‹ Le musée de la Comédie-française, 1680-1905Chapitre 7 sur 145 · MA MIC DE SMARES · texte numérisé non relu

MA MIC DE SMARES

CHAMPMESLfc

devine sous une draperie de pourpre, et le bâton de commandement qu'il tient à la main, Molière a, dit Larroumet, « cette expression solennelle que prennent les comédiens dans les rôles de ce genre, et qu'il leur est bien difficile de ne pas exagérer un peu 1 ».

La peinture peut être une des belles œuvres de l'artiste, le rôle ne fut point une des meilleures créations du comédien. Aussi faut-il lire, devant ce portrait qui devait flatter à un si haut point l'amour-propre du modèle, le passage de flmpromptu de V Hôtel de Condé, où Montfleury le fils caractérise avec une si amusante justesse de touche les ridicules de Molière tragédien ; il le compare aux héros de romans peints sur les tapisseries et raille

... le nez au vent, Les pieds en paren taises et Tépaule en avant; La perruque qui suit le côté qu'il avance, Plus pleine de lauriers qu'un jambon de Mayence; La tête sur le dos, comme un mulet chargé; Les yeux fort égarés... *

Mignard et Montfleury avaient choisi le même modèle : le premier fit un portrait, l'autre une charge ; mais quand elle arrive à ce point de vérité, la charge n'est-elle pas un argument de plus en faveur de la ressemblance du portrait ? Ainsi Molière-César prend place entre Mol i ère- Sgana relie et Molièrc- Arnolphe, complétant à souhait la triple physionomie de l'acteur, puisque c'est à un artiste populaire que l'on doit l'image de l'acteur populaire, tandis que le portraitiste attitré des élégances pompeuses du grand siècle s'est chargé de nous transmettre cette figure de héros apprêté qu'est un empereur de tragédie.

Les trois œuvres n'ont qu'un trait commun : elles nous révèlent que Molière n'était pas beau, et c'est pourquoi, sans doute, elles n'eurent jamais

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