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TROIS ÉTUDES DE MADONE

Dessin à la pointe d'argent, relevé de blanc, sur papier vert. École de la Haute-Allemagne.

(Musée de Bâle.)

neau, qui porte une inscription mortuaire, avec la date de 1309. Nous apercevons la même influence dans quatre ligures de saintes qui formaient autrefois un ensemble : on suppose que ces peintures, d’une touche assez ferme, seraient les œuvres d’un artiste auquel on doit un tableau conservé dans une collection privée de Bàle, et connu sous le nom de Triptyque votif du bourgmestre Peter Bot. Les colorations de l'école de Schongauer, le caractère de ses types, se retrouvent dans quelques autres peintures anonymes. Cette école, tout en ayant son charme et parfois son élégance, conserve une simplicité sévère d’allures. Les saints et les saintes sont debout presque hiératiquement, attendant la prière et la vénération des fidèles. Nous remarquerons leur attitude uniforme, leur figure arrondie et

comme bulbeuse, leurs mains tombantes aux doigts effilés. Les artistes qui ont retracé ces personnages religieux, ne visaient point à produire une impression dramatique, souvent étrangère à leur sujet, comme le feront plus tard d'autres maîtres, influencés par la souplesse d’arrangement et les habiletés de pratique de l’art italien.

Les peintres qui se pénétraient de la manière et des idées de Schongauer furent assez nombreux dans la Suisse du Nord et dans la Suisse centrale. A Bàlc même, les fresques de la sacristie de l'église Saint-Pierre et celles de la chapelle Saint-Ulrich indiquent l’imitation du maître. Aux environs de la ville, l’église du village de Muttenz a été ornée d’une décoration murale, qui témoigne des mêmes réminiscences.

Parmi les peintres qui se sont rangés sous la bannière de Schongauer, il en est quelques-uns qui ne sont point représentés au Musée de Bâle. Tel est le Maître à l’œillet, qui travailla à Berne, et qu’il faut étudier au Musée de cette ville. M. Berthold Ilaendckc, dans son Histoire de la Peinture suisse au xvie siècle, nous a décrit assez longuement ses œuvres1. On retrouve au Musée de Bâle d’autres artistes, plus libres d’esprit, qui eurent leur importance et jouèrent un rôle personnel. Hans Friess, de Fribourg, subit aussi, par certains côtés, l’ascendant du maître de Colmar, tout en obéissant à une autre impulsion, qui lui venait de L école d’Augsbourg et d’Albert Diirer. Martin Schongauer attirait à lui des artistes de tout genre : des décorateurs eux-mêmes, des peintres verriers, ont adopté son style et ses types.

Nous voulons noter avec soin, avant de nous éloigner d’une période primitive, les tendances diverses, les directions opposées que nous révèlent certaines productions tout à fait anciennes. En nous attachant aux dessins du Musée, nous rencontrons des œuvres de quelques artistes demeurés énigmatiques, et qui sont, ajuste titre, considérés aujourd’hui commodes initiateurs. Voici le maître au monogramme E. S., très rude, très inégal, comme le montre sa Trinité entourée d'anges en prières: c’est un graveur remarquable, au burin énergique, qui a travaillé en Alsace et qu’on pourrait croire originaire de Turckheim, ou tout au moins bourgeois de cette ville, d’après une inscription placée sur un de ses dessins. U ne de ses suites, Ars moriendi, est particulièrement indicative, et l'on peut y retrouver,

t. V. Dr Berthold Itaendcke : Die Schwcizerische Malerei im A V/. Jahrhundert. Aarau, Sauerlander und G0, 1893.

d’une façon générale, la manière, les procédés qui caractérisent les Danses des Morts peintes à Bâle1.

Un autre maître, dont le nom est demeuré inconnu, et qui semble un aïeul de Callot, a représenté une scène grotesque, un Couple de paysans dansant. N’y a-t-il pas, dans cette composition, comme une influence néerlandaise? On aurait envie de croire que cet artiste n’est qu’à moitié allemand. Un graveur, que Sandrart a appelé Bartholomæus Schœn, et qui signait d’un monogramme, a traité, au xve siècle,

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