SECOND VESTIBULE
Entrée par la rue Saint -Honoré
Ici encore deux statues, placées dans les encoignures du vestibulCj attestent par la beauté de leur exécution des sentiments artistiques auxquels la maison de Molière s'honore d'être fidèle.
Que représentent ces statues ? — La Tragédie et la Comédie.
Mais hâtons-nous de dire que les allégories de ces deux genres dramatiques ont pris corps, cette fois. Il ne s'agit plus de figures de fantaisie dont l'une sera plus renfrognée que l'autre. Les artistes ont eu la bonne idée de personnifier la Tragédie par M"^ Rachel, et la Comédie par M"^ Mars. De cette façon, les partisans de l'allégorie et ceux du portrait — • et nous nous rangeons parmi ces derniers — sont pleinement satisfaits.
C'est à M. Duret que nous devons la statue tragique de Rachel; c'est M. Gabriel Thomas quia symbolisé la Comédie sous les traits de M^'^ Mars. Ces deux statues, ainsi qu'il résulte d'une lettre du ministère des beaux-arts conservée aux archives, font partie du Musée du Théâtre- Français depuis l'année 186^'.
On sait qu'une galerie réunit les deux vestibules. La place étant rare, on s'est empressé d'y placer quelques portraits sculptés, et ce ne sont pas les plus mauvais.
Nous remarquons dans le nombre un buste d'Etienne par Vilain, qui a été offert à la Comédie-Française par le fils de l'auteur dramatique; un buste de M"^ de Girardin par Lévêque;
un buste de Baron par Fortin, dont la date seule, 1803, est en quelque sorte la condamnation; et enfin deux marbres plus vigoureux, plus artistiques que les autres : le portrait sculpté de Casimir Delavigne, et celui de M.-J. Chénier, tous deux exécutes par David d'Angers pendant les années 1844 et i84(.