cet artiste peut avoir exercée au juste sur Holbein, à l’époque où il travaillait à Bâle? Le frère de ce grand maître, Ambrosius.a, suivant Woltmann, reçu les leçons de llerbster, qui était originaire île l’Alsace ; il avait trouvé l’aisance et la considération dans sa nouvelle patrie : sa fille épousa le célèbre médecin Zwinger ; son fils, imprimeur et professeur, se fit connaître sous le nom d’Oporinus. Après avoir vécu dans sa jeunesse comme un parfait Suisse de ce temps-là, et avoir pris part à la campagne de Ravie, on qualité de capitaine dans le contingent bâlois, llerbster s’était mis en avant comme partisan de la Réforme. 11 termina sa longue carrière à Râle, à l’âge de »S2 ans2.
Le portrait de cet artiste, peint par Holbein, est daté de 151b, Pendant la période qui suit, Holbein sort de Râle ; il va peindre à Lucerne les fresques de la maison Hertenstcin ; son père aurait fait, dit-on, l’esquisse d’une de ces peintures. Ce séjour à Lucerne a laissé des traces dans l’œuvre de Holbein le fils; on retrouve un croquis de cette ville dans le fond d’une composition religieuse appartenant au Musée.
Holbein fut admis dans la corporation des peintres bâlois, en 1519. On a supposé, non sans raison, que tout en se trouvant occupé à des travaux différents, il aurait eu l’occasion, pendant cette époque de débuts féconds, de visiter l’Italie du Nord. Il aurait sans doute poursuivi sa route, en partant de Lucerne, jusqu’à Lugano, où il aurait vu les peintures de Luini, dans l’église Santa-Maria. Nous ignorons ensuite quelles ont été les étapes de l’artiste, mais on a remarqué que la Sainte Cène du Musée de Râle présente de notables réminiscences de la même composition qui fut peinte par Luini ; les souvenirs italiens, si fréquents dans l’œuvre de Holbein, ceux de
1. Berthold Haendcke, Die schweizerische Malerei, p. 9 et suiv. Voyez aussi, sur ce peintre, Daniel Burckhardt, Die Schulc Martin Schongauers am Oberrhein.