‹ Le musée de la Comédie-française, 1680-1905Chapitre 16 sur 145 · Op. cit., p · texte numérisé non relu

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grand mérite, mais ennuyeux comme tous les « pères nobles », si Ton en juge par l'expression larmoyante que lui ont prêtée les peintures de Ducis, les gravures de J.-J. Avril, de Janinet, etc.; — par Bellecour aussi, par Bellecour le rieur, qu'on avait été chercher à Bordeaux pour faire échec à Lekain lors de ses débuts, et dont les souvenirs du temps permettent d'évoquer la taille avantageuse et la figure distinguée, mieux que ne le sauraient faire les portraits qu'on a de lui : gouaches de Fesch et Whirsker à la Comédie-Française ! , ou d'Eisen, au musée Carnavalet; — par M™ 6 Bellecour enfin, dont les succès au Théâtre-Français avaient été précédés, comme jadis ceux de la Duclos et de la Clairon, d'un essai malheureux à l'Opéra : est-ce pour nous en faire souvenir qu'un peintre inconnu l'a représentée jouant de la harpe, dans ce tableau de la Comédie-Française, au bas duquel on s'attend à lire ce que Clément écrivait d'elle, dans ses Nouvelles littéraires : « De petits yeux ronds, un nez quarré, une lèvre relevée et une mine charmante : voilà ce qui fait les grandes passions » * ?

Cette restauration du costume théâtral marchait alors de pair avec toute une série de réformes apportées au système traditionnel de la mise en scène : La Noue, un auteur-acteur, dont le visage de singe n'a pas dû inspirer beaucoup de peintres, venait de s'aviser, le premier, de noter sur les livrets les indications relatives à la place des acteurs sur le théâtre 5 ; grâce à une campagne active de Voltaire et de Lekain, et aussi grâce à la générosité du comte de Lauroguais, la scène allait être débarrassée des spectateurs qui l'encombraient (1759)*; un appareil plus imposant s'introduisait dans la décoration, une variété plus personnelle dans le jeu, et l'on devait bientôt voir Lekain, dans Se'miramis, sorlir du tombeau de Ninus, les cheveux hérissés, les yeux hagards et « les bras pas mal ensanglantés ».

De loin, Voltaire applaudissait aux audaces de son « grand acteur » et îi ses succès : il l'avait découvert et conseillé, aux environs de 1749, alors qu'il

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