‹ Le Musée de BaleChapitre 6 sur 14 · LA VIEHGE TENANT L’ENFANT JÉSUS · texte numérisé non relu

LA VIEHGE TENANT L’ENFANT JÉSUS

Dessin à la plume de Hans Leu. (Muslc de Bâle.)

Jérôme , publiée par Kessler et qui parut en 1 4-92; il croit, en outre, qu’on peut lui attribuer une suite d’illustrations pour quelques livres de fantaisie du temps, le Chevalier de La Tour et la Nef des fols , et enfin pour une édition des Comédies de Térence. Ce dernier ouvrage était publié sous la direction du savant Sébastian Brant, un peu dessinateur lui-même, et qui aurait préparé pour Durer certains sujets, en lui donnant, à l’aide de quelques traits, de hâtives indications.

M. Burckhardt pense encore que le maître a peint à Bâle son propre portrait, celui où il s’est représenté jeune homme; ce portrait, daté de 1493, appartient aujourd’hui à M. Eugène Félix, à Leipzig. Le conservateur du Musée de Bâle nous offre, dans son volume, la reproduction du bois exécuté pour les Lettres de saint Jérôme; cette précieuse relique où est représenté le saint dans sa cellule, porte au revers la signature : Albrecht Durer von Nôrmergk 1 .

D’autres documents, qui se rattachent à ce séjour, ont été publiés par M. Daniel Burckhardt dans une brochure postérieure, où il a suivi attentivement les rapports de Martin Schongauer et de ses frères avec la ville de Bàlc2.

La vie de l’orfèvre Schongauer a été élucidée; nous savons qu'il se trouvait dans une situation aisée, et qu’il possédait la maison : A la Danse , dont 1 loi hein devait décorer la façade quelques années plus tard. Il habita Bâle jusqu’en 1491 et se retira à Strasbourg. Les historiens de Durer avaient parlé, d’après l’inventaire Imliof, dedeux tableaux peints en 1494, et représentant « un vieil homme et sa femme ». On avait cru que Durer les avait exécutés pendant un séjour à Strasbourg; il est avéré aujourd’hui que les portraits désignés dans cet inventaire sont ceux de Georg Schongauer et de sa femme Apollonia. Le jeune artiste les aurait peints, comme un témoignage de sa gratitude, avant de s’éloigner de la ville où il avait été si bien accueilli.

On sait que Dürer avait conservé des relations amicales avec l’imprimeur Amerbach, un de ceux pour lesquels il avait travaillé. Il s’est informé, dans une lettre datée de 1507, de sa santé et de celle de sa femme. M. Charles Ephrussi a supposé que Dürer revint en 1515, non loin de Bàle. Le maître ne s’est point fait inscrire dans une corporation d’artistes bàlois, et l’on ne peut relever son nom dans les archives locales : rien n’empêche, toutefois, de croire qu’il a revu la ville où il avait vécu et où il retrouvait des amis qui pouvaient lui être utiles.

1. Nôrmergk pour Nuremberg, c’était l’orthographe de ce temps pour le nom de la ville natale de Dürer. Cette orthographe n’avait, d’ailleurs, rien de fixe et elle a varié dans les autographes du maître.

2. Martin Schongauer und seine Driider in ihren Beziehungen zu Base/. Extrait du Jahrbuch der U. preuss. Kunstsammlungcn, 1893. M. Burckhardt attribue à Martin Schongauer une petite figure emblématique et héraldique du Livre Matricule de l’Université, peinte pour L. Odertzheim, à propos de son rectorat. Cette figure, reproduite en tête de l’étude que nous signalons, rappelle, suivant M. Burckhardt, un des types de la série, les Vierges sages et les Vierges folles.

Malgré son séjour à Bàle, malgré scs rapports avec quelques-uns

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