‹ Le musée de la Comédie-française, 1680-1905Chapitre 8 sur 145 · Larroumet, Op. cit., p · texte numérisé non relu

Larroumet, Op. cit., p

2. L'Impromptu de L'Hostel de Conde', comédie en un acte en vers représentée à l'Hôtel de Bourgogne, en 1663. V. Œuvres de M. Montfleury (Paris, David, 1705, in-8°), t. II, p. 337.

Montfleury ne fut pas le seul, d'ailleurs, à railler le portrait de Molière, et voici comment s'exprimera Chamfort, au début de son Eloge de Molib % e, couronné par l'Académie en 1769 : « Je ne cacherai pas la simplicité de mon sujet sous l'emphase du panégyrique, et je n'imiterai pas les Comédiens-Français qui ont fait peindre Molière sous les habits d'Auguste ». A quoi Kréron répondit que cette « ridicule vanité d'avoir fait peindre Molière sous l'habit d'Auguste » ne devait pas être attribuée aux comédiens, mais à Molière lui-même. (Cité dans le Catalogue de G. Monval, p. 7".)

32 LE MUSÉK DE LA COMÉDIE-FK ANÇAISE

de véritable popularité. .\ mesure qu'on avance dans le xvm c siècle, on les oublie; on oublie de même le portrait de Molière âgé, aujourd'hui conservé à Chantilly et attribué à Mignard par les uns, h Sébastien Bourdon par les autres; on oublie aussi la gravure de Nolin d'après ce portrait, et la gravure d'Àudran, datée de 1705 : il y a trop de vérité dans tout cela, et déjà Ion aime à voir Molière « en beauté », à la façon de Coypel, dont le tableau fut vite popularisé par les estampes de Lépicié et de Ficquet; à la façon d'Antoine Houdon, surtout, qui donna, en 1778, cette admirable idéalisation de Molière que tous nous avons présente à la mémoire, sans pouvoir définir ni quand ni comment elle s'y est ainsi profondément gravée. Il s'agit bien, dès lors, de la laideur de Molière ! Par la toute-puissance d'un ciseau de génie, la légende triomphe de l'histoire : Molière est un jeune dieu, mélancolique et doux, et tous les commentaires des érudits, toute la force des documents, toute la vérité des portraits de théâtre resteront lettres mortes devant ce buste qu'on a si éloquemment baplisé « le Molière de la postérité ».

Il s'en faut, par malheur, que les acteurs de la troupe aient été aussi bien partagés que leur chef! Si l'on parcourt la liste de ceux qui se groupèrent autour de Molière quand il se fixa définitivement à Paris, en 1658, pour donner, sur le théâtre du Petit-Bourbon, des représentations alternées avec les Italiens; si l'on interroge les noms de ceux qui le suivirent au Palais-Royal, après la démolition du Petit- Bourbon, en 4 661, combien sont rares les comédiens, et plus encore les comédiennes, dont on peut montrer aujourd'hui les porlraits authentiques 1 !

l. Il est bien entendu que l'on négligera toutes les peintures et dessins sortis du trop fameux cabinet de Solcirol, ce brave commandant du génie qui avait réuni 129 peintures et dessins et 3*i gravures sur Molière et sa troupe. La vente de cette collection fut un désastre : les portraits montèrent de 7 à 10 francs, et certains ne trouvèrent pas amateurs !

Voir à ce propos une note de Mahérault. en tête de l'Iconographie moliéresque, de F. Lacroix (Nice, 1872, in-16), et un amusant chapitre de Victor Fournel, le Culte de Molière, Bibliographie et iconographie moliéresques, dans son ouvrage intitulé : De Malherbe à Dossuet (Faris, Firmin- Didot, 1885, in-18), p. 111.

On ne consultera pas non plus sans prudence les Comédiennes de Molière (Faris. Dentu, 1879, in-8°) et le Molière, sa femme et sa fille (Paris, Dentu, 1880, in-fol.), d'Arsène Houssaye.

Dans le premier de ces ouvrages, l'auteur raconte qu'on lui offrit un jour, pour 1.000 francs, 500 dessins datant du xvu e siècle et de la Régence, et représentant « toute la troupe de Molière, tout l'Opéra de Lulli, tout le Théâtre-Français, toute la Comédie-Italienne »». De plus, « une femme du monde qui ne veut pas être nommée » lui donna huit portraits qu'elle suppose venir de la fille de Molière : celte dame, en effet, habitait, près de Saint-Germain, un petit

11 est perdu, ce portrait d'Armande lïéjart par Miguard, « qu'on ne regardoit point sans surprise et sans admiration », au dire de l'abbé de Monville, le biographe du peintre. Kl pourtant quel ne serait pas notre désir de pouvoir interroger le visage de M"' Molière! Combien nous prendrions plaisir à comparer avec la peinture de Miguard le joli croquis de Lucilc que fuit Cléonte dans le Bourgeois gentilhomme! Comme nous l'étudierions avec amour, la Célimène pur excellence, sans beauté, nous disent les contemporains, mais experte comme pas une autre en l'art de plaire, sachant se coiffer et se parer à ravir, et mettant dans sa façon de se vêtir une fantaisie personnelle qui lui permettait d'imposer lu mode aux nobles dames de son temps!

Pas de portrait de la « grande coquette » et pas de portrait, non plus, du « jeune premier » qui lui donnait la réplique. Queldommage ! C'est une figure si séduisante à tous

égards, que celle de ce Charles . ii„,. no MOLIÈRE

Varlet de La Grange, entré Bus , mar i jro

chez Molière en 1659, et de- rcm^die-Francn:»,.

meure, jusqu'à sa mort, fidèle

à la maison de ses débuts; soutenant sans une faiblesse, pendant trentedeux ans de théâtre, tous les rôles d'amoureux écrits pour lui, depuis Lélie du DêpU amoureux, jusqu'à Clitandre des Femmes savantes; à la

c le mobilier vendu à la mort de M. de

fois parfait acteur, administrateur incomparable, orateur de la troupe plein d'à-propos et de sang-froid, excellent mari, homme d'intérieur exemplaire. Son portrait, aujourd'hui perdu, existait encore en 1786, chez une de ses descendantes, qui possédait aussi celui de M lle La Grange (Marie Ragueneau de l'Estang), celui du frère de Facteur, Charles Varlet de Verneuil, et celui de sa belle-sœur, Marie Vallée, actrice de l'Hôtel de Bourgogne 1 .

Et les frères Béjart, du Parc, du Croisy, de Brie? Et M 11 " de Brie, du Croisy et du Parc? Où trouver un souvenir de leurs visages? Pas même une gravure ne nous les a transmis... Seuls, Brécourt et Jodelet nous sont parvenus : aussi bien le premier n'était-il plus chez Molière et le second n'y était-il pas encore, quand leurs portraits furent exécutés.

Avant de venir couronner sa carrière et terminer sa vie par un passage d'une année dans la troupe de Molière, en 1659-1660, Julien Bedeau, dit Jodelet, avait fait la joie des spectateurs du Marais et de l'Hôtel de Bourgogne. Ce « fariné » malicieux, qui ne se montrait pas spirituel seulement sur les planches, mais dont les réparties faisaient fureur à la ville — si Ton en juge par certaines Historiettes de ïallemant des Réaux, — était, dit Mariette, « amy particulier » de Charles Le Brun et du graveur Gilles Rousselet, qui se trouvaient ensemble à la Comédie".

Dans ses moments de loisir, le peintre de la galerie d'Apollon et de l'escalier des Ambassadeurs s'était plus d'une fois amusé à dessiner ses acteurs favoris, parmi lesquels son ami Jodelet, et le graveur Rousselet nous a heureusement conservé le souvenir de ces œuvres aujourd'hui perdues. Sur l'une d'elles, on voit Jodelet grimé et costumé, tenant son bonnet de la main droite, descendre précipitamment l'escalier d'un théâtre enveloppé par les flammes, en se retournant du côté de l'incendie. L'estampe,

1. Ges portraits sont signalés dans une lettre du procureur Pucelle, en date du 29 juillet 1186, comme appartenant à M me Varlet, une descendante des comédiens. Voir à ce propos un article de G. Mon val dans le Moliérisle d'avril 1885.

Faute de mieux, Larroumet indique, comme portraits de La Grange, les gravures de l'édition originale de V École des Maris (1662) et celles du Don Juan, dans l'édition collective de 1682.

2. Mariette (Âbecedario, t. V, 58-59), à propos du graveur Gilles Rousselet et de son œuvre, énumère les portraits des comédiens gravés d'après Grégoire Huret (Gaultier Garguille, Turlupin, Gros-Guillaume, le capiton Matamore, Lépy, Michau, Boni face, Philippin et Alison), et d'après Le Brun (Jodelet, Brighelle et Trivelin, Polichinelle et Pantalon, Paphetin).

Voir aussi Charles Le Brun et les arts sous Louis XIV, par H. Jouin (Paris, Imp. nationale, 1889, in-folio;, p. 527.

intitulée Jodelet esckapé des flammes, est accompagnée de quelques vers, dans lesquels le comédien demande assistance, puisque, dit-il,

Tous mes biens sont perdus avec noslre Iripot.

allusion sans doute à l'incendie qui détruisit le jeu de paume du Marais, le 15 janvier 1644'.

Entré au Marais en 1610 et passé en 1634 à l'Hôtel de Bourgogne, Jodelet était revenu au théâtre de ses débuts avant 1642, date où il créa le rôle de Cliton dans le Menteur de Corneille. Une des gravures les plus connues d'Abraham Bosse le représente dans ce personnage; drapé dans un manteau dont le capuchon, rabattu sur le front, lui encadre le visage, Cliton se campe, l'air malicieux, tenant une bourse dans sa main droite :

c'est la bourse qu'il offre à Sabine et la persuade d'accepter, malgré qu'elle en ail. « Cette pluie est Fort douce », dit-il...

Une autre fois, Le Brun fixa les traits du farceur « masqué et démasqué », et Rousselet, cette fois encore, perpétua l'œuvre que son burin traduisait : il nous a montré, de Jodelet, les cheveux courts, le vaste front bombé, les yeux bridés, les rides profondes des joues et du front, qui donnent à sa physionomie quelque chose de tendu et de

i. Le seul incendie de théâtre sur lequel nous ayons des détails, au xvn* siècle, est celui du jeu de paume du Marais.- Le vendredi' 1 S Janvier lfiii. dil Olivier Leffcvre d'Ormessrm, dans son Journal {t. I, p. 138:. sur les neul a dix heures, le Jeu de Paume du Marais, m'i jouaient les Petits Comédiens, fut tout bruslé, etc. »

JODELET m.

tSOtlt Bt DÈ1

ivure de Roussel

et, d'après Cl»r

(Cabine

. des Estampes).

forcé, et son nez long et relevé, son « nez de blaireau », comme disait Scarron, ce nez célèbre, dont il était question dans toutes les pièces où paraissait l'acteur et qui donnait h sa voix des sonorités si extraordinaires; et tout auprès, à travers un rideau qui s'entrouvre, il nous a fait apercevoir le second visage de Jodelet, le portrait de théâtre du joyeux « fariné », dont la seule apparition soulevait les rires. Contraste significatif et .d'autant plus curieux à signaler que de tels rapprochements sont rares à cette époque.

Pour mémoire seulement, on citera aussi le portrait de Brécourt, Comédien-auteur, fiuillaume Marcoureau de Brécourt faisait partie depuis deux ans de la troupe du Palais-Royal, quand il passa à l'Hôtel de Bourgogne, en 16tii, pour y faire jouer sa Noce de village que Molière avait refusée : c'est précisément au frontispice d'une édition de cette pièce qu'un des Le Pautre a représenté Brécourt dans le rôle de Colin, le marié de village. Le portrait, comme la pièce et comme l'acteur, n'a qu'une importance secondaire, lit, encore une fois, Brécourt n'était plus chez Molière quand parut ce frontispice 1 .

Les désertions de ce genre étaient extrêmement rares dans la troupe de Molière, et l'on n'en peut guère citer que deux exemples : celui de Brécourt, auteur mécontent, et celui de M ,,e du Parc, passant à l'Hôtel de Bourgogne en 1657, sur les instances de Racine. Môme dans les circonstances les plus critiques, tous les autres demeurèrent fidèles à leur chef; aussi ont-elles, en vérité, quelque chose d'héroïque, ces lignes du Registre de La Grange, écrites au milieu des difficultés qui marquèrent la fin de l'année 1660, alors que la troupe de Monsieur, expulsée du Petit-Bourbon qu'on allait démolir, se trouvait sans asile : en dépit de toutes ces « bourrasques », écrit La Grange, « toute la troupe de Monsieur demeura

1 Le frontispice de cette édition a été reproduit pour accompagner un article de G. Monval sur Brécourt, dans le Moliériste de novembre 1883. M. Monval ne donne pas la date de cette édition et n'indique pas l'endroit où elle se trouve. Or, la Bibliothèque nationale ne la possède pas : elle n'a qu'une édition de 1681, toute différente et d'ailleurs incomplète.

Le frontispice reproduit dans le Moliériste est signé « Le Potre », et M. Monval s'est demandé si l'auteur de cette gravure pouvait avoir un lien de parenté avec les célèbres décorateurs Jean et Pierre Le Pautre. A mon sens, il n'y a aucun doute à ce sujet : on trouve très fréquemment, dans l'œuvre de Jean Le Pautre, au Cabinet des Estampes, le nom de l'artiste orthographié Le Potre, et ce genre de décoration lui était assez familier pour qu'on puisse lui attribuer le frontispice de la Noce de Village. Les dates concordent, d'ailleurs : Jean Le Pautre étant né en 1618 et mort en 16S2 i Jal, Dictionnaire critique, etc.) cl la pièce ayant été représentée à l'Hôtel de Bourgogne en 16CG.

stable. Tous les acteurs aymoient le S r de Molière, leur chef, qui joignoit h un mérite et une capacité extraordinaire une honnesteté et une manière engageante qui les obligea tous à luy protester qu'ils vouloient courir sa fortune et qu'ils ne le quitteroient jamais, quelque proposition qu'on leur list et quelque avantage qu'ils pussent trouver ailleurs ».

Le Palais-Royal les abrila jusqu'en 1673, mais, après la mort de Molière, survenue le 47 février de cette année, ils eurent à traverser une passe terriblement difficile : par chance, le théâtre avait en La Grange une Providence véritable, qui non seulement le sauva de la catastrophe, mais encore manœuvra si habilement qu'il ruina les scènes rivales. On sait comment, littéralement chassés du Palais-Royal par Lully, les comédiens de Molière — à l'exception de quatre, passés à l'Hôtel de Bourgogne : Baron, La Thorillière, M 110 Beauval et son mari — s'unirent à la troupe du Marais et s'installèrent à l'Hôtel Guénégaud; on sait aussi comment La Grange, en lui enlevant la Champmeslé, sa meilleure actrice pour le tragique, porta le premier coup à l'Hôtel de Bourgogne, que la mort de La Thorillière devait bientôt achever de désorganiser; on sait enfin comment, par ordre du roi, la « jonction » des deux compagnies s'opéra sur la scène de l'Hôtel Guénégaud, le 21 octobre 1680. La troupe de Molière triomphait et la Comédie -Française était fondée.

Pendant les dix-huit années qui vont suivre, M ,,e Champmeslé, la belle amie de Racine, continuera de chanter les vers de tragédie en compagnie de Baron, de Beauval, de Raisin, de M llos Raisin, Beauval, Dennebault, etc.

Par une gravure contemporaine, nous connaissons, je ne dirai pas l'exacte ressemblance, mais tout au moins l'allure et la tournure de M ,,e Raisin, la maîtresse du grand-dauphin, « une grosse et belle femme ayant beaucoup de gorge et extrêmement garnie de hanches, dit Boisjourdain, appas dont il paroit que ce prince était très amoureux » : elle est « en habit de fée », la tète surmontée d'un panache à plumes retombantes, la taille allongée par un « corps » que le corsage à basquine frangée fait paraître plus raide et plus serré. Ce portrait appartient h une suite d'estampes, publiées isolément vers la fin du xvu e siècle chez divers éditeurs, et représentant, le plus souvent dans des décors de jardins, des acteurs, des actrices, des chanteurs, danseurs et danseuses, quelquefois désignés par leur nom, quelquefois accompagnés d'une simple mention de rôle.

Quant à M 11 * Champmeslé, la tradition veut qu'une curieuse peinture, attribuée à l'école de Mignard, aujourd'hui dans la galerie de M. Edouard Couvet, à Rouen, représente cette actrice dans Roxane, de Bajazet. Sur un fond de paysage, elle se découpe en pied, coiffée -d'un turban très singulier, vfttue d'un fantaisiste costume de sultane, un long manteau rouge à traîne, brodé d'or et d'argent, largement échancré en pointe sur la poitrine, et laissant voir une sorte de veste jaune tombant jusqu'à mi-corps sur une robe grise : elle porte un collier de perles au cou et des perles aux oreilles, des souliers blancs à nœuds rouges et des « patins » de bois, et tient de la main gauche un éventail garni de plumes noires. Le visage est rondelet, plaisant, mais peu expressif; plus aminci, il rappellerait la petite tête fine de Rachel, qui semblait, elle aussi, faite pour charmer plutôt que pour émouvoir. Est-ce bien là Roxane? Est-ce bien là, surtout, M lle Champmeslé? Nul ne Je saurait dire avec certitude. Mais comme la peinture n'est pas sans valeur et qu'elle provient de la collection d'un peintre de Rouen, qui se rattachait au théâtre de cette ville par de fréquentes relations et de nombreux travaux, on accepte cette attribution comme une indication contre laquelle on n'a pas élevé d'objections sérieuses 1 .

Il n'en a pas été de même pour une toile, attribuée à François de Troy et entrée à la Comédie-Française en 1838, où sont représentées deux femmes cùte à côte : la Champmeslé, prétend-on, avec M lle Dennebault, sa belle-sœur. Que de discussions autour de ce tableau! Pour le peintre Planât, qui Ta donné au Théâtre-Français, les deux femmes seraient M lle Champmeslé et M lle du Parc; le marquis de Langeac y voyait M 1,e Champmeslé, dont il avait un portrait, et sa nièce Charlotte Desmares; M. Delorme s'est rallié à cette hypothèse; et M. Mon val, enfin, repoussant toutes ces attributions, a proposé M lle La Grange et sa belle-sœur, M Ile Verneuil, ou encore les sœurs Loyson, exposées par de Troy au Salon de 1699". Quoiqu'il nous en coûte de renoncer

i. Un autre portrait présuma de la Champmeslé se trouve dans la collection Morgan- Maricourt, à Paris.

2. Voici en quels termes s'exprime M. Mon val [Catalogue raisonné, p. 53-5 i), au sujet de cette peinture entrée à la Comédie-Française en 1838, accompagnée d'une lettre du peintre Planât, que M. Monval a publiée dans son ouvrage : « Si ce tableau est bien daté de 1683, comme le dit R. Delorme, il ne saurait représenter M ,1# Desmares, née en 1682, ni M ,,e Du Parc, morte en 1668.

m Resteraient donc la Champmeslé et M 1,e Dennebault, qui furent, il est vrai, contemporaines. Mais la Dennebault élait grosse et rouge (voir le sonnet sur Phèdre, attribué a

à l'identification primitive, — M"* Champmeslé et M" Dennebaull, — il faut bien reconnaître cependant que ces portraits ne sont point des portraits de théâtre, et que, peut-être, deux nobles dames, ou — qui sait? — deux tranquilles bourgeoises usurpent ici les noms de deux célèbres comédiennes de la fin du xvn" siècle !

L'inconstante Champmeslé avait un mari, Charles Chevillet de Champmeslé, acteur de talent et auteur applaudi, que ses infortunes conjugales ne faisaient point maigrir, si l'on en croit un petit portrait, gravé au xvin" siècle d'après un tableau perdu de Caspar Netscher, qui représente ce bel homme à double menton, à fines moustaches et à perruque longue, la chemise ouverte sur la poitrine, l'air enchanté de soi... et des autres.

On a coutume d'attribuer à ce même Caspar Netscher le portrait d'un des contemporains de Champmeslé, comme lui ancien acteur de l'Hôtel de Bourgogne avant la « jonction »

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